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Je n’ai aucune confiance en Ghaleb Bencheikh

Très intéressant, et intelligent, discours explicatif de M. Ghalheb Bencheikh, islamologue franco-algérien et président de la Fondation de l’islam de France.

Mais dit-il réellement ce qu’il pense ?

Il explique, tout d’abord, que la liberté d’expression en France est permise « quitte à blesser autrui, avec un manquement au devoir de fraternité et d’amitié civique » et il poursuit en expliquant que « les juges, quand la justice est saisie, estiment qu’il n’y a pas lieu de « brider » la liberté d’expression ».

Ghaleb Bencheikh n’est pas le porte-parole de la Présidence française, il le précise, comme je précise que je suis bien loin d’être le porte-parole de « Charlie Hebdo ».

« Je ne suis pas Charlie » car je n’apprécie pas les caricatures contre les religions, quelles soient musulmanes, chrétiennes, juives, etc. Il y a bien d’autres caricatures à réaliser « pour la liberté d’expression ».

Mais là où je commence à me méfier des déclarations de Ghaleb Bencheikh, c’est quand il demande aux musulmans de France « de se montrer intelligents et de faire d’une faiblesse un levier pour une force ». Selon lui, « les musulmans de France devraient preuve de mansuétude, de magnanimité, de grandeur d’âme et de la patience, enseignée par le prophète de l’islam ».

Est-ce que la France, ou même la République, réclame « toutes ces qualités » aux musulmans de France ?

Certes pas, la France leur demandait, jusqu’à présent, tout simplement d’être des Français comme les autres et de pratiquer leur religion dans la laïcité, comme se pratiquent les autres religions « avec discrétion ».

Ghaleb Bencheikh souhaite que les musulmans de France « saisissent ces occasions » pour montrer la grandeur et la magnanimité (encore !) de leur propre tradition et de l’enseignement politique ».

Toujours selon lui « il faudrait que les musulmans de France pardonnent aux Français de France de ne pas comprendre leurs traditions et l’enseignement de leur religion ». Oh oui ! Qu’ils nous pardonnent, si nous ne les comprenons pas !

Ghaleb Bencheikh comprend « l’émotion manifestée par les musulmans à travers le monde mais que « ce n’est pas en brûlant des drapeaux ou en insultant qu’on rendra justice au Prophète ». (C’est en faisant quoi, alors ?)

En clair, et en une phrase, « La France n’entend rien aux paroles de sérénité et de paix du Prophète et il faut que les musulmans fassent preuve de « maturité » psychologique et, surtout, « d’élévation spirituelle », pour ne pas « être offensés » par une caricature. »

Alors je pose la question : combien, parmi les quelques millions de musulmans de France, vont réunir toutes ces qualités que leur réclame Ghaleb Bencheikh, pour accepter et devenir de « bons Français » et de se plier volontairement aux lois et aux valeurs de la République ?

Ghaleb Bencheikh explique, mais pourquoi pas, que le « Nous ne renoncerons pas aux caricatures », affirmé par le Président Macron concernait les caricatures en générale et « pas spécialement les caricatures du Prophète ». Il a probablement raison, mais pourquoi demande-t-il au Président et à ses conseillers d’expliquer « que ce n’était pas les caricatures du Prophète qui étaient visées dans son discours ? »

Je ne m’étendrai pas sur la « zemmourisation » des esprits qui « traumatise » toute la société française et qui fait « réagir le gouvernement sous le coup de l’émotion ».

Ghaleb Bencheikh estime « que la sémantique » est importante ! Très importante, il est vrai, et il faut s’en méfier, surtout quand vous expliquez que « les radicalisés » sont les victimes de la prolétarisation, de la marginalisation et de la déscolarisation, et que c’est pour toutes ces raisons « qu’ils » se sensibilisent aux discours de ceux qui viennent leur dire « Vous avez une autre appartenance, une autre identité, une autre citoyenneté supranationale qui est la religion ».

Et vous concluez « qu’il faut donner de la liberté, de l’autonomie, aux musulmans.

La mienne, de conclusion, tient dans ces quelques mots du Prophète, que vous offrez à Emmanuel Macron : « Oh ! Mon Dieu, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Manuel Gomez