Pourquoi aujourd’hui je rejette aussi violemment cette gauche pour laquelle j’ai longtemps voté

Publié le 5 mars 2012 - par - 1 236 vues
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Le MRAP qui porte plainte contre moi et contre Renaud Camus est une association de gauche ; à 43 ans, je n’ai jamais eu de plainte contre moi émanant de monarchistes, de catholiques, de souverainistes ou de nationalistes, ni même de libéraux-conservateurs. Cela étant, demander à un dissident de plier le genou devant une association de gauche, c’est un concept aussi vide de sens que celui d’un carré rond.

Dans une salle des profs, il y a 99 % de gens de gauche : le milieu enseignant est le plus illettré que je connaisse. Selon Platon, le Bien éclaire les idées, oriente l’esprit. Il n’existe point de vertus intellectuelles sans un minimum de vertus morales, c’est-à-dire de vertus tout court. Honnêteté, courage ; modestie aussi. Tout ce qui manque au « corps » enseignant. Lâcheté, servitude volontaire sont au principe même de l’erreur, quels que soient la qualité, le prestige des diplômes. Il n’existe pas d’opposition entre pédagogues et républicains, mais un conflit d’opérette entre gaucho-pédagogues et gaucho-républicains. Les vrais dissidents se comptent sur les doigts d’une main. Les un-peu-moins lâches passent pour des parangons de vertu militaire. Au royaume des sans-couilles, les mono-burnes sont des étalons.

La gauche, ce sont les marxistes contre Marx, les rousseauistes contre Rousseau, les voltairiens contre Voltaire, les droits de l’homme contre le droit et contre l’homme, les accommodements raisonnables qui défient toute raison, les nouveaux philosophes et leur petite vie d’eunuques parisiens contre les grands défunts aristocratiques de la Pensée. Ce sont aussi les lois de la Cité contre les lois de la Cité (ce n’est pas la même). Culture des Muses et Gymnastique, telle est la règle : Platon. Il faut que le soldat soit savant, et le savant soldat. En lieu et place, des ectoplasmes. La gauche : les sciences humaines contre la Science et, encore une fois, contre l’Homme. La gauche, la « raison » contre Descartes, l’académisme contre Platon. La gauche : les Indignés contre la Résistance. Hessel ? Un Jean Moulin de supermarché racolant devant une gondole pour vendre un fromage mou. La gauche et la droite ? Des mondialistes autoproclamés « très gentils » et des mondialistes officiellement « très méchants ». Après le socialisme dans un seul pays, voici le mondialisme à visage humain.

Différence entre un gauchiste et un bovin ? Il y a encore quelque lueur d’intelligence dans le regard du bovin. La gauche, c’est la double culture de l’excuse : on excuse les criminels, et on demande aux honnêtes gens de s’excuser devant les criminels. La victime de gauche, la gueule en sang, trouve encore le moyen de baiser les pieds de ses bourreaux. Généralement, la victime de gauche estime que son agression vient d’une politique raciste ou antisociale du méchant gouvernement de droite. La victime de gauche adhère à une association communautariste après son agression dans l’espoir d’éviter une autre agression. La victime de gauche juge « nauséabonds » les articles de la presse généraliste publiés sur d’autres victimes. Du reste, la victime de gauche, tant qu’elle n’est pas victime, se croit protégée de toutes les agressions par son statut gauchiste. J’ai connu plus d’un gauchiste qui déclarait : « La racaille ? Même pas peur ! ». Je connais un couple d’artistes bobos qui a déménagé de Marseille pour fuir l’insécurité du centre-ville. Aujourd’hui, planqués dans le quartier résidentiel d’une ville un peu plus calme, ils s’apprêtent à voter Efa Choly parce qu’elle est gentille (sic). Et aussi parce qu’elle veut supprimer les défilés militaires. Il y a toujours trop d’armée, c’est bien connu. Il vaut mieux subventionner les-associations-qui-font-des-choses-pour-les-jeunes et donner des sous pour les enseignants…

La gauche, c’est la négation même de l’instinct de conservation. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle se déclare ennemie de tous les conservatismes et amie du dieu Progrès. Pour cette raison, la gauche vit aujourd’hui son crépuscule. Le gauchisme a pénétré toutes les sphères de la pensée officielle, systémique, y compris bien entendu la pensée de droite. La gauche a, en quelque manière, triomphé après des décennies de travail de sape rythmé par ces deux événements majeurs, en France, que furent Mai 68 et Mai 1981, une contre-révolution gaucho-fasciste, puis une institutionnalisation étatique et répressive de ce gaucho-fascisme idéologique. Mais ce triomphe est une agonie. La gauche est la lèpre qui ronge le corps social, et la maladie n’est jamais aussi forte que lorsque l’organisme est proche de la fin, qui emportera dans sa disparition la maladie elle-même. Aucune idéologie ne peut supporter durablement un tel degré de contradiction, non seulement, en externe, avec la réalité (inadéquation) mais, en interne, avec elle-même (incohérence). Les procès que les gauchistes intentent aux dissidents d’aujourd’hui sont de ces crispations totalitaires qui annoncent la fin. L’agonie sera longue cependant. Dans un petit pays comme la France, par exemple, la nébuleuse gauchiste (socialistes, communistes, gauchistes au sens strict, gaucho-républicains, syndicats, associations, collectifs) compte des centaines de milliers, peut-être des millions de sympathisants (même si les vrais adhérents se font rares). Ils bénéficient en outre de la complicité tacite, innombrable et redoutable des infra-gauchistes, c’est-à-dire ce ventre mou des nations qui n’a d’opinion sur rien, et qui suit le vent sans volonté aucune : la quintessence de la servitude volontaire. Mais enfin, je vois mal une société gauchiste éternelle…

Jacques Philarchein

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