Je remercie Riposte Laïque pour la qualité des échanges entre Hubert Sage et Christine Tasin

Publié le 27 février 2011 - par - 248 vues
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La semaine dernière, Riposte Laïque a publié un dialogue – parfois aigre-doux – entre Christine Tasin et Hubert Sage. Pour résumer les échanges, ce dernier (dont je me sens proche) reprochait à la présidente de Résistance républicaine de privilégier le seul combat contre l’islamisation de la France, et aurait souhaité qu’elle n’occulte pas la réalité de l’offensive de l’Eglise catholique. Il avançait notamment la demande de remise en cause de lois qui imposent à l’Etat de financer les Eglises. Ce à quoi Christine Tasin mettait en avant la défense du patrimoine de notre pays, dont les églises font partie.

http://ripostelaique.com/reponse-a-hubert-sage-qui-par-haine-du-catholicisme-est-pret-a-abandonner-notre-patrimoine-historique-sous-pretexte-de-laicite.html

http://ripostelaique.com/9506.html

Je pense, pour évoluer dans les milieux laïques (je suis franc-maçon) que ces échanges sont indispensables pour apprécier la situation de 2011 de manière sereine. Je regrette que dans les milieux laïques, et dans les loges, il soit impossible de parler de l’islam sans immédiatement être suspecté d’être proche de l’extrême droite, et je ne me retrouve absolument pas dans les insultes que profère régulièrement Alexis Corbière contre vous, bien que je partage par ailleurs la plupart de ses analyses sur l’offensive vaticane.

Il me semble, pour faire avancer le débat, que Marine Le Pen, qui se réclame de la laïcité, a deux grandes faiblesses dans son discours. Elle paraît considérer comme un fait acquis que les écoles privées sous contrat avec l’Education nationale soient financées par nos impôts, et ne paraît pas décidée à remettre en cause le concordat d’Alsace-Moselle.  Je souhaiterai commenter ces deux prises de position.

La dérive de l’Education nationale, depuis trente ans, et l’impossibilité de transmettre un savoir dans de nombreuses écoles de la République, confrontées à des enfants d’immigrés en nombre trop important pour permettre une bonne intégration, ne peut être niée, ni sous-estimée, par Jean-Luc Mélenchon, et ceux qui se réclament du slogan « Fonds publics à l’école publique ». Nous ne sommes plus dans les années 1980, où mettre son enfant dans l’école privée était un choix idéologique. Aujourd’hui, ce sont de plus en plus des parents de milieux modestes qui se saignent pour mettre leurs rejetons dans le privé, parce qu’ils ne voient pas d’autres solutions.

On ne pourra pas revenir au mot d’ordre « Fonds publics à l’école public » tant que l’école de la République n’aura pas redressé la barre, ce qui risque de prendre de longues années, et nécessite une véritable révolution de l’Education nationale, capable de balayer les pédagogistes et autres parasites du système.

Concernant le concordat, Marine Le Pen ne pourra pas faire l’économie de ce débat. Comment accepter que dans deux départements français, trois religions soient subventionnées, et aient accès à l’école publique, quand l’islam en est exclu ? Je suis partisan, face à cette religion, d’une vigilance que n’a pas Jean-Luc Mélenchon, ce que je regrette. Mais je ne vois pas comment on pourrait justifier plus longtemps le maintien du concordat, sans y intégrer l’islam.

Voilà le genre de débats que je souhaite voir se poursuivre dans Riposte Laïque, en regrettant que cela soit le seul lieu où cela est possible.

Joël Locin

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