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Je n’ai jamais trouvé raciste qu’on me traite de blanc en Afrique…

Il n’y a pas plus raciste que les Noirs, dans les pays africains, et, selon ces mêmes Noirs, il faudrait que les Blancs soient moins racistes dans les pays blancs, à condition « qu’ils le soient réellement, racistes ! ». 

Il faut ne jamais avoir vécu dans un pays peuplé de Noirs pour nier ce racisme. Je ne compte plus les fois où on s’est adressé à moi de cette façon : « Eh, le Blanc, viens voir », « Eh, le Blanc, qu’est-ce que tu cherches ? », « Eh, le Blanc, achète-moi ce chapeau ! », etc. 

Replacez cette même scène, à laquelle nous avons assisté lors du match de football PSG/Basaksehir d’Istanbul, dans un pays peuplé de Noirs : l’arbitre de touche noir s’adressant à l’arbitre du match, noir également, et désignant un joueur blanc, dont il ne connaît pas le nom : « Le Blanc a fait une faute ». 

Est-ce que le joueur blanc en question aurait pris cela pour une insulte raciste ? Certainement pas.  

Donc, il faut admettre qu’un Noir estime qu’il s’agit d’une insulte raciste lorsqu’un Blanc, qui ne connaît pas son nom, le désigne par sa couleur de peau, et qu’il s’indigne d’avoir été ainsi désigné, et que tous les joueurs présents sur le terrain, qu’ils soient noirs, blancs ou métissés, estiment également qu’il s’agissait d’une insulte raciste envers ce joueur noir et, en signe de solidarité, ou de fraternité de couleur de peau ou pas, quittent le terrain et arrêtent le match ! 

Revenons sur les faits, tels qu’ils ont été rapportés : l’arbitre de touche roumain, Sebastian Coltescu, indique à l’arbitre principal de la rencontre, Ovidiu Hategan, qu’un membre de l’encadrement de l’équipe turque, dont il ne connaît pas le nom, intervient avec colère, du bord de la touche, parce que l’arbitre de champ signale une nouvelle faute d’un joueur de l’équipe d’Istanbul, et il le désigne par sa couleur de peau (en roumain, noir se dit « negrou », paraît-il), parce qu’il se trouve au milieu de personnes qui n’ont pas la même couleur de peau : « C’est le Noir, là (en le montrant du doigt) va voir et identifie-le, ce gars, le Noir ». 

Et ce personnage, en l’occurrence Pierre-Achille Webo, ex-international camerounais et entraîneur-adjoint du Basaksehir, déjà très remonté sur le bord de touche, reçoit cette interpellation comme « une insulte raciste » et interpelle violemment l’arbitre de champ : « Why you said « negro », et cet arbitre expulse immédiatement Webo. 

En ce qui me concerne, je n’ai jamais trouvé raciste que l’on me traite de Blanc. 

Aussitôt MBappé, qui depuis l’affaire Zecler a, paraît-il, « mal à sa France » et qui se considère, grâce à sa popularité, comme le représentant d’une certaine communauté, s’adresse à l’arbitre de champ : « S’il a vraiment dit ça, il doit sortir. On ne peut pas jouer avec un arbitre pareil ». 

L’arbitre, Ovidiu Haregan, tente de lui expliquer : « Nous parlons roumain entre nous. « negrou » veut dire noir « ce joueur noir » par exemple et ce n’est pas l’insulte « négro ». Mais rien n’y fait ! 

Rejouons une scène identique : par exemple en Espagne, où la couleur noire se dit « negro », lors d’un match Atletico de Madrid/Marseille : l’arbitre de touche, indiquant à l’arbitre principal qu’un joueur de couleur, dont il ne connaît pas le nom et qui se trouve au milieu de joueurs blancs, a commis une faute. Les joueurs auraient-ils dû quitter le terrain et arrêter le match, parce qu’ils auraient considéré que « negro » était une insulte raciste, alors qu’il ne s’agissait que d’indiquer la couleur noire, tout comme cela a été le cas identique en ce qui concerne ce qui est devenue « l’affaire Webo » ?

Pour des insultes réellement racistes, bien plus graves, jamais un match n’avait été arrêté totalement. Souvenez-vous, par exemple, d’un certain match France/Algérie, où le terrain avait été envahie par une horde de voyous brandissant le drapeau algérien et insultant la France, et les joueurs français ! 

Bien évidemment, c’était l’évènement tant attendu par l’ensemble des médias français, presse et télévision, qui se sont jetés sur le « scoop » raciste contre un Noir qu’on leur offrait : après Floyd, Traoré, Zecler, « Webo est arrivé » à point nommé pour mettre au placard Samuel Paty et ranger aux oubliettes le « séparatisme » religieux et de couleur… déjà bien pastellisé d’ailleurs ! 

Manuel Gomez