Je pense que le décolleté n’est pas obligatoire pour présenter le Journal des Résistants

Publié le 20 février 2012 - par - 1 654 vues
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Hier je suis allé avec mon épouse chez Darty acheter un lave-vaisselle. Un vendeur charmant aux longs cheveux et catogan nous a reçus, chemise à fleurs ouverte laissant voir une chaîne de cou apparemment en or avec un pendentif représentant semble-t-il un Saint Christophe mais ce ne devait pas être ça. Il avait aussi une magnifique montre chronographe brandie sous notre nez, les manches de chemise étant retroussées. Ah, j’oubliais sa barbichette sous la lèvre, ses trois anneaux aux oreilles et la paire de lunettes aussi rondes que celles d’Éva Joly et de Jean-Pierre Coffe réunis.

Il nous a vanté les qualités du LAV de je ne sais plus quelle marque, les possibilités de payer en trois fois, avec ou sans frais, je ne sais plus. Bref, on n’a guère été attentif à son argumentaire, on ne s’est pas décidé et nous sommes partis.

Nous nous sommes alors dirigés vers le magasin « Trois dépôts » connu pour ses promotions. Un LAV nous tentait mais il nous manquait des renseignements sur le rinçage. Vite un vendeur. Ce fut une vendeuse qui nous fit asseoir. Jolie comme tout, souriante et à la peau ambrée. Se levant de son siège pour prendre un imprimé je ne pus que constater la très modeste quantité de tissu ayant servi à confectionner sa jupe. Donc très courte mais tout de même elle portait des collants d’une jolie couleur vert clair moirée. J’ai oublié de dire qu’en s’asseyant et se penchant quelque peu elle abandonnait à ma vue, volontairement ou non, le haut de ses seins apparemment joliment pommés à moins que ce ne soit  l’effet flatteur d’un soutien-gorge « push-up ». A la hauteur de torse où les militaires portent leurs médailles, figurait un badge indiquant le prénom de Claudie ou Claudia, je n’arrivais pas à bien lire. Je m’évertuais avec difficulté à détourner mon regard admiratif et ciblé remarqué par mon épouse qui me donna un coup de coude totalement injustifié. Je ne sais pas si elle a entendu mieux que moi l’argumentaire de la vendeuse ; quoi qu’il en soit, ma femme ne semblait plus du tout intéressée par un LAV accusant la commerciale d’en faire un peu trop. Elle n’a pas pu me résumer les qualités de la machine et je n’ai rien retenu, tous deux ayant été sans doute accaparés, pour des raisons différentes, par celle qui aurait dû se faire « couleur de muraille » pour ne donner la vedette qu’à son argumentaire et non à  sa personne. Ce qu’aurait dû également faire le vendeur précédent aux multiples anneaux d’oreille et aux lunettes ridicules.

Ainsi, selon moi, ces commerciaux devraient-ils quasiment se faire transparents face à l’acheteur ? Ma réponse est oui étant donné qu’ils sont là pour mettre en avant ce qu’ils ont à proposer et non pas leur personne dont les qualités et les défauts trop apparents ne peuvent que détourner l’attention du client. Il en va de même pour tout un chacun. Tout est de la vente entre gens consentants, sinon on a affaire à son contraire qui est la contrainte. Convaincre quelqu’un c’est lui vendre notre idée. Convaincre son conjoint d’aller au cinéma alors qu’il n’en a pas envie, c’est essayer de lui vendre l’envie du film. Si on tue l’argument utile par quelque argument parasite, le ciné c’est fichu !

Imagine-t-on un prêtre dans une église surchauffée se préparant à faire un prêche dominical  en maillot de bain ? Ceci, sous prétexte de la chaleur et parce que sa plastique est celle d’un Adonis  dont il ne veut priver personne de la vue. Il est peu probable que le pécheur ou la pécheresse  présents à l’office auront  leurs esprits assez disponibles pour bénéficier du message édifiant.

Après cet exemple, on évitera d’évoquer la même tenue vestimentaire estivale pour un imam rue Myrha ou pour un rabbin devant le mur. Sauf votre respect.

Ceci pour dire que si l’habit n’est pas une condition suffisante pour faire le moine il en est une condition, me semble-t-il nécessaire. Un prêtre en maillot de bain est plus près du maître nageur et des voies du soigneur que du seigneur. Il doit choisir s’il veut être entendu de ses ouailles plutôt qu’admiré pour sa prestance.

Aussi dirai-je que j’apprécie énormément notre Christine nationale mais que je ne la suis pas si elle estime que celui (ou celle) qui n’approuve pas, autant qu’elle le voudrait, son décolleté plongeant  est un taliban qui s’ignore ou, au moins, un pauvre coincé. Le fait que je sois naturiste (ou nudiste si on veut) atteste un tant soit peu que je n’entre pas dans la catégorie des bégueules. Ouf ! Il me semble simplement que ce n’est pas la tenue que j’adopterais pour parler au « Journal des Résistants » de choses aussi graves que l’islamisation de la France. D’ailleurs Christine, je pense, s’y opposerait. Tiens ? Pourquoi ?

Robert Champart

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