Je trouve le réquisitoire de Pierre Cassen plus fort que le « J’accuse » de Zola

Tout d’abord, Émile Zola, lui, ne s’adressait qu’à un homme, le président de la République de l’époque, et sa vindicte ne se limitait qu’à une affaire, aussi importante fût-elle, puisqu’il s’agissait de défendre la dignité d’un homme accusé de trahison. La trahison, justement, parlons-en. Pierre Cassen qui, comme moi, n’est plus un homme jeune, a eu le privilège – cela n’est pas un vain mot – de connaître une France encore préservée, une France revigorée après la guerre, une France battante, sûre d’elle-même mais sans être impériale, riche de sa civilisation, lumineuse de ses idées, exerçant encore un fort mimétisme sur le monde, une France à elle-même poésie mais aussi aux autres.

Le cadre est autrement plus large que celui qui révolte Zola. C’est donc l’état actuel de la France tout entière qui affecte Pierre Cassen, pas le sort d’un homme seul, même si un homme menacé par l’injustice concerne l’humanité tout entière. Il ne s’agit plus aujourd’hui d’une affaire, d’une piqûre, certes douloureuse, sur le grand corps d’une civilisation qui fut brillante. Il s’agit d’éclairer comment un pays a pu devenir, en un temps record, semblable au cadavre puant d’une méduse flasque en décomposition sur la plage de l’Histoire. Et c’est là, justement, où arrive comme explication incontournable, la trahison.

En des temps où la gauche n’est plus qu’une illusion perdue, Pierre Cassen, qui s’en réclamait – mais peut-être s’en réclame-t-il toujours car, au fond, l’idéal, face à la barbarie capitaliste, préserve tout son sens – se fait l’accusateur de la gauche du passé quand elle était encore forte, quand elle braillait justement qu’elle défendait les malheureux, les asservis du grand capital. Je dis bien « braillait » car au fond, véritable salope, elle n’en pensait pas un mot. Elle est restée plantée là, sur le trottoir, comme une péripatéticienne, racolant les refoulés du libéralisme pour, avec le temps qui passait, faire corps avec eux. C’est sur ces salopes que Pierre Cassen crache à juste titre aujourd’hui, ces salopes qui, de connivence donc avec les prosélytes du capital, ont fini par bousiller la France dans tous les éléments et même les moindres détails qui constituent, d’une manière générale, une nation. Pierre Cassen, point par point, comme les attendus multiples d’un jugement, démonte cette horrible mécanique qui fait qu’aujourd’hui notre pays n’est plus qu’une vieille bagnole remisée dans un cimetière de voitures. Et c’est à se demander encore si les pièces qui reposent sur les étagères ont encore une valeur marchande, s’il peut être possible d’en tirer encore un véhicule qui pourra remarcher.

Le livre de Pierre Cassen est d’abord un livre de nostalgie. C’est le livre d’un enfant aimant qui a perdu sa mère, sa mère nourricière, nourricière de son esprit, de son esprit français. C’est un livre de désespoir, évidemment. C’est un livre d’amertume, l’amertume d’avoir été trahi par les siens, ces gens qui ont soudain bifurqué dans la bêtise, celle-ci faisant d’eux ni plus ni moins que des assassins. Nous aussi alors, pourrions-nous fléchir, sombrer dans le désespoir, ne plus croire en rien, baisser les bras. Mais paradoxalement, le livre de Pierre Cassen est un grand manuel pédagogique. En effet, notre désespoir à nous n’est pas toujours bien étayé, bien établi : il relève souvent de l’émotion, du ressenti, bref, face à nos adversaires, il manque souvent d’arguments infaillibles. Les attendus de Pierre Cassen, qui défilent dans son dernier chapitre, arrivent à point nommé pour renforcer nos convictions. Ils sont un réel éclairage. Ils font de nos vagues appréhensions de la triste réalité des certitudes qui sont des armes de combat. Ces attendus, il faudrait presque les apprendre par cœur. L’indignation immense de Pierre Cassen, pour qui saura la lire, sera l’école du ressaisissement ou plutôt est déjà, aujourd’hui, l’école du sursaut… car nous ne pouvons absolument pas nous résoudre à mourir et, surtout, nous résoudre à voir la France mourir, car la France, ce sont nos enfants et nos petits-enfants. Alors, merci à vous, Pierre Cassen, votre désespoir est l’énergie qui, déjà, nous réanime.

Philippe Arnon

Commander le livre « Et la Gauche devint la putain de l’Islam :

https://ripostelaique.com/livres/312481

Lire le réquisitoire de Pierre Cassen, publié par Breizh Info :

https://www.breizh-info.com/2018/11/19/105999/la-france-est-en-train-de-crever-et-vous-vous-taisez-le-terrible-requisitoire-de-pierre-cassen-contre-ses-anciens-camarades

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9 Commentaires

  1. Comparer Zola et Cassen n’a pas grand sens…
    Autres temps, autres débats;;;
    Un seul point commun ? L’AURORE »
    Journal pour Zola, Aurore de la Liberté pour Cassen !

  2. Un excellent livre qui dit la vérité sur ces salopards de gauchistes suceurs de babouches !!! Il en manque un moins connu mais tout aussi nocifs le petite fiotte communiste, le caniche d’hidalgo.. Brossat avec sa sale gueule qu’on a envie de démonter à la batte de baseball !!!

  3. Bonjour ! J’ai lu le livre….Oui il prend aux tripes ! Il met surtout à jour la trahison de toute cette gauche…islamo collabos….Je l’ai déjà écrit, j’ai été syndiqué et délégué CGT pendant 35 ans…Beaucoup de luttes justifiées pour défendre/conserver/obtenir…Aujourd’hui, TOUS les syndicats sont pourris….Juste envie de vomir….Quand aux « politiques » : au pilori !

  4. Celui qui ne ressent pas, dans ses tripes, le malheur qui nous accable et qui tente de faire disparaître notre pays, notre civilisation, notre culture, n’est pas un patriote et indigne d’être citoyen français : Pierre Cassen est un vrai patriote !

  5. Merci Philippe Arnon , malheureusement Émile Zola de par sa stature et popularité avait une influence beaucoup plus grande que Pierre Cassen.
    Heureusement , par contre, il y a beaucoup plus de sources d’informations crédibles à même de relayer les idées du gros bon sens que le peuple finira par connaître et accepter .
    Il faut continuer de réveiller et convaincre les inconscients du danger imminent.
    Je le comprends comme vous.

  6. La comparaison avec Zola est un peu faible. C’est Victor Hugo et Shakespeare en même temps que Pierre Cassin égale !

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