Je ne veux pas voir de burqas et de tchadors dans les rues allemandes

Alors que Riposte Laïque naissait, avant la parution récente du livre de Thilo Sarrasin, qui fait débat en Allemagne, voici ce qu’écrivit déjà courageusement, dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le grand écrivain Allemand, Ralph Giordano, en date du Ier juin 2007.

NON, et trois fois NON !

Ralph Giordano ne se laisse pas intimider par les menaces de mort dont il fait l’objet, suite à sa critique contre la construction d’une mosquée à Cologne, contre la burqa, le tchador et les tentacules d’un système de chantage venu d’Asie Centrale. Il s’exprime ici sans tabous.
Giordano garde aussi à l’œil les « négateurs autorisés d’intérêts personnels. »

Ma demande aux autorités politiques de la ville de Cologne, de mettre en veille le projet de construction d’une grande mosquée à Cologne-Ehrenfeld, car celle ci donnerait une fausse image, face à un échec de l’intégration, m’a valu d’être menacé de mort. Cela en langue turque. Je souligne que malgré tout, je ne jette aucun soupçon général sur la communauté musulmane toute entière.
Ensuite, je déclare impérativement que je continuerai sans aucun tabou à m’exprimer contre tous les réfractaires à la loi fondamentale et contre ceux qui créent ainsi des relations et un état d’esprit au sein d’une minorité de la communauté musulmane, en particulier un positionnement inacceptable de la femme, comme l’exprime de manière bouleversante la sociologue Necla Kelek, au nom de toutes ses camarades de peine, déshonorées et menacées.

Ni burqa, ni de tchador

Aussi continuerai-je à prendre des positions critiques contre les imams et dirigeants d’associations, qui utilisent le cadre libéral de la tolérance de notre constitution, afin d’imposer dans leurs enclaves leur point de vue politico-religieux totalitaire, qui continuent leur endoctrinement anti-occidental, qui prodiguent des cours orientés vers la charia, qui refusent les standards de la démocratie, comme l’éducation sexuelle, le sport mixte, les excursions d’écoles, l’égalité des sexes et qui minent ainsi les règles du jeu de l’Etat de droit.
Je continuerai à défendre mon auto-détermination culturelle, de défendre une manière de vivre qui est la mienne et qui est majoritairement incompatible avec l’islam. Cela, je veux pouvoir l’exprimer librement en toute sérénité. Je veux avoir la liberté de dire que je ne veux pas voir de burqas et de tchadors dans les rues allemandes, ainsi que d’entendre l’appel à la prière des muezins du haut des minarets.
Aussi voudrai-je pouvoir réfléchir ouvertement, sur l’attitude du Ministre des Affaires Etrangères Turc, dont le pays ambitionne l’appartenance à la Communauté Européenne, qui envoie ses filles étudier en Allemagne car elle peuvent y faire tout ce qui leur est officiellement interdit en Turquie. Par exemple aller en cours avec foulard. Pour cela, je ne vais pas demander l’autorisation aux directions des associations musulmanes en Allemagne, en particulier à la Ditib. En effet, de leur côté, je n’attends qu’obscurantisme..

Réfractaire notoire à la loi fondamentale

Je ne vais pas non plus adapter mon avis sur la liberté d’expression à un esprit malfaisant qui déclare : « Chacun a le droit de s’exprimer de façon à ne pas contredire la charia. » NON, trois fois NON. La charia, la loi de l’islam, est notoirement réfractaire à la loi fondamentale. C’est d’un anachronisme scandaleux. Le fossile d’une époque révolue de l’humanité, ainsi qu’un obstacle majeur sur le chemin de la réforme et de la modernisation de l’islam. Je la critique naturellement, comme le coran, la biographie de Mohammed, le vieux et le nouveau testament. Et, cela, je veux pouvoir le penser, dire et l’écrire – même menacé par une fatwa.

Celui qui ne se couche pas vit dangereusement !

Ou sommes nous donc, d’être obligé de réfléchir, si nos faits et gestes plaisent aux musulmans radicaux ? Ou sommes-nous donc, de nous laisser dicter l’obéissance par des religieux fanatiques, sur ce que nous pouvons ou ne pouvons pas dire ? Ou sommes nous donc, à devoir nous mettre à genoux devant n’importe quel de ces imams qui expriment ci et là leur rage et leur indignation collective islamique, du Caire à Bali, comme nous l’a montré par exemple la parution des caricatures sur Mohammed ? Je suis dégoûté par ces traditions, ces mœurs et ces usages, qui transforment chaque critique en offense, uniquement si elle provient d’autres croyants. Je résiste contre ce potentiel de chantage, qui exige de nous soumettre à l’observation de l’islam et qui étend ses tentacules d’Asie Centrale à l’Asie Occidentale jusqu’au beau milieu de l’Europe. Celui qui ne se couche pas, vit dangereusement. Dois-je donc me taire et trahir toutes mes valeurs chèrement acquises ?

Pas d’alternative paisible concernant l’intégration

Germania, qu’est ce qui a si mal tourné qu’aujourd’hui nous devons nous interroger de la sorte ? Je veux en venir à ces professionnels de l’illusionisme multiculti-xénophiles, ces avocats issus de la gauche libérale, comme Hans-Christian Ströbele et Claudia Roth, ces négationnistes autorisés, sans pitié, qui dissimulent par intérêts personnels une appréciation réaliste de la situation du problème de l’immigration à la société toute entière. Ceux-là, il faut les garder à l’œil. Pour ce qui me concerne, je me trouve aux côtés de toutes les musulmanes et tous les musulmans séculaires, qui, par des réformes, veulent ouvrir le chemin à l’intégration. Nous en sommes encore très éloignés. Ce qui ne m’empêche nullement de soutenir ce rapprochement avec mes propres moyens. Car une alternative paisible à l’intégration n’existe pas.
Ralph Giordano
Traduction Sylvia Bourdon

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