Je suis Française, j’aime mon pays, et je rejette tout ce qui le menace, dont le voile islamique

Publié le 6 octobre 2012 - par - 3 036 vues
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Je suis Française.  J’ai eu vingt ans dans les années 60.

Je n’ai pas fait d’études supérieures.  Je sais m’exprimer sur le fond, mais mes arguments, incomplets ou maladroits et souvent les deux, ne seront jamais aussi convaincants que ceux, bien articulés, de personnes qui ont appris à réfléchir sur les bancs de l’université.

Il y a longtemps, dans une première vie, j’ai été mariée à un musulman. Un érudit, très bon et tolérant.  Un agnostique : mot « haram » dans le monde musulman.

Car tout musulman se doit d’être croyant ou voué à l’anathème.

Lorsqu’on se marie, on épouse aussi une famille. J’ai donc fini par divorcer.

Mon mari avait huit soeurs et une quarantaine de neveux et nièces dont il était le « ghâl » : l’oncle maternel, figure la plus importante des sociétés de tout le continent africain*.

A ce titre, il supportait le poids de toute cette tribu, par ailleurs très éduquée.

Ce monde tribal n’était, n’est et ne sera jamais le mien.

On pouvait y battre sa femme en toute impunité.  Avoir une seconde épouse, et même une troisième.  Dieu est grand et généreux.  En divorcer selon son bon plaisir,  en laissant derrière soi une mère et ses enfants dans la misère.  Faire autant de fois le pèlerinage à La Mecque qu’on a commis de gros péchés.

En parlant de péché, je n’en citerai qu’un : contraindre sa fille, réfugiée en France pour y accoucher d’un enfant né hors mariage, de l’abandonner à l’Assistance Publique le jour de sa naissance, sous peine de tuer l’indigne qui a osé jeter la honte sur une famille entière.

Heureusement, je suis Française, née en France de parents issus de la diversité, mais d’une diversité européenne.

Très jeune, non mariée et ne souhaitant surtout pas l’être, j’ai avorté dans la clandestinité – les Gisèle Halimi & C° sont arrivées un peu tard pour mon combat personnel.  Un combat sans état d’âme, qu’il importait de gagner pour ma survie en tant que femme libre de son corps.

Ce ne fut pas le cas pour cette jeune maghrébine dont je parle plus haut : sa propre soeur, sage-femme à l’époque,  l’a dénoncée, l’obligeant à fuir son pays pour la France, terre d’accueil et de tolérance.

La sage-femme reconvertie est aujourd’hui avocate en France… et peut-être Française.  Espérons  pour ceux dont elle assure la défense qu’elle aura laissé dans son pays d’origine l’intolérance et le manque d’humanité dont elle a fait preuve envers sa jeune soeur.

Certes, dans le monde musulman,  on fait l’aumône aux pauvres – si l’on suit à la lettre les prescriptions du Coran, 10 pour cent de ce que l’on possède une fois par an durant le Ramadan.  Je demande à voir.

Certes, le monde musulman connaît l’hospitalité.  L’étranger y est le bienvenu.

Mais l’étranger reste l’étranger, même lorsqu’il se convertit.  Surtout lorsqu’il se convertit !  Il est alors accusé de le faire par intérêt et non par conviction.

En France, combien de jeunes Françaises continuent-elles à dire en parlant d’une copine « Elle fréquente un Français », pour signifier qu’il s’agit d’un non-musulman ?

Dans leur bouche de Française issue de l’immigration, un Français, c’est un étranger, un non-musulman, un non-circoncis.

Et l’on veut nous faire croire que l’islam est une religion d’amour et de tolérance ?

Pourquoi cette religion interdit-elle que l’on en change ? Combien de musulmans convertis au christianisme, et qui se cachent par peur des représailles ?

Pourquoi l’islam interdit-il  aux musulmanes d’épouser des non-musulmans ?

Pourquoi ne fait-il que tolérer le mariage d’un musulman avec une non-musulmane ?

Pourquoi de plus en plus de musulmanes de France portent-elles le foulard, le voile, mais aussi la burqa malgré la loi qui l’interdit ?

Pourquoi ces signes religieux – et non culturels comme l’on voudrait nous le faire croire – sont-ils acceptés dans l’espace public, notre espace républicain laïc si chèrement défendu au cours des siècles ?  Pourquoi ?

La France a connu la Révolution, avec tous ses excès : La Terreur, etc.

En son nom, beaucoup d’innocents ont péri.

Nous ne voulons pas, en occident, d’une invasion de l’islam.

A ses origines, dans la péninsule arabique,  l’islam a été un progrès dans une société idolâtre qui n’hésitait pas à tuer les filles à la naissance en les enterrant vivantes.

L’islam d’alors a donné un statut à la femme – oui, à la femme – en lui reconnaissant un droit à l’héritage par exemple.  Et en interdisant au mari d’avoir des droits sur les biens personnels de son épouse.

L’ennui, c’est que les siècles ont passé  :  la société musulmane, régie par le Coran, livre sacré mais aussi code civil, fait du sur-place.

Le progrès passe, l’islam se voile la face.

Aujourd’hui,  les femmes n’ont toujours pas droit à la même part d’héritage que leurs frères !  Quand l’homme reçoit cent, la femme n’a droit qu’à cinquante.

Les siècles ont passé. Personne ne s’aventure à dépoussiérer des textes devenus carrément ringards, mais qui, contrairement aux textes des autres religions monothéistes,  ont force de loi !  Personne n’y a intérêt, surtout pas les oulémas  (docteurs de la Loi ), trop heureux d’en avoir chacun sa propre interprétation.

Notre révolution française,  aussi cruelle fut-elle, a permis de saper l’immense pouvoir du clergé,  de jeter les bases d’une société qui se veut plus juste, plus équitable à défaut d’être égalitaire.  Surtout, elle est à l’origine d’une lente évolution des esprits et des moeurs, qui a vu les religions enfin reléguées au seul espace qu’elles doivent occuper dans une société laïque  : l’espace privé.

Or, le port du foulard ou  du voile dans notre espace public français constitue une violation flagrante des lois de notre république.

Ma religion, mes croyances,  ne concernent que moi.  Elles relèvent de l’intime. Je ne mets pas l’intime sur la place publique et je souhaite que les musulmanes foulardées et voilées de France comprennent à quel point leur pruderie affichée est contraire à ma conception de la pudeur.  Ces femmes sont une insulte à toutes celles qui, comme moi, ont lutté pour leurs droits et leur liberté.

Je suis Française, j’aime mon pays, j’aime mes droits si chèrement acquis.  Je rejette tout ce qui les dénature et les menace.

Eve Sauvagère

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*  « Le harem et les cousins »,  Germaine Tillion, Editions du Seuil, Paris 1966

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