Je suis d’accord avec Lucette Jeanpierre contre Glavany, mais laissez tranquille les régionalistes !

Publié le 12 décembre 2011 - par - 359 vues
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Bonjour RL et surtout, bonjour Mme Jeanpierre.

Dans les faits, je partage sans limite votre analyse sur le socialiste Jean Glavany. De ses Pyrénées – qui sont aussi les miennes d’ailleurs – celui-ci semble avoir du mal avec la réalité que vivent beaucoup de nos concitoyens en ce qui concerne l’islamisation de la France. Je dois avouer que, par chez nous dans les montagnes pyrénéennes, l’islam n’est pas un facteur dérangeant, celui-ci étant assez limité. Oh, nous avons bien des kebabs, une mosquée et du halal mais, au demeurant quand je lis certains articles ou vois certaines vidéos, nous sommes assez tranquilles, ceci pouvant expliquer en partie l’apathie de M. Glavany. Donc, dans l’ensemble, je partage entièrement votre analyse de cet homme.

Par contre, vous me voyez un peu surpris et déçu de voir une attaque à la fois injustifiée et dommageable du bilinguisme régional. Vous qui êtes pourtant l’une des artisanes de la défense de la richesse nationale, vous voudriez priver la France de la majeure partie de sa richesse? Au nom de quoi? D’une unité nationale? Mais regardez qui lit RL et adhère à vos idées. Sommes-nous tous des jacobins, attachés à une unité artificielle? Non! Vous avez des bretonophones, des occitanophones, des flamanophones, etc… Nous sommes tous pour Riposte Laïque parce que nous voulons défendre toute la richesse de notre terroir, de cette terre qui a vu naître nos ancêtres, et cette richesse passe par une sauvegarde de nos patrimoines régionaux.

Vous estimez que le régionalisme favorise le séparatisme, et que le fait d’apprendre une langue régionale entraîne une volonté de se séparer de la France. Alors oui, il est vrai que certains groupuscules ont des tendances qui frisent au ridicule. Lisez, si vous en avez le temps, les analyses sur l’occitanisme de Marilis Orionaa qui, en plus d’être une femme et une chanteuse exceptionnelle, est tout aussi amoureuse de son Béarn natal que foncièrement contre toute récupération politique des groupuscules occitanistes prônant une séparation nette – et ridicule – d’avec la France. On peut être attaché à sa région, sa langue, ses coutumes, mais rester conscient d’appartenir à une nation.

D’ailleurs, nous devrions nous réjouir de toutes ces différences. Primo, elles montrent à quel point la France est riche. Riche de cultures, de coutumes, de gens également. C’est la preuve qu’il faut pour montrer que non, l’enrichissement culturel venu de l’islam ne nous est pas indispensable, bien au contraire. Elle montre également que la France est déjà un pays multiculturel, et que lorsque les cultures sont assez proches, il est possible de faire tenir ce multiculturalisme. Vous ne pensez pas que le régionalisme est si important? Pourtant, il l’est. Moi-même de culture gasconne – je rejette l’appellation « occitane » qui correspond à un terme inventé par les rois de France pour désigner une région où l’on dit oui « oc » – qui correspond donc plutôt au Languedoc – ce n’est qu’en décidant de me plonger dans mes racines que j’ai acquis cette volonté de protéger les racines de notre pays. Toutes, sans exception. Voilà pourquoi je trouve dommage de voir que vous prenez les régionalistes comme des séparatistes visant à briser l’unité nationale.

Guillaume Arixo

RÉPONSE DE LUCETTE JEANPIERRE

Cher Guillaume,

Merci de votre réaction, qui me permettra à mon tour de clarifier nos positions. Nous avons ce débat récurrent avec les Identitaires, et certains lecteurs comme vous. Nous ne sommes pas hostiles à une conception rassembleuse et républicaine de ce que vous appelez le régionalisme. Nous ne sommes pas davantage opposés à ce que des citoyens aient envie de faire vivre une vieille langue, s’ils estiment qu’elle fait partie de leur héritage. Je me suis simplement permis d’évoquer la charte des langues régionales et minoritaires, imposée par l’Union européenne, et approuvée lors de l’accord Verts-PS, qui instituerait le bilinguisme en France, et ne ferait plus du Français la seule langue officielle. Je vous l’avoue, quitte à vous horrifier, je ne supporte pas qu’à Toulouse, le nom des rues et des panneaux soient écrits en deux langues. Je ne veux pas davantage que dans les administrations, on établisse les actes officiels en deux langues, et je ne veux pas plus, au nom de la charte que l’Union européenne veut nous imposer, que des écoles où on ne parle pas français, style « Diwan » en Bretagne, soient financées par les fonds publics, comme le font les socialistes bretons qui dirigent la Région. Je veux vivre dans un pays où les Alsaciens se sentent chez eux au Pays basque, où les Bretons se sentent chez eux dans le midi de la France. Pour cela, rien de tel qu’une seule langue officielle, le Français, qui unit et rassemble tous les citoyens de ce pays, contrairement à la charte des langues régionales et minoritaires. Bien à vous.

Guillaume Arixo

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