Je me suis imaginé dans le peau de Danièle Obono…

Publié le 1 septembre 2020 - par - 17 commentaires - 760 vues
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J’ai chopé la Covid !
– Ah mince ! Tu sais où tu l’as attrapée ?
– Oui, dans la file d’attente pour passer le test de la Covid.

C’est en s’auto-racontant cette blague à la con que votre serviteur, outre son quotidien habituel, fit l’acquisition de la dernière parution du désormais célèbre et honni Valeurs Actuelles, l’hebdo qui « défraie la chronique » (j’ai jamais bien compris l’origine de cette expression) histoire de se faire une idée personnelle quant au tohu-bohu généré par une saga-fiction campant une certaine Danièle Obono, députée LFI, laquelle, à la suite d’une fausse manœuvre sur son skate-board, se trouve malencontreusement aspirée par une faille spatio-temporelle qui la propulse vers un continent qu’elle connaît bien mais dans une période fort peu contemporaine, et où elle se retrouve esclave.

Première réflexion in petto : 5,50 euros, la vache, ils se mouchent pas avec le dos de la main morte ! Mais bon, papier glacé, impression impeccable, bref aussi beau que les magazines dans les avions.Et puis, on mettra la dépense sur le compte d’un geste militant.
À la maison : une première lecture, juste pour capter l’ambiance générale. La bafouille est cursive, bien écrite, humour soft dépourvu d’ironie ou de sarcasmes…
On relit, cette fois-ci en s’attardant sur d’éventuels détails scabreux.
Parmi le déluge de condamnations, insultes et anathèmes qui ont salué cette publication, difficile de savoir ce qui au juste lui était reproché : parce que les « raciste », « honteux », « abject » et autres « répugnant », c’est pas franchement plus argumenté qu’un vieux « l’arbitre enc*lé » pendant un match de foot.

Je sors bredouille de ma quête. Probable insensibilité à la souffrance de l’Autre, voire sociopathie larvée ?
Donc, changement de stratégie : j’essaie de me positionner en « reflet » d’ Obono, Européen réduit en esclavage après retour subit vers les terres ancestrales quelques centaines d’années en amont.
Premier hic : nos aïeux ne se vendaient pas entre eux. Ne chipotons pas, mais, simple question de crédibilité, je dois me faire capturer comme il était de bon ton de l’être il y a trois siècles : par les barbaresques.
Surtout qu’étant originaire des îles Baléares, à l’époque réputées garde-manger des pirates, le synopsis tient la route.
J’en bave pas mal pendant la traversée, mais une fois arrivé au marché aux esclaves d’Alger, je suis recruté par un homme bienveillant, qui ni me bat ni m’humilie, me nourrit, me fait bosser mais pas trop, et n’essaie même pas d’abuser de mon corps pourtant somptueux.

Et pour finir, je suis racheté et affranchi par un juif Samaritain, bon par définition.
La situation de l’Insoumise Obono, photographie en négatif.
Bon ben, rien à faire, j’ai vraiment dû ne rien comprendre au papier de VA, malgré tous mes efforts pour tenter de faire poindre ne serait-ce que le museau de la Bête Immonde, lâchement planquée dans la rédaction d’un torchon néo-nazi.

Au fait : lorsque l’écrivain espagnol Miguel de Cervantes a été capturé par les barbaresques puis emprisonné cinq ans dans les geôles d’Alger, il revenait de la bataille de Lépante.
Nous ne sommes pas sûrs qu’Erdogan ait l’intégrale de ses bouquins dans sa bibliothèque.

Jacques Vinent

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