Je voterai pour Marine Le Pen, pour son courage à dénoncer les radars et le permis à points

Je l’avoue, je ne suis plus un bon citoyen depuis un bon moment. J’ai longtemps voté à gauche, et depuis que la gauche a le visage des Jospin, Lang, Hollande, Fabius, Mamère ou Duflot, elle ne me fait plus envie. Je n’aime pas la droite, et j’ai toujours considéré le Front national comme des gens infréquentables.

Pourtant, j’ai décidé, depuis quelques jours, de voter pour Marine Le Pen. Pas du tout parce que je pense qu’il faut sortir de l’Union européenne, je n’en sais vraiment rien. J’ai plutôt tendance à penser que sur l’immigration et l’insécurité, elle a un discours plus courageux que les autres, et qu’elle ose dire qu’il y a un vrai problème. Le vrai détonateur, qui va me convaincre de faire le voyage le 22 avril 2012, alors que depuis 1995, je ne me déplace plus aux présidentielles, c’est le permis à points et les radars.

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Depuis 1990, date de la création de ce permis à points, je rue dans les brancards, car je trouve ce principe imbécile. Mais depuis que Sarkozy a transformé la France en un gigantesque pays de pièges à automobilistes, je n’en peux plus. Je m’étais toujours promis de revoter le jour où un candidat oserait dire qu’il abandonnerait la politique ultra-répressive des radars, et qu’il abandonnerait le permis à points. Marine Le Pen utilise, dans cette vidéo, tous les arguments que je m’épuise à fournir à mes amis ou interlocuteurs, depuis des années, et assez souvent en vain. C’est cela qui est désespérant, comme si le coté profondément chrétien qui sommeille encore chez nombre de Français frappait encore. Pourtant souvent victimes d’une répression impitoyable, nombre de conducteurs plaident coupables, et ont l’impression de payer, d’expier, pour leurs péchés. Le pire est que ces candides admettent le type de société qu’engendre la politique du tout-radar : celle d’une justice d’exception, où la machine remplace l’homme, sans que l’accusé n’ait la moindre chance de s’expliquer. C’est l’amorce des sociétés totalitaires, c’est un conditionnement inquiétant de nos concitoyens. Je suis souvent sorti désespéré de ces discussions enflammées autour d’une table, où j’avais l’impression de passer pour le dangereux chauffard irresponsable, qui allait libérer les pulsions criminelles des dangereux automobilistes.

Ce qui me sidère, c’est que, bien évidemment, les principales victimes de cette politique féroce sont les Français de condition modeste, qui habitent souvent à l’écart des centre-villes, ou à la campagne, et ont besoin de leur voiture. Ce sont les représentants, les artisans, les entrepreneurs, pour qui la perte du permis de conduire signifie la ruine économique. Ce sont les jeunes, qui n’ont que 6 points, et sont à la merci du premier accrochage pour perdre leur précieux permis. Que Sarkozy soit un cynique dirigeant de droite, qui se moque du monde du travail, je veux bien l’admettre. Que les écologistes soient de dangereux dogmatiques qui haïssent l’automobiliste, et veulent le réprimer coute que coute, je l’ai compris depuis longtemps. Mais les socialistes, ils s’en moquent des travailleurs ? Et Mélenchon, qui joue les grands tribuns et essaient de nous arracher des larmes sur l’exploitation des travailleurs (qu’il ne doit pas bien connaître), il s’en fout que les plus pauvres d’entre eux, les plus vulnérables, se fassent racquetter à longueur d’année par les radars Sarkozy ? Cela veut dire que s’il était ministre des Transports, cela ne changerait rien ? Que sa seule politique serait de retirer plus de points à ceux qui ont une grosse bagnole ? Ils m’écoeurent tous.

Je vais donc être fidèle à ma promesse, et je dois avouer que le courage de Marine Le Pen, sur ce sujet, me plaît bien. Je me dis que quelqu’un capable de heurter le discours dominant, sur un sujet aussi sensible, ne peut être entièrement mauvaise sur le reste. Je vais donc voter pour elle, et j’expliquerai sans honte à mon entourage les raisons de ce choix.

Bernard Bayle

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