Je réclame la dissolution des fédérations de parents d'élèves : elles ont fait assez de dégâts !

La preuve ? La dernière en date de la FCPE, de la PEEP et de l’APEL, qui viennent d’interpeller le Ministre de l’Education Nationale pour réclamer la suppression des notes à l’école, qui seraient discriminantes, rien que ça ! Il faut lire sur le sujet l’excellent article de David Desgouilles (1) et celui de Jean-Paul Brighelli(2). Leur indignation et leur bon sens sont salutaires et ont au moins un effet, on se sent moins seul dans ce monde de fous.
En effet, je vous le dis tout net, on en a plus qu’assez de ces parents, qui, parce qu’usagers, croient être des experts et savoir ce qui est bon pour leurs enfants, pour ceux des autres et pour la nation.
On rappellera que la FCPE fait œuvre mortifère depuis de longues années, qu’elle avait fait campagne contre la loi sur les signes religieux à l’école, qu’elle prétend que les professeurs n’ont de cesse de mettre un tiers de mauvaises notes dans leurs classes pour se sentir bien – la fameuse constante macabre évoquée dans l’excellent article de Brighelli(2) – que malgré la demande de la majorité des élèves(3) il ne faudrait pas qu’un professeur fasse preuve d’autorité, considérée comme de la violence et qu’il y a beau temps qu’elle a obtenu que ce soit les parents qui décident, dans la plupart des cas, du redoublement de leur enfant. Quant au simple apprentissage des règles de vie en commun, qui portent le nom haï de « morale », il est, pour nos censeurs, synonyme de robotisation(4) pour nos chères têtes blondes (et zut pour le politiquement correct. Il y a toujours eu des têtes brunes ou châtain dans les classes, personne pour autant ne criait à la discrimination ou au racisme quand on utilisait cette expression qui évoquait le monde de l’enfance il y a 20 ans ) !
On sait que la FCPE est « de gôche », ceci explique sans doute cela, qu’elle est pas mal investie par des parents eux-mêmes enseignants (et adeptes du pédagogisme) capables de compenser en partie auprès de leur propre progéniture les déficiences créées par les demandes de la FCPE ; on est donc à peine étonné par cette nouvelle attaque contre le service public d’éducation et contre l’Education Nationale elle-même. Par contre, que la PEEP et l’APPEL, traditionnellement plus exigeants et plus « traditionnels » se joignent au chœur des pleureuses laisse perplexe.

Je ne reviendrai pas sur les bienfaits de la note, indispensable et pour se situer et pour vérifier qu’un savoir ou un savoir-faire ont été acquis, d’autres l’ont très bien fait. (1) (2) mais je tiens à m’interroger : à quoi ce refus de la note rime-t-il ? Que cache-t-il ?
On a déjà dit, ici et ailleurs, qu’il y avait un étrange paradoxe à voir un pays accepter que les meilleurs joueurs de foot ou les meilleurs athlètes aient des salaires mensuels équivalents de toute une vie au smic au motif que ce sont les meilleurs et donc qu’ils le méritent mais ne pas supporter que l’école, elle aussi, parvienne, par le jeu, normal, de la compétition, à faire émerger les élites politiques et intellectuelles dont le pays a besoin.
J’y vois le résultat de deux modes terribles de notre temps.
D’abord le culte de l’enfant-roi et, à travers lui, l’auto-réalisation des parents. C’est parce que mon enfant est parfait, physiquement, moralement et intellectuellement que je suis un « bon » parent, que je suis quelqu’un de bien. On y verra une conséquence de l’effet « Dolto ». Sans vouloir sous-estimer l’œuvre de Françoise Dolto ni nier les incommensurables services rendus à des parents perdus devant leur enfant dépressif, anorexique ou suicidaire qu’elle a sauvé, ses émissions, ses déclarations et ses livres ont tellement mis en cause les parents que l’on a supprimé toute responsabilité de l’être en devenir dans ce qu’il était, faisant porter sur les épaules de parents de bonne volonté le regard accusateur des spécialistes mais aussi des amis, de la famille, des éducateurs…
Alors, forcément, un jeu pervers a vu le jour, « trouver un bouc émissaire » pour tous les dysfonctionnements de l’enfant, pour tous ses ratés, pour expliquer qu’il ne soit pas l’être parfait dont on avait rêvé, penché sur son berceau. On a, déjà, pas mal éclusé les excuses sociales, le chômage ou le divorce des parents, voire l’alcoolisme du grand-père, mais tout cela touche de trop près les parents, il fallait donc trouver quelque chose ou plutôt quelqu’un d’extérieur à la famille, l’école et l’enseignant. Alors peu à peu, on a considéré que si l’enfant n’était pas Einstein c’était que les programmes, la pédagogie, l’enseignant… non seulement n’avaient pas été capables de faire émerger ses qualités mais les avaient même étouffées !
C’est pourquoi, forcément, la note est le dernier bastion à prendre. Il faut faire disparaître tout ce qui prouverait que « mon » enfant n’est pas parfait, et il n’est pas parfait s’il n’est pas le meilleur ! J’attends avec impatience la prochaine requête des parents, qui pourraient demander à ce que tous les jeux de société soient interdits parce que discriminants. Comment envisager qu’un enfant autre que le sien gagne une partie de Monopoly, de Risk ou de tarot ? Les exemples que je cite témoignent de mon âge et de mon état de dinosaure, mais si je les connaissais je pourrais citer de la même façon les jeux video qui foisonnent et qui proposent à leurs PASSIONNES (des pervers masos ?) un monde de bisounours sans compétition et sans échec, bien entendu !
La deuxième raison qui explique, à mon sens, cette attaque en règle, c’est, n’ayons pas peur des mots, la détestation de notre pays, de la notion de bien commun et, qui plus est, de la notion de nation. En effet, il me semble que la notion même d’ascenseur social et d’élites lève le cœur à un grand nombre de gens, qui y voient là la négation de l' »égalité » et qui préfèrent supprimer toute difficulté et faire de l’école un lieu de vie et de divertissement plutôt que d’imaginer qu’un autre que leur enfant pourrait commander et avoir un poste enviable au service de la communauté, au service de la France. C’est la même détestation qui pousse un grand nombre d’enseignants du primaire à refuser d’enseigner la Marseillaise ou à refuser les heures d’aide réservées aux élèves en difficulté au motif que cela les discriminerait en les mettant en-dehors de la classe ! CHACUN POUR SOI ET RIEN POUR TOUS. C’est le mot d’ordre. Pendant ce temps, les Chinois travaillent, pendant ce temps les Indiens sélectionnent, pendant ce temps les Chinois et les Indiens créent des élites qui vont venir prendre les meilleures places, parce que dans la vie une société de 65 millions de personnes auto-gérée qui fonctionne sur le troc, l’échange ou le travail à la petite semaine, ça ne marche pas. Forcément. Et qu’on a besoin de gens très compétents. Sans doute qu’il est plus facile d’accepter d’être dirigé par un Chinois ou un Iranien que par son voisin.
Alors, face à la connivence des pédagogistes, des politiques et des parents d’élèves, il nous reste à nous révolter.
Il est plus que temps que les ignorants cessent de se mêler de ce qui ne les regarde pas parce qu’ils n’y connaissent rien. Viendrait-il à l’idée de qui que ce soit de dire au chirurgien comment celui-ci doit les opérer, au boulanger comment il doit faire son pain, au maçon comment il doit assembler les briques de sa maison, au présentateur du journal de 20 heures comment il doit s’y prendre ou à Johnny Halliday comment il doit préparer un spectacle ?
C’est pourtant ce que se permettent les fédérations de parents d’élèves… et qu’on ne vienne pas me dire que c’est parce que l’école est mauvaise, elle le devient depuis qu’ils s’en mêlent, entre autres. Entre autres, parce que la suppression des notes s’inscrit parfaitement dans le processus de privatisation du service public d’enseignement et de formation, voulu par le protocole de Lisbonne signé en 2000 par Jospin et la « gôôôche » plurielle. Détruire l’Ecole et en faire un « parc Astérix » du pauvre pendant que la progéniture des « zélites » ira à « Eton », voilà l’objectif. Il en est de l’Ecole comme de la politique migratoire qu’on fait accepter en jouant sur « le monopole du cœur de la Gauche »: faire accepter sa destruction en utilisant la « gôôôche » pédago-laxiste , complice active et objective!
L’urgence numéro un : demander la dissolution des Fédérations de parents d’élèves (je doute d’ailleurs que les responsables représentent, dans leurs demandes, celles de la majorité des parents de France) et en attendant, leur interdire l’accès aux écoles.
Christine Tasin
http://christinetasin.over-blog.fr
Voir également une l’interview de Christine Tasin sur l’école, sur notre site.
(1) [http://www.marianne2.fr/Et-maintenant-ils-veulent-suppprimer-les-notes-a-l-ecole!_a193104.html?preaction=nl&id=2952704&idnl=25966->http://www.marianne2.fr/Et-maintenant-ils-veulent-suppprimer-les-notes-a-l-ecole!_a193104.html?preaction=nl&id=2952704&idnl=25966]
(2) [http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2006/02/11/macabre.html->http://bonnetdane.midiblogs.com/archive/2006/02/11/macabre.html
(3) [http://christinetasin.over-blog.fr/article-18882670.html->http://christinetasin.over-blog.fr/article-18882670.html
(4) [http://christinetasin.over-blog.fr/article-17277144.html->http://christinetasin.over-blog.fr/article-17277144.html

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