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Je n’ai jamais entendu Noah parler de l’esclavage des Noirs en terre d’islam

Lettre ouverte à Yannick Noah

Monsieur Yannick Noah, « j’ai deux mots à vous rire », même si vous n’êtes pas flamand et bien éloigné du talent de Jacques Brel…

Depuis des années que vous vomissez la France réelle – celle qui ne s’arrête pas à vos fantasmes multiculturels où les Blancs seraient sommés de se lacérer le corps tels ces flagellants lors de la Peste noire –, la coupe n’est même pas pleine : elle explose littéralement !

Ainsi, dimanche soir, au journal télévisé de France 2, vous avez à nouveau joué votre couplet victimaire à la façon d’Andromaque apostrophant Hermione (dixit : Racine), vous composant alors un visage de circonstance pour déplorer le manque de soutien des sportifs  blancs après la mort de George Floyd, qui suscite en France une révolte mimétique et surjouée autour du racisme anti-Noirs, sachant que l’Amérique n’est pas la France : « C’est bien que les jeunes s’en occupent, mais moi, ce qui me gêne, c’est que ce sont tous des métis ou des Noirs […] Pourquoi ? C’est une injustice qui devrait sensibiliser tout le monde. »

Mais où étiez-vous, Monsieur Noah, pendant que des individus de couleur noire passaient, en toute impunité, à tabac des petits Blancs au cours de manifestations étudiantes, à Paris ? Où étiez-vous, encore, quand la mère d’Ilan Halimi pleurait sur la dépouille de son fils, torturé par un gang dirigé par un homme noir, Youssouf Fofana, qui acheva sa victime de la plus ignoble façon ? Où êtes-vous, enfin, lorsque des individus noirs tuent les miens pour des raisons atrocement futiles – le fameux mauvais regard par exemple –, puisque vous semblez me caractériser en tant que Blanc ontologiquement coupable d’être né blanc ?

Moi qui vous parle, qui ai participé à quelques dizaines de manifestations des Gilets jaunes à Paris, qui ai vu des policiers issus de la diversité frapper, voire blesser, des manifestants blancs comme les neiges du Kilimandjaro, dois-je en conclure que les policiers noirs et originaires du Maghreb sont racistes ? Évidement que non car, contrairement à vous et la sinistre Christiane Taubira – laquelle déverse une logorrhée qui dit sans doute sa frustration de n’être ni George Sand ni Colette ! –, je refuse de céder à une tentation raciale qui ne vise rien moins qu’anéantir un pays où, jadis, des Noirs comme Miles Davis étaient reçus avec tous les égards tandis qu’ils étaient traités comme des sous-êtres chez eux, aux États-Unis.

Au fait, je n’entends jamais non plus votre voix lorsque des Noirs sont traités comme des esclaves dans certains pays musulmans. Il est vrai que, en 2001, la même Christiane Taubira avait commodément passé sous silence la traite des Noirs en Islam dans sa loi reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité (qui en est effectivement un). On appelle ça une falsification de l’Histoire…

D’où vous vient cette morgue à l’égard d’un pays qui vous fait briller depuis des années et dont vous êtes, que cela vous plaise ou non, un enfant ? En vilipendant la France, Monsieur, vous reniez une partie de vous-même.

Et si la France est un enfer pour vous et d’autres – dont cette Ligue de défense noire qui, selon moi, relève d’une organisation terroriste si je m’en tiens aux propos insurrectionnels et racistes de certains de leurs membres –, faites donc comme Dante et, après en avoir visité tous les cercles de cet enfer français, quittez-le !

Moi et beaucoup de Français – sans distinction de couleur au passage – en avons assez du joug menaçant d’accusateurs ridicules et injustes, ne dissimulant plus leur haine des Blancs ainsi que nous le constatons dans leurs chansons, slogans et, depuis quelques jours, leurs manifestations faussement antiracistes.

Nous n’avons pas à nous excuser sempiternellement de notre passé. Pour ma part, je ne demande pas de comptes à l’Allemagne qui a pourtant mis à feu et à sang mon pays. Oui, l’esclavage est un asservissement inacceptable, mais tout l’esclavage, sans distinction idéologique. Je rappelle tout de même que chez vous et moi – en France –, Monsieur Noah, l’esclavage racial est aboli depuis 1848.

Enfin, méditez cette phrase de Corneille : « Qui cache sa colère assure sa vengeance » (L’Illusion comique). Et si notre colère est pour l’instant sourde, elle pourrait se déchaîner quelque jour prochain, car l’injustice faite à la France devient insupportable.

C’est dit !

(Photos et montage : Charles Demassieux)