Jean-Luc Mélenchon aurait pulvérisé le vieux Le Pen, c’est une erreur d’avoir refusé ce débat !

Chaque jour qui passe me confirme mon diagnostic, maintes fois émis dans Riposte Laïque : Jean-Luc Mélenchon, ce formidable combattant, ce représentant d’une gauche authentique, n’a pas l’entourage qu’il mérite. Je ne veux pas paraître paranoïaque, mais il m’arrive de me demander parfois si sa campagne n’est pas sabotée de l’intérieur. Je ne décolère pas depuis que je viens d’apprendre que, sans doute sous l’influence de Delapierre, Corbière et Autain, le président de Parti de gauche vient de refuser le débat télévisé sur France qui devait l’opposer à Jean-Marie Le Pen. Quelle connerie, mais quelle connerie !

Le père de Marine Le Pen, qui avait gravement insulté Jean-Luc, le qualifiant de voyou, l’avait menacé de le mettre en caleçon, s’il acceptait ce débat. Ce vieil anti-communiste prétendait montrer que le PCF, qui soutient la candidature de Mélenchon, avait du sang sur les mains. On va avoir bonne mine, nous qui avons qualifié la présidente de FN de dégonflée, maintenant qu’on refuse ce débat. Mais là n’est pas le plus grave. Je reproche aux conseillers de mon candidat d’avoir gravement sous-estimé sa capacité à pulvériser ce vieux facho de Le Pen, dans la première confrontation qui les aurait opposés. A mon avis, Jean-Luc aurait été cent fois meilleur que Tapie en 1986, avec le même résultat : il aurait fait du petit bois de l’admirateur de Brasillach et de l’adepte du détail !

Pourquoi avoir refusé ce débat ? Une fois que Le Pen aurait parlé du goulag, des chars soviétiques, du pacte germano-soviétique, de la Corée du Nord et de tout son arsenal anti-communiste, Jean-Luc aurait eu beau jeu de lui renvoyer dans les dents tous les collabos qui ont participé à la création du FN, son soutien au coup d’Etat de Pinochet, à l’apartheid d’Afrique du sud, au modèle ultra-libéral de Reagan-Thatcher, sans oublier un petit rappel sur le « détail » et sur « Durafour crématoire ». Le discours social du candidat de Front de gauche n’aurait fait qu’une bouchée du milliardaire Jean-Marie Le Pen. Je suis convaincu qu’ainsi, nous aurions pu récupérer sans problème le vote de dizaines de milliers d’ouvriers, qui auraient vu la réalité, et ce qui séparait le Front national du Front de gauche. Le système, lui, ne s’y trompe pas, l’adversaire, c’est Mélenchon ! Sinon, comment expliquer que tous les meetings de Marine Le Pen soient retransmis à la télévision, et jamais aucun du Front de gauche, qui, pourtant, remplit autrement les salles !

Mais nous ne pouvons pas gémir, sans nous interroger sur nous-mêmes. Je suis vraiment de plus en plus déçu par cette campagne. On passe à côté de tout, et c’est pourquoi on ne récupère le vote ouvrier et populaire. Première erreur, la plus grosse, on a fait dire à Jean-Luc qu’il voterait Strauss-Kahn, au deuxième tour. Mais qui a pu lui souffler de dire un énormité pareille, face à Marine Le Pen, qui n’attendait que cela ! Et ensuite, tout s’est accumulé. Au lieu de faire comme Jacques Nikonoff, ancien président d’Attac, et président du MPEP, et de réclamer une sortie de l’Union européenne, on a abandonné ce terrain à la seule Marine Le Pen, et on paraît être les béquilles du système. Au lieu de faire comme Georges Marchais en 1981, demander l’arrêt de l’immigration, ce qui est quand même le bon sens avec 5 millions de chômeurs, on fait du mauvais Besancenot, et on réclame toujours plus d’immigrés… comme Laurence Parisot, d’ailleurs ! Au lieu de lutter contre le halal, cette sotte de Clémentine Autain a fait le coup du racisme, laissant, là encore, le terrain à la seule Marine Le Pen, qui ramase la mise. La semaine dernière, on publie du Mikis Théodorakis, qui est sans doute un bon mucisien, mais aussi un antisémite de compétition ! Et après, on prétend être crédible on allume la fille Le Pen sur Brasillach ! Comme s’il n’y avait pas d’autres défenseurs du peuple grec un peu plus présentables. Et maintenant, on se déballonne devant Le Pen, au lieu de laisser Jean-Luc le massacrer ! J’en ai marre !

Si Marine Le Pen fait de tels scores dans les sondages, c’est à cause des conseillers de Jean-Luc Mélenchon. Je tiens à préciser que je voterai pour ce dernier, quoi qu’il arrive, le 22 avril, mais s’il n’était pas au deuxième tour, ce qui me parait probable, je ne voterai jamais pour François Hollande, parce que je n’ai jamais voté à droite de ma vie, et que ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer.

Joël Locin

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