Un espace fumeurs pour les élèves du lycée Le Corbusier de Poissy

Publié le 16 février 2016 - par - 6 commentaires - 1 036 vues
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Le lycée Le Corbusier de Poissy a désormais un espace fumeurs pour ses élèves.

Cet espace fumeurs interviendrait, selon la direction, « suite aux mesures exceptionnelles de sécurité mises en place dans l’établissement ». Il aurait pour but de permettre «d’éviter les attroupements extérieurs ».

L’espace fumeurs pour élèves a été installé dans la cour de l’établissement.

La direction du lycée a tenu à en informer les élèves et les parents dans la lettre suivante :

LETTRE AUX PARENTS DU LYCEE LE CORBUSIER DE POISSY
Objet : espace fumeur pour les élèves du lycée

A l’attention des élèves et de leurs familles,

Suite aux mesures exceptionnelles de sécurité mises en place dans l’établissement afin d’éviter les attroupements extérieurs, un espace fumeur a été installé dans la cour du lycée et délimité par des barrières ainsi qu’un affichage.

Les élèves ne sont pas autorisés à fumer en dehors de cet espace et il leur a été précisé que des sanctions pourront être prises à l’égard de ceux qui ne respectent pas cette interdiction.

Cordialement,
La direction

Lycée Le Corbusier Poissy

Cette initiative est cependant loin de réjouir tous les parents dont certains y voient une incitation à l’intoxication.

Voici une lettre adressée par un parent, Mr Jean-Marc Grangé, à la direction du lycée :

« Je me permets de répondre à votre courriel pour des raisons majeures qui me paraissent importantes pour l’avenir de notre jeunesse. Cela sur le plan collectif autant qu’individuel, à court et à long terme. L’impact d’une telle décision à caractère individuel agit sur l’ensemble de la collectivité.

J’estime de mon devoir de parent et de citoyen de vous alerter sur plusieurs points.

Tout d’abord, il me semble intolérable, de manière inavouée et détournée comme vous le faites, d’inciter les jeunes à fumer.

C’est de l’incitation à l’intoxication et à la dépendance à une drogue, à défaut d’interdiction, ce n’est pas admissible.

Ne venez pas me parler de l’argument de la liberté des uns ou des autres, s’il vous plait.

Dans le contexte actuel dans lequel se trouve notre pays, il est de notre devoir à tous d’apprendre à respecter certains interdits et des contraintes plus strictes, pour le bien de la Nation.

Même si nos misérables petites libertés personnelles doivent en pâtir, momentanément au moins.

Il va probablement falloir prendre certaines habitudes, car cela risque de durer fortement dans le temps, ne vous en déplaise.

Vous utilisez l’argument de la sécurité des élèves et des directives inhérentes au plan anti-terroriste, certes. Vous suivez surtout les instructions de votre ministère de rattachement qui exécute celles du ministère de l’Intérieur. Il est interdit d’interdire et par voie de conséquence, on tolère. Eh bien non, c’est simplement la voie de la facilité et de la capitulation.

De plus, et c’est encore plus grave, cela m’apparait totalement contraire à l’intérêt de la santé des élèves. Et ceci, que ces élèves soient fumeurs, ou pas.

Nous parlons de jeunes qui sont mineurs pour la majorité, et, dans tous les cas, encore en croissance.

Cette permissivité n’est pas la bienvenue.

Dois-je vous rappeler la nocivité d’une telle pratique ainsi que les ravages que subissent les fumeurs passifs.

Même si les fumeurs réels et volontaires sont libres de se détruire à leur gré.

Cela étant, concernant des mineurs, permettez-moi d’en douter.

Votre mission n’est-elle pas d’instruire, mais également quelque peu d’éduquer, comme doivent le faire les parents, nos enfants dans les bonnes pratiques de leur vie future.

J’avoue ne pas comprendre quel cheminement intellectuel serein il est nécessaire d’accomplir pour ne pas en être conscient.

Car, en autorisant cette déviance comme vous le faites, c’est l’inverse qui se produit.

Vous faites là preuve d’une marque flagrante d’irresponsabilité.

Ensuite, autoriser cette ‘’facilité’’ dans l’enceinte même d’un établissement d’enseignement scolaire national et public est tout simplement irrecevable.

Même si, selon vos dispositions, c’est uniquement autorisé dans un espace dédié à cette pratique plus que malsaine.

Je suis désolé de vous dire que j’estime cette tolérance et cette ‘’facilité’’ inacceptables.

Il serait autrement plus serein et surtout pérenne pour tous, y compris l’administration, d’interdire purement et simplement de fumer.

Il n’y a là aucune marque d’intolérance, mais seulement et uniquement du bon sens, autant qu’un geste de santé publique.

C’est tout.

Meilleures salutations.

Jean-Marc Grangé

 

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Notifiez de
berdeilh gerard

comment ce fait-il que l’interdiction de fumer ne soit pas inscrite dans cette école comme dans bien d’autres? Si les élèves veulent fumer qu’ils attendent la fin des cours pour aller dans larue . Mais le pouvoir en place est incompétent dans le domaine de l’autorité!

CANS

Pauvres mômes, pauvre jeunesse d’aujourd’hui… Quand je repense à ma jeunesse à moi, où nous étions libres ! si libres ! libres de faire des conneries, mais n’est-ce pas là l’apanage de la jeunesse ? Fumer dans la cour du lycée, quel pied ! nous étions des « grands » ! nous commencions à nous affirmer, nous allions au café du coin faire un flipper et boire une bière parce qu’à cette époque, ce n’était vraiment pas cher… Nous faisions l’amour sans risque, nous arpentions les rues sans peur de se faire raquetter parce que nous n’avions pas de portable. Et quand je lis les deux commentaires et la lettre du parent d’élève, je me dis que nous sommes tombés bien bas sous couvert de doctrine hygiéniste….
C’est marrant, parce que j’ai fait tout ça, moi, et je suis encore là pour vous en parler.
Le jeune d’aujourd’hui n’a plus qu’un seul espace où il croit avoir encore sa liberté : son pc et internet. C’est triste.

La chienlit non merci

Cette direction aurait pu en profiter pour rappeler à ses élèves-fumeurs quels sont les (très nombreux) dangers du tabac: problèmes dentaires, vieillissement précoce de la peau, accentuation des problèmes respiratoires, diminution des capacités physiques, cancer de divers organes, etc. Sans parler de l’odeur…
Encore du grand n’importe quoi !

Well

les gouvernements ont besoin d’un peuple accro. Voir la distribution de « troupes » aux troupes, et la région Bretagne la plus fumeuse de France (Marine Nationale)

il leur faut donc des citoyens prisonniers de leur dose quotidienne de nicotine, d’autres d’alcool au comptoir, de cartes à gratter à la maison de la presse, sans compter les drogués durs. Sans oublier la messe du 20 heures, et autrefois la messe du dimanche.

Des citoyens qui n’ont pas besoin de ces béquilles pour vivre, sont trop libres, trop forts, et surtout gardent l’esprit clair en toutes circonstances. Ils sont dangereux.

Comment des enseignants peuvent-ils fumer, ne jamais avoir eu la volonté de dire j’arrête, ne serait-ce qu’à la naissance d’un enfant ? Comment peuvent-ils éduquer la jeunesse en tenant dans leur main un paquet sur lequel est écrit « fumer tue », sans donc le lire. Pire, en partageant clops et briquets devant les grilles des lycées avec ceux sur lesquels ils devraient avoir autorité ?

jan-passe-à-l-attaque- !

 » misérables petites libertés personnelles  »
Ah bon ?…
Ah ouais ?…
Nos libertés personnelles sont misérables et petites…
J’ savais pas…

bataille de Tourtour

Je vous conseille de lire, si ce n’est pas trop difficile pour vous, « La Révolte des masses » de Ortega y Gasset (1930): vous vous reconnaîtrez dans la description qu’il fait du « senorito satisfait.