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Je viens de découvrir que je suis populiste…

Oui, vous m’entendez bien, je suis ce gros mot. Enfin… gros mot pour certains. Car rarement mot aura été autant perverti par ceux auxquels il fait peur. Mais expliquons-nous.

À l’origine, le populisme, mot inventé à la fin du XIXe siècle, caractérise ce qui concerne le peuple et ses intérêts, en opposition avec ceux des élites. Lesquelles, dans notre système ayant aboli les privilèges en 1789, sont exclusivement composées de bourgeois. Il est important ici de définir ce qu’est le peuple, car le mot est compris à différentes échelles : il peut soit contenir l’ensemble de la population du pays ; soit l’ensemble de ses citoyens ; soit ceux qui ne sont pas les bourgeois composant l’élite économique, politique, voire intellectuelle. Ainsi, pour expliquer ce qu’est le populisme et pourquoi je m’en réclame, il est donc indispensable de préciser ce que j’entends par peuple : ceux qui ne sont pas les élites.

Or, selon que l’on appartienne à la bourgeoisie ou au peuple, le sens du mot populisme en est profondément affecté. D’où, on le comprendra aisément, un mot honorifique pour les membres du peuple et un mot  péjoratif pour ceux de la bourgeoisie. Encore une notion à préciser, j’entends parler ici de la bourgeoisie des privilèges et non de la petite et moyenne bourgeoisie qui ont aujourd’hui des difficultés à vivre et à maintenir leur train de vie, rejoignant à la vitesse grand V le reste du peuple de France.

Le populisme n’est en rien une idéologie, quoi qu’en prétendent ceux qui craignent les réactions populaires.

Le populisme, c’est une attitude, et prétendre le contraire relève de la pure manipulation de l’opinion publique, mais nous y reviendrons. Le populisme, c’est le refus du mensonge des élites et de leur oppression. C’est une manifestation de colère parfaitement légitime devant les promesses non tenues, celles des hommes politiques depuis des générations ; devant le déni de l’autorité du peuple dont on oublie que, lorsqu’il concède son pouvoir, ce n’est pas un don définitif mais un échange de bons procédés ; devant l’humiliation d’être traités comme des gueux taillables et corvéables à merci ; devant l’opulence des élites se goinfrant aux frais de la princesse.

Le populisme, c’est l’expression de la colère devant l’outrecuidance des gouvernants, les derniers en tête, en commençant par Sarkozy qui a osé d’un trait de plume rayer le NON apporté par le peuple à la Constitution qu’il lui proposait ; en continuant par les deux suivants, qui étalent ouvertement leur  mépris tout en vivant sur son dos, se gaussant de lui et le traitant de sans-dents, d’illettrés, d’ivrognes, de derniers de cordée, de ceux qui ne sont rien. Bande de petits cons orgueilleux que ces dirigeants ! Moi, je me targue d’être Gilet jaune et de n’être ni sans dents (j’ai toutes les miennes, merci), ni illettrée (je suis bardée de diplômes), ni ivrogne (mon estomac ne me permet pas de boire), ni dernière de cordée car je n’ai pas grimpé à la même corde, et non, je ne suis pas rien. Comme tous les autres, nous ne sommes pas rien. Et, oui, je suis populiste. Je m’en remettrai à cette belle expression d’Hubert Védrine : « Le populisme, c’est l’échec des élites ». Phrase sans doute sortie de son contexte, mais qui me plaît bien telle quelle.

Le populisme, c’est l’opposition d’un peuple à ses élites qui osent le priver de sa souveraineté (les députés ne sont plus rien, l’exécutif fait ce qu’il veut sans contre-pouvoir), de ses moyens d’existence (par l’ampleur des taxes et impôts), de son droit à s’exprimer (par la censure) et de ses choix de société (invasion migratoire, diktats de l’Allemagne, de l’UE, des soi-disant experts de tous bords…).

Le populisme n’est pas une idéologie, c’est un cri de souffrance.

Et devant ce cri de souffrance, que font nos belles élites ? Elles manipulent, comme de bien entendu, dénigrant à tout-va la légitime attitude d’un peuple qu’elles oppriment depuis trop longtemps. Elles se sont jetées sur le mot populisme, le dénigrant à tout-va, car on le connaît, le poids des mots. Avec des mots, on usurpe le pouvoir et on en abuse, on fait la guerre et la paix. On dit je t’aime ou je te hais. On pousse au suicide, comme ces salauds l’ont fait avec Maggy. Les mots, ce sont des actes, et pas seulement des vibrations dans l’air du temps.

Alors, ces manipulateurs ont voulu dévoyer le mot « populisme », le rendre vulgaire et, plus que cela, honteux. Ils ont tout fait pour le diaboliser, l’accuser de tous les méfaits, le confondre avec une extrême droite qui a bel et bien disparu de notre paysage politique.

Eh bien moi, dont la famille a combattu avec honneur le nazisme et les extrêmes, je le relève, ce mot. Je m’en pare. Je m’en revendique. Et je l’affirme très haut : je suis populiste car je suis pour le peuple.

Louise Guersan