Je propose un 12e vaccin obligatoire : contre le sida mental

Publié le 8 septembre 2018 - par - 9 commentaires - 674 vues
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J’ai l’impression qu’après le prion et la vache folle, une nouvelle maladie neurodégénérative vient d’émerger, une sorte de sida mental.

Je me demande si, pour épargner la descendance de notre classe politique de gouvernement, notre gazouillant ministre de la Santé ne devrait pas mobiliser immédiatement et exclusivement tous les laboratoires de recherche sur la piste du douzième vaccin.

« Le douzième vaccin », l’expression sonne comme une production hollywoodo-bessonienne, après le cinquième élément et les douze crânes de cristal.

Post-apocalyptique, post-atomique, post tout court, dans notre monde de l’information.

On est dans le siècle des communicants, rien de sérieux ne se fait plus sans eux, c’est du moins le mythe dans lequel la grande confrérie de la presse de manipulation se roule la couenne, croyant bien nous rouler aussi.

C’est simple, si un groupe politique veut proposer une réforme, pour la faire passer auprès de la population, il faut faire de la pédagogie, encore de la pédagogie, toujours de la pédagogie.

On nous le serine jusqu’à plus soif, si une loi ou une réforme est mal acceptée, c’est qu’il y a eu des erreurs de communication : la réforme a été mal expliquée.

Non, jamais un projet de loi n’est mauvais, il a toujours été mal expliqué quand ça ne tourne pas comme il faut.

Il y a donc le projet et ses multiples notices explicatives qui viennent l’éclairer, sachant que le quidam moyen n’a jamais eu la lumière. Pour un peu, on collerait un procès à EDF.

Si je décode à la Barthes, autre traqueur de mythes, il y a les éclairés qui tiennent la torche et le peuple de demeurés incapables de comprendre les affaires du monde ni leurs propres affaires.

C’est la parabole du premier de cordée qui dispense le photon salvateur aux enturbannés du chihuahua qui avancent à l’aveugle dans la caverne de Platon, cognant aux parois à chaque tâtonnement leurs doigts gourds et malhabiles.

Dans les faits, c’est une tutelle qui n’en a ni la couleur, ni l’odeur, ni le goût, parce que non avouée, que l’on voudrait mettre en place sur l’ensemble des citoyens, on n’est pas loin du mythe des guides suprêmes, Mao reconnaîtra les siens, Staline aurait le sourcil charbonneux, il ne prisait pas trop la concurrence.

Comme au cinéma, certains arrivent toutefois à faire de la résistance et, comme dans la BD, il y a toujours des Astérix qui rejouent aux irréductibles Gaulois réfractaires à Rome et à César.

Concernant Astérix, à regarder l’actualité politique européenne je me demande même si les Goths et les Romains ne l’ont pas lu dans le texte mieux que les Gaulois, ils semblent maintenant comprendre le danger numide par leur nombre.

Parmi les mythes, il y a, bien sûr, la figure de l’homme politique providentiel.

Ici, pour moi, à y regarder de plus près, Barthes se marrerait sans doute, il y a le mythe non consomptible, qui dure, et le mythe consomptible, qui se détruit dès le premier usage, comme en droit civil.

Dans le roman national, il y a Napoléon, Jeanne d’Arc ou le général de Gaulle, dont la mémoire persiste, que j’oppose volontiers à Sarkozy, Hollande et à l’actuel président, incapables de résister à une première utilisation.

Sarkozy a duré le temps que durent les amours d’ados, il n’en reste que le souvenir capiteux d’une erreur sentimentale de jeunesse, rétrospectivement certains se demandent encore comment le pays a pu se donner ainsi au premier venu, Hollande n’a pas tenu les 4 saisons d’une pizza, les Français ont vite fini de jeter la nappe avec les miettes, Macron se démythifie de jour en jour, on commence déjà à ramasser les feuilles mortes à la pelle, chanterait Montand, mais où les mettre sans nuire à l’environnement maintenant que Hulot n’est plus là ???

J’ai exprimé l’idée que les Goths et les Romains ont peut-être lu mieux que nous Astérix dans le texte, je me fonde sur le fait que les Romains sont déjà revenus du mythe Renzi en moins de 3 ans, pour les Goths, ça a été bien plus long mais, depuis 2015, les carottes paraissent sacrément cuites pour Merkel, alors que les Français n’ont pas encore su se distancer de leurs mythes depuis mai 1968.

Concernant les Romains, je concède qu’ils ne doivent pas connaitre Beigbeder qui nous enseigne qu’en principe, l’amour dure 3 ans.

Il faut dire que le mythe Macron a fait l’objet d’attentions toutes particulières lors de son élaboration par les communicants et les médias de la Propagandastaffel : on a été nous le comparer à Kennedy. Moi, de nature méfiante, je n’ai jamais vu aucun projet pour me transporter, y compris sur la Lune.

J’ai l’avis que les communicants, voulant trop bien faire, ont retenu à tort une mauvaise base de comparaison, comme disent les économistes, quand on mesure la serviette au torchon car j’ai beau écarquiller les quinquets, je ne vois aucune nouvelle frontière, je ne vois même plus de frontière du tout, ce qui m’inquiète un peu rapport aux Numides qui se bousculent au portillon.

Le président, j’allais écrire « notre » mais on me l’a vivement reproché alors que je subis aussi, ne s’épargne pas non plus comme acteur de son propre mythe, à croire qu’il s’est pris au jeu, le bougre : avez-vous jamais remarqué qu’à chaque fois qu’il y a des caméras, il a toujours la main sur l’épaule, tapote le revers de veste ou serre de ses deux poignes la main de son interlocuteur pour appuyer son message verbal ???

C’est également un truc de communicants, appuyer le discours du sourire ultra brite, du regard les yeux dans les bleus et surtout, toucher physiquement le contradicteur : votre vendeur de voitures a aussi appris à faire ça, vérifiez la prochaine fois que vous changerez de modèle.

Cette tactilité n’est pas sans renvoyer à d’autres mythes, en touchant, le président renoue avec nos saints rois qui allaient par les rues guérir les écrouelles, vous ne m’enlèverez pas de l’idée qu’il y a du Saint-Louis chez Macron.

Reste l’accélération de la réduction de la durée de vie des mythes.

C’est que les mythes actuels, fabriqués ex nihilo pour les élections par les « spin doctors » de la communication, se fondent sur le discours dont le ton doit donner l’impression que le programme est devenu impératif, vu la situation du pays, alors que les initiés savent déjà que rien ne viendra changer en mieux les choses de la vie du citoyen mal éclairé, tandis que les anciens mythes se fondent sur des actes réels. Je souligne ici que l’initié est l’autre nom du sachant qui tient la torche.

Jeanne d’Arc, Napoléon et de Gaulle ont bien participé à des combats, le Général est bien parti à Londres et il a été condamné à mort.

Mais pour les trois derniers de nos Mohicans, on cherche encore quelle pourrait être leur empreinte dans l’Histoire nationale.

Il ne nous reste que leurs mythes éventés, ballants aux alizés de la moquerie : Sarkozy et son saint Karcher resté dans l’emballage d’origine, Hollande, ennemi de la Finance, qui est passé à l’ennemi justement, Macron qui se présente comme un rénovateur, alors qu’il ne fait que continuer l’œuvre de destruction du pays en l’amplifiant, et cela se voit de plus en plus.

J’ai même ouï dire qu’il avait été près de prendre Juppé, rien à dire, c’est de la cuisine politique, toute bonne maîtresse de maison soucieuse d’économie sait bien qu’il faut savoir accommoder les restes, mais cela n’est pas un critère suffisant pour se qualifier de novateur : depuis plus de trente ans, le pays s’accommode de restes et espérait réellement, en 2017, changer de cuisine et de gazinière…

Comme dans le film où il a fallu sauver le soldat Ryan, les communicants et Agnès la froufroutante sont donc sommés de trouver ce douzième vaccin sous peine de mort du politicien.

En effet, à force de dresser les nouveaux  mythes à l’encre sympathique qui se décompose au fur et à mesure qu’ils se dessinent à la caroline sur le blanc papier, ledit politicien suit le même sort et disparaît du champ de vision du citoyen qui peut, dès lors, s’exclamer : « Ni Dieu, ni Maître, ni Mythes ».

C’est sûr, lassé de ces politiques jetables comme des kleenex, ledit citoyen finira par vouloir écrire sa propre geste d’une encre beaucoup moins sympathique, sa vie rêvée des anges sur la page ainsi immaculée.

Jean d’Acre

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Notifiez de
DUFAITREZ

A propos de Sida mental, mot de Louis Pauwels, j’ai sous les yeux un message qu’il m’envoya le 24 mars 1988 !!!
« Je partage votre indignation, comme il m’arrive de sursauter quand les journalistes parlent « d’exécution » à propos d’un assassinant. Oui la Société médiatique devient folle »

danvas46

Bravo, très bien.
Je me permets de vous signaler que les père de « SIDA mental  » est le regretté Louis Pauwels à l’époque où il était directeur du Fig Mag et que ceci lui a valu une véritable guerre de la part de la bien-pensance. Malheureusement, 31 ans après, cette maladie s’est aggravée et les Français sont menacés!
Merci pour tout.

Mad MAX

Faites tous très attention quand vous écoutez quelqu’un,
si c’est un trou du cul qui parle, vous risquez d’attraper le sida à l’oreille
( C pour ça que je n’écoute plus France-infos et leurs sbires associés )

Marc

Jolie prose et réalisme.

De Profundis Macronibus

Le « découvreur » du sida mental s’appelle Jean-Marie Le Pen ! Comme quoi, nul n’est prophète en son pays…

Pr Sheldon Cooper

C’est juste un détail

kabout

en parlant de vaccin et de maladie il y a eu l’autre jour un vol provenant d’Algerie avec a son bord un jeune passager atteint du choléra !! pris a temps pour une fois,a quand un passager venant du Congo avec le virus d’ébola ? avec tout ces migrants c’est etonnant que rien n’est arrivé de ce coté la .

Beretvert

Non suspicion de choléra un sale gosse hystérique comme beaucoup de muzz

BERNARD

Choléra, bilharziose et MST bouffeuse de couilles vont débouler en France, grâce à tous ces adorables migrons, déjà vrai pour la bilharziose, la gale, la tuberculose résistante aux antibiotiques, .. mais bon, on ne peut quand même pas à la fois récupérer des Prix Nobel, Médecins, Artistes , Scientifiques, Ingénieurs, sans qu’il y ait une petite contrepartie. Il faut l’accepter je crois ?