Je ne suis surtout pas un homme engagé ni un progressiste

Publié le 2 octobre 2019 - par - 1 287 vues
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Il y a des mots qui me mettent particulièrement en rogne. « Engagé » et « progressiste » en font partie. La prétendue élite contemporaine est composée de peintres engagés, de chanteurs engagés, de musiciens engagés, d’écrivains engagés, d’associatifs engagés, de journalistes progressistes, de philosophes progressistes, de scientifiques progressistes, de partis politiques progressistes…

On sait, depuis Sartre, que l’engagement n’est valable aux yeux des faiseurs d’opinion que s’il est très orienté vers ce qui fut jadis la gauche et l’extrême-gauche, de ce qui est aujourd’hui l’union libérale libertaire. Cette union massivement majoritaire dans la nomenklatura intellectuelle – et peut-être dans l’opinion publique – tient tous les organes d’informations. Elle s’étend des mondialistes aux écolos en passant par les immigrationnistes. On y retrouve les adhérents de l’ancienne gauche, les libéraux en économie, les verts, les islamophiles, les musulmans…
Tous ces engagés appartiennent donc au même camp.

Ce nouveau camp des saints est celui de la bonne conscience, du compassionnel sans réflexion, de l’émotion sans analyse, de la moraline à dose élevée, celui de la prise de position intellectuelle sans risque, de Saint-Georges terrassant le dragon fasciste inexistant.
Pour ces hommes et femmes engagés, pour ces associations progressistes, il s’agit d’une impitoyable marche en avant. Rien ne doit l’arrêter. Il doit être impossible de le faire. Un engagement sans pitié. Un progressisme totalitaire.

La définition que donnait Sartre de l’engagement : se ranger « du côté de ceux qui veulent changer à la fois la condition sociale de l’homme et la conception qu’il a de lui-même » est toujours valable. Pour les engagés et les progressistes, c’est une obligation morale.

Ce sont des conquérants. Ils sont de tous les combats. Ils ont été pour le mariage homosexuel. Ils sont maintenant pour le burkini et la burka et le voile à l’école, pour le migrant, pour la PMA et la GPA, pour la légalisation du cannabis, pour l’instauration de l’euthanasie… Ils sont le Bien.
« Le « progressisme », c’est ça , a tenu à spécifier Raphaël Enthoven à la Convention de la droite. Aucun retour en arrière n’est possible ! Vous pouvez le souhaiter tant que vous voulez. Et même vous satisfaire de le souhaiter. Faites-vous plaisir ! Mais revenir sur l’IVG ? La PMA ? La GPA (si elle entre dans la loi) ? La peine de mort ? C’est aussi improbable que de retrouver un œuf intact en détournant une mayonnaise » a-t-il ajouté.

Certain que nul retour en arrière n’est possible, le progressiste est fier de son engagement. Il se voit le guerrier valeureux, le héros des lendemains qui chantent, le combattant de la liberté – pas de toutes, il déteste la liberté d’opinion quand celle-ci n’est pas celle de son engagement.

Descartes a établi le lien entre la pensée et l’action. Sartre l’a consolidé. Mais l’homme engagé contemporain confond ses gestes et gesticulations avec des actes, des actions de résistance.
Il se prend pour un intellectuel alors qu’il n’est qu’un clerc, un répétiteur, un cerveau limité à la technique de la pensée sans consistance. En somme, un faux intellectuel membre d’une élite de pacotille. Il joue la partition sans talent. Il est devenu ce que Nizan nommait un chien de garde.
Il refuse de dire ce qu’il voit et surtout de voir ce qu’il voit.

Éric Zemmour n’est pas un homme engagé. Pas plus qu’Ivan Rioufol, Renaud Camus et quelques autres notamment à Riposte laïque.
Et c’est un compliment.

Les mots « progressiste » et « engagé » sont d’excellents marqueurs.
Si celui dont vous lisez un article, écoutez une chanson, entendez un discours est un homme progressiste ou une femme engagée, rejetez-les. Vous avez en face de vous ce qui se fait de pire en termes de lâcheté, de collaboration avec l’ennemi, de trahison.

Jugez-les à l’aune de ces mots.
Pour savoir si vous-même vous êtes progressiste, aidez-vous des photographies illustrant cet article.

Selon votre choix, vous saurez quel est votre camp.

Marcus Graven

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