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Jean Castex, des fois qu’il vous reste un peu de dignité…

Lettre ouverte à Jean Castex après son discours de jeudi dernier

J’ai consenti, jeudi soir, à vous écouter une fois de plus : c’est un effort que j’ai fait sur moi-même, une purge que je me suis infligée, en pensant surtout à livrer au public qui me suit une analyse. Si je m’étais écouté, je me serais épargné ce laïus inepte, vide de sens, kafkaïen, grotesque auquel vous vous êtes livré. Mais très vite, ce jeudi soir, je ne prêtais plus attention aux bêtises que vous aligniez comme des perles : je fixais votre visage, vos expressions. Et ça en disait bien plus long que votre torrent de mots décousus. Vous avez menti, raconté des balivernes sans nom, vous vous êtes moqué des Français pendant presque une heure : c’est l’hécatombe, tous aux abris, et je te déconfine, si tu es sage et que tu fais ce que je te dis, sinon retour à la maison fissa ! Tu remplis tes attestations sans broncher, sinon panpan-cucul ! Si tu me donnes tes noix de coco, moi je te donne mes ananas, comme dirait Annie, la chanteuse fasciste. Vos paroles voulaient tromper, mais vos yeux, votre mine contrite vous ont trahi. On eût dit que quelqu’un vous menaçait d’une arme dans le dos et vous obligeait à assumer la parole officielle de ce pouvoir liberticide. Et là, je me suis dit que peut-être, vous n’étiez pas un si mauvais homme, peut-être vous participiez par intérêt carriériste à cette mascarade ignoble, mais peut-être aussi qu’une partie de votre âme s’y prêtait de moins en moins volontiers, commençait à renâcler à ce que votre cerveau « rationnel » lui commandait.

Vous avez sauté, en juillet dernier, sur l’occasion unique de devenir Premier ministre : cela n’arrive pas à tout le monde, et même si vous êtes du sérail, vous n’avez jamais fait partie du premier cercle, de ceux qui se battent nuit et jour pour y accéder, avec de bonnes chances d’en être. Et pourtant, c’est sur votre tête que les lauriers sont tombés : chapeau, l’artiste ! Vous avez sûrement déjà du faire bien des contorsions politiques pour en arriver là, comme dirait Dalida. Mais en ce moment, cela devient dur pour vous . Dur d’être moqué matin et soir, à chaque fois qu’on ouvre sa bouche. Dur d’être à ce point haï, dur de concentrer sur sa personne autant de haine, la rage de tout un peuple désormais conscient d’être pris pour des gogos. Dur d’encaisser sur soi autant d’ondes négatives, pour les détourner du seul qui devrait les concentrer sur sa personne, votre maître de l’Élysée, le grand ventriloque dont vous êtes devenu la marionnette. Sera-t-il reconnaissant envers vous ? À votre place, je me méfierais.

Mais cela sert-il surtout à quelque chose ? Cette semaine, vous avez averti la France : une victoire de Marine Le Pen serait une catastrophe. Comme si ce n’était déjà pas le cas avec vous. C’est donc pour nous épargner une catastrophe encore plus grande que vous racontez autant de sornettes, que vous ne savez plus quoi faire, un pas en avant, deux pas en arrière, un jour deux attestations, le lendemain plus du tout, un jour on confine, le lendemain on déconfine, mais on finit de toute façon déconfit… Tant d’absurdité, on va finir par vous appelez Tonton Yoyo, qu’y a-t-il donc sous votre crâne dégarni (et non sous votre grand chapeau) ? Sauf que vous, vous ne faites plus rire personne, même avec votre accent si ensoleillé qui aurait pu vous valoir un peu de sympathie dans l’opinion.

Vous prétendez nous alerter, protéger, en réalité vous tremblez devant nous, vous êtes paralysé par la peur. Vous avez peur du grand réveil, vous avez peur pour votre boulot de dans un an. Et peut-être surtout avez-vous peur de l’heure du grand jugement, de ne pas pouvoir vivre demain dans la quiétude privilégiée qui accompagne la vie des ex-Premiers ministres. Vous avez peur de vous retrouver traduit devant un tribunal du peuple, un peuple en colère, un peuple qui aurait repris la main et mis un terme aux agissements de gens comme vous.

Alors, Jean Castex, je vous le demande : s’il vous reste un peu de dignité, mais aussi de raison, faites donc ce que votre cœur vous dit peut-être. Ne faites plus le sale boulot de gens qui ne vous remercieront pas. Écoutez vos administrés de Prades, dans les Pyrénées-Orientales, qui eux ne vous veulent sûrement pas de mal, ont du bon sens, et souffrent de vous voir vous corrompre dans un rôle ingrat : claquez la porte de Matignon, envoyez promener ce pouvoir malfaisant, sauvez votre âme, sauvez votre place dans l’histoire de notre pays. Montrez à tous que vous ne voulez plus vous prêtez à l’entreprise démoniaque qui déroule son plan sous nos yeux. Quittez les ennemis de la France, revenez au milieu des Français : quand l’impopularité est maximale, on ne parvient plus à retourner l’opinion, c’est mort. C’est au service des Français que se situe l’avenir, parce qu’aujourd’hui, ils n’en peuvent plus de se faire taper sur la tête. Et demain, ils le feront payer cher à leurs tortionnaires d’aujourd’hui. À bon entendeur…

Olivier Piacentini