Je souhaite qu’ils osent dissoudre le Front national

Ils peuvent dissoudre JNR, Troisième Voie et Civitas si ça les amuse. Ils pourraient même dissoudre le Front National, et ce serait la meilleure chose qui puisse arriver à la France.

Tout simplement parce que, comme l’explique Laurent Obertone, le FN est la béquille du progressisme.

Le Front National – pour ceux et celles qui ne s’en sont pas encore aperçu – est le seul et unique responsable de tous les maux de la société. Il divise les Français en les montant les uns contre les autres, il attise le racisme, il surfe sur les peurs, il fantasme avec une insécurité qui n’existe pas, son programme économique est de la fumisterie, il veut revenir aux heures les plus sombres de notre histoire, et ainsi de suite.

Sur qui jetteraient-ils le blâme s’il n’y avait plus ce Front National et ces groupuscules d’extrême-droite bien commodes pour se défausser de leurs responsabilités ?

Qui pourrait donc être leur bouc émissaire ?

Ils n’en trouveraient aucun.

Ils seraient confrontés, pour la première fois depuis des décennies, à leur propres contradictions.

Car si le Front National est incontestablement un acteur de ce film de série Z qu’est la vie sociale et politique française, il y est surtout connu pour ses rôles de figurants.

Il y a cependant une chose qu’ils ne pourront jamais dissoudre : ça s’appelle la réalité.

Ils auront beau dissoudre le sentiment d’insécurité, les agressions sauvages à 10 contre 1, commises par des sous-sociaux, continueront de plus belle.

Les honnêtes citoyens continueront de fuir ces quartiers invivables mis en coupe réglée par des dealers.

Ils pourront aller jusqu’à faire disparaître les prisons, cela n’empêchera pas la délinquance d’exploser, bien au contraire.

Le vivre ensemble ne fonctionnera pas davantage, à supposer qu’il y ait déjà eu un cas de réussite quelque part.

L’immigration coûtera toujours une fortune colossale, jusqu’au jour où la France sera tellement endettée qu’elle sera dans l’obligation d’y mettre un terme, à moins qu’on ne décide tout simplement de laisser le peuple crever de faim.

Il y a également une autre chose qu’ils ne pourront jamais dissoudre : le fait que leur modèle de société est taré dès le départ. Il porte, encodé dans son ADN, les gênes de sa propre auto-destruction.

Ce modèle de société  est semblable au château de cartes : sa nature instable le condamne à s’écrouler tôt ou tard.

Malgré cela, ils vont poursuivre leur délire.  Nous sommes confrontés à des démiurges, et nous n’y pouvons malheureusement pas grand-chose, à part  glisser dans l’urne le bon bulletin de vote une fois tous les cinq ans.

Parce que c’est exactement le même processus que dans la construction du château de cartes : même si on sait pertinemment, dès le départ, qu’il ne peut tenir, toute la jouissance du jeu réside dans le fait d’ajouter une carte supplémentaire sans qu’il ne s’écroule.

Jean Vaillancourt

 

image_pdf
0
0