Je suis venu de Paris pour participer à la fête du cochon à Hayange

cochonpatisserieLe cochon avec nous ! Il fallait bien une fête consacrée au cochon, celui-ci vu dans une perspective cochonnailles, salaisons et alimentation, saucisson et jambons, tradition et nation pour que, ni une ni deux, nous prenions la route dès dimanche matin aux aurores et parcourions les 350 km à destination d’Hayange. Qu’allions-nous y trouver ? Place déserte et volets clos comme un couvre feu sous l’invasion tudesque ? Ou bien quelques badauds craintifs ? Ou bien une émeute animée par d’inévitables « antifas » ? Rien de tout cela, et heureusement bien mieux.

Après avoir un peu tourné dans une ville calme à la recherche du centre, un stationnement s’est offert à nous rue Sainte Sophie près du rond-point Molitor du nom de Gabriel Jean Joseph, Maréchal de France, né à Hayange. Après la traversée du Pont Alexandre III qui nous a permis d’avoir une vue d’ensemble sur le site industriel inséré dans la ville, nous avons rejoint la place centrale au moment où le nouveau maire, Fabien Engelmann, achevait son discours inaugural. Nous étions un peu en retard mais suffisamment à l’heure pour l’entendre entonner la Marseillaise reprise en chœur par la foule sur la place. On n’est évidemment pas habitué à entendre notre hymne au cours d’une activité festive. Mais l’entendre ici en cette occasion devait nous rappeler que cette célébration du cochon, animal si souvent invité à notre table, répondait à la nécessité de ne pas céder la place qu’il occupe dans notre tradition gastronomique au profit d’autres traditions importées et, plus encore, ne pas accepter des interdits qui nous sont étrangers, ne pas accepter que des communautés qui pratiquent l’apartheid en viennent à nous stigmatiser en raison de notre goût pour le saucisson et le vin.

Les grandes tables dressées étaient pleines et les places rares pour les nouveaux arrivants que nous étions, Martine et moi. Le temps d’acheter un fuseau lorrain et de prendre rang dans la queue longue d’une heure et demi pour avoir droit à sa part de « Porchetta » nous avons pu rencontrer Pierre et Christine et l’Ajaccien Dan apparemment surpris de nous voir ici présents. Pour ne pas rater les premiers pas de danse de Pierre et Christine sur la piste ad-hoc, nous avons renoncé à la porchetta sans trop de regret. De fait, cette porchetta était un porcelet à la broche, sorte de méchoui de cochon extrêmement appétissant et fleurant très bon. Mais, désolé, la porchetta d’origine italienne, plus précisément d’Ombrie, région d’origine de mes parents, est un porcelet à la broche, désossé et farci de ses abats parfumés de thym. Il manquait la farce !

Mais il est quelque chose d’autre qui ne nous manquait pas, mais alors pas du tout, c’est bien la présence de burqah, hidjab et autres foulards ! Pas une seule « soumise » à l’horizon. Pas un seul barbu de coupe djihad dans les parages. Autrement dit, aucune expression d’apartheid ; on pouvait circuler sans gêne ni crainte, ni ostracisme entre des gens sympathiques dont on pourrait se faire des amis et d’autres qu’on éviterait peut-être ; mais tous ayant pour point commun d’être de la famille, de naissance ou d’adoption.

Comme un lendemain de remigration !

Roger Champart

image_pdf
0
0