Je soutiens Mélenchon, mais je refuse de chanter « La Marseillaise » dans ses meetings !

Publié le 4 juillet 2011 - par - 1 118 vues
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J’étais Place Stalingrad pour assister au lancement de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Je suis un admirateur de Jean-Luc depuis que je m’intéresse à la politique, même si je n’ai jamais milité au Parti Socialiste, ni au  Parti de Gauche. Je suis très fier qu’il ait, symboliquement, choisi la place Stalingrad, symbole de la lutte contre l’occupant nazi, en cette circonstance. Ce n’est pas Marine Le Pen qui aurait été capable de cela, et pour cause ! L’ambiance était formidable, chaleureuse, et Jean-Luc a été, une fois encore, un extraordinaire tribun. Son soutien à nos frères grecs a été un grand moment de la soirée, comme son évocation des révolutions arabes. Ne me reconnaissant pas comme Français, mais comme citoyen du monde, j’avoue avoir apprécié que depuis quelques années, Jean-Luc ait abandonné le côté un peu « cocorico » qui était le sien dans les années 2000, quand il pourfendait le nationalisme breton, ou le régionalisme corse, avec des accents patriotiques à la Chevènement qui me déplaisaient souverainement.

C’est pourquoi je me réjouis qu’il ait beaucoup évolué, notamment sur la question des sans-papiers, dont il demande la régularisation, comme tout humaniste de gauche se doit de le faire. Je me satisfais également que le président de Parti de gauche ne demande pas, comme Marine Le Pen, de manière démagogique, la sortie de l’Union européenne, et le retour au franc ! Il ne manquerait plus que cela, je me suis habitué à l’euro, je suis content de ne pas avoir à faire la queue à la douane, ni à retourner échanger mes francs contre des deutsche marks ou des lires ! Là encore, face à Marine Le Pen et son archaïsme, Jean-Luc montre qu’il est un véritable homme politique du 21e siècle.

De même, je lui suis reconnaissant d’avoir refusé de tomber dans la facilité, en évoquant l’insécurité, l’immigration ou l’islam. S’il allait sur ce terrain, le candidat Mélenchon ne ferait que conforter les thèses nauséeuses de Marine Le Pen, et de l’UMP. Il faut vraiment que sur ce terrain, il tienne bon, et réaffirme les valeurs solidaires et humanistes de la gauche, face à des discours qui rappellent les heures les plus sombres de notre Histoire, hélas.

Par contre, j’ai été très choqué de voir, dans les premiers rangs, quelques drapeaux « bleu blanc rouge », et encore davantage indigné quant, à la fin du meeting, il a fallu entonner « La Marseillaise » avant de chanter « L’Internationale ». Là, je ne comprends plus, je ne m’attendais vraiment pas à cela ! Pour moi, « La Marseillaise », c’est le chant des Versaillais, et c’est un chant raciste, qui parle du « sang impur » de nos ennemis. Comment un homme de gauche, si courageux par ailleurs, peut-il faire cette concession à un combat de classe, par nature internationaliste, et imposer ce chant chauvin et haineux à son auditoire ? La Marseillaise, c’est tout le contraire du message internationaliste de Jean-Luc ! Je suis convaincu que ce sont les communistes qui lui ont imposé cela. Je n’ai en effet jamais vu un drapeau « bleu blanc rouge » dans les nombreux rassemblements de Mélenchon auxquels je participe, depuis quinze ans. J’ai naturellement refusé de me lever, et de chanter.

Les drapeaux de la campagne de Jean-Luc Mélenchon doit avoir la couleur rouge.
Le chant de sa campagne, cela doit être l’Internationale, mais surtout pas La Marseillaise !

J’espère donc ne plus entendre cette chanson, dorénavant, de même que je ne veux plus voir des drapeaux « bleu blanc rouge », même en petit nombre, aux premiers rangs. Je n’ai pas envie, quand je vais écouter le leader du Parti de Gauche, de retrouver des symboles que je croyais réservés aux ambiances malsaines d’apéro saucisson pinard. Je ne doute pas que nombre de militants du Parti de Gauche partageront la même réflexion que moi, et qu’ils feront savoir au Parti Communiste leur inquiétude devant cette dérive nationaliste qui, si elle devait se poursuivre, ne pourrait que faire le jeu de Marine Le Pen et du Front National.

Joël Locin

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