Je préfère Hamza Kashgari à Léonarda !

Publié le 31 octobre 2013 - par - 1 695 vues
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Hamza Kashgari vient d’être libéré, ce 29 octobre. Après 20 mois de prison.

Bienvenue Hamza dans le monde libre, si tant est que l’Arabie Saoudite soit libre…

On se souvient de ce jeune journaliste prometteur, âgé de 23 ans, travaillant à Jeddah et qui a osé écrire sur twitter :

 

 

« Au jour de ton anniversaire, je ne me prosternerai pas devant toi. Je ne baiserai pas ta main. Je la serrai comme fait un égal, et te sourirai comme tu me souriras. Je te parlerai comme un ami sans plus. »

« Au jour de ton anniversaire, je te trouverai partout où je me tournerai. Je dirai que j’ai aimé des aspects de toi, haï d’autres, et incompris beaucoup plus. »

« Au jour de ton anniversaire, je dirai que j’ai aimé le rebelle en toi, que tu as toujours été une source d’inspiration pour moi, et que je n’aime pas le halo de divinité autour de toi. Je ne prierai pas pour toi. »

Qu’y a-t-il de mauvais dans ces propos d’homme libre ? Ne sont-ce pas des propos au contraire de croyant, de quelqu’un qui s’interroge de manière poétique et intelligente sur la foi ? Un non-croyant ne s’interroge pas en ces termes. Et puis enfin cela ne regarde personne.

Ses propos avaient provoqué une levée de boucliers tandis que le comité saoudien des fatwas a affirmé que le tweet constituait « une apostasie », un crime passible de la peine de mort dans ce pays ultraconservateur où l’Etat et la religion sont inséparables, pour son plus grand malheur. Que Hamza Kashgari ait la foi ou non, la manifeste ou non de manière conforme, devrait être une question purement privée et personnelle. Religion et liberté de conscience doivent aller de pair. Si ce n’est pas le cas, on doit s’interroger et admettre que ce qu’on qualifie de religion n’en est pas une et est plutôt un système totalitaire.

On a même vu un imam pleurant et sanglotant sur une vidéo pour obtenir la mort de Hamza Kashgari :

[youtube]s9kAVlnGMTU[/youtube]

http://www.youtube.com/watch?v=s9kAVlnGMTU

ce qui prouve bien que l’islam est une grande RATP (religion d’amour, de tolérance et de paix.) Imagine-t-on seulement un prêtre catholique, un pasteur protestant ou encore un rabbin faisant de même devant les multiples déclarations de non-foi de nos concitoyens ?…

Hamza Kashgari n’y avait pas cru, mais après une manifestation contre lui d’hommes réclamant sa mise à mort, il a fui en avion croyant pouvoir trouver asile en Nouvelle Zélande. Las, son voyage transitant par la Malaisie, celle-ci n’a pas voulu se mettre mal avec sa puissante alliée l’Arabie Saoudite et au lieu de le laisser prendre sa correspondance pour le monde libre, elle l’a enfermé dans la zone de transit, prévenu les Saoudiens qui sont venus chercher Hamza, que la Malaisie a livré.

Hamza Kashgari avait la foi mais refusait la déification de Mahomet, tendance actuelle du wahabisme saoudien.  Le seul fait de remettre Mahomet en question lui faisait encourir ainsi la décapitation pour apostasie, même si tout de suite après il a manifesté son repentir et demandé pardon. La secte de religion d’amour et de paix refuse tout doute ou toute question de la part du croyant, qui doit être totalement soumis car « seul Allah sait », surtout quand ce sont des hommes qui décident de ce que Allah sait…L’interdiction de se poser des questions est une infantilisation du croyant et montre à quel point cette religion est faible. On dit que si l’apostasie était autorisée, l’islam s’effondrerait.

Depuis, on n’entendait plus parler de Hamza Kashgari. On pouvait croire au pire. D’autres poètes ont été déclarés malgré eux apostats de l’islam et décapités pour blasphème ces dernières années en Arabie Saoudite : le poète Saadi Mallalah a été décapité en 1992, et Hadi al-Mutif condamné en 1996 , gracié plus tard. Sans pouvoir parler des nombreuses personnes inconnues qui sont exécutées pour le même motif sans que personne ne s’émeuve.

Pauvre Hamza, dans quel état est-il à sa sortie de prison ? On n’ose l’imaginer mais voyant comment est la vie « libre » en Arabie Saoudite, qui n’est qu’une grande prison à ciel ouvert dans laquelle tout est interdit à part se prosterner cinq fois par jour devant Allah, on peut craindre que les prisons saoudiennes soient bien pire encore.

Eh bien je vais vous dire une chose : je préfère Hamza Kashgari mille fois à Léonarda !…Pourquoi ne lui accorderait-on pas l’asile de préférence à Léonarda ? Celle-ci a triché, menti, insulté notre Président, et tous les Français. Elle s’est opposée à nos lois réputées justes, par la fraude ou la tentative de fraude et par l’insulte et l’invective. Kashgari, lui, s’est opposé au totalitarisme, en utilisant sa raison et son écriture, et n’a insulté personne. Il mérite notre aide, que Léonarda a détournée, manipulée. Il mérite un comité de soutien. Mais gageons qu’il n’intéressera personne en France, car il n’est pas islamiquement correct dans notre pays de dhimmis. Nos gouvernants n’ont pas dit un mot contre son arrestation.

Mais la France est-elle un pays d’accueil possible pour les apostats de l’islam et pour ceux parmi les musulmans qui pensent librement ? Je crains que la réponse soit négative.

Et de plus, avec l’islamisation galopante de notre pays, il faut s’attendre à ce qu’un jour quelque poète se fasse arrêter voire égorger, en France même, pour avoir manifesté sa liberté.

Est-ce que nos gouvernants réalisent le danger qu’ils nous font courir en pactisant avec l’islam et en l’encourageant de toutes les manières possibles sur notre sol ?…

Sophie Durand

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