Jean-Marie Le Pen, un vieux lion prêt à dévorer son enfant…

jeanmarielepen2J’ai toujours eu une certaine admiration pour le combat de l’homme Jean-Marie Le Pen.
Même si je suis loin de partager toutes ses idées et toutes ses phobies, il a longtemps été pour moi l’archétype de l’homme politique resté fidèle à ses idéaux de jeunesse. C’est pourquoi je l’ai toujours mis sur un pied d’égalité par exemple avec une Arlette Laguillier qui, elle non plus, n’a jamais varié dans ses engagements et a consacré toute sa vie à la défense des travailleurs.
Il faut cependant croire que la défense de la France et des Français de coeur est un exercice autrement plus vaste et plus ardu. Ses dernières déclarations, largement exploitées par une classe politico-merdiatique toujours à l’affût de ses traditionnels « dérapages » avec une gourmandise qu’elle ne dissimule même plus, n’apportent pourtant rien de neuf à la connaissance que l’on peut avoir de l’homme et de ses obsessions.
Mais elles sont pain bénit pour l’UMPS et ses satellites qui observent avec une anxiété grandissante les succès électoraux du Front National à chaque nouveau scrutin. Je n’en veux pour preuve que le déferlement médiatique qui a suivi d’abord son interview par ce vieux renard de Jean-Jacques Bourdin et ensuite la publication de ses derniers propos par le journal Rivarol où l’intéressé continue de surfer de manière provocatrice sur l’histoire de la deuxième guerre mondiale.
En fait, Jean-Marie Le Pen, qui a sans nul doute eu du mal à passer la main aux jeunes générations (même s’il s’en est mollement défendu), entendait sans doute continuer de faire régner son ombre tutélaire sur l’oeuvre de toute une vie, au poste de Président d’Honneur du FN. Il est comme ces chefs d’entreprise, ces patrons de PME, pour qui abandonner l’outil qu’ils ont créé en d’autres mains que les leurs constitue un véritable déchirement…
Las, son « enfant » lui échappe et, fait sûrement plus grave à ses yeux, a l’air de s’émanciper et de réussir mieux que son géniteur à séduire l’électorat, malgré les salves nourries que lui envoient ses adversaires politiques. Cette réussite à un nom : Marine Le Pen, assistée par une nouvelle génération de cadres brillants et motivés et bien décidée à conquérir le pouvoir jusqu’à l’accession à la magistrature suprême.
Cela, Jean-Marie Le Pen a visiblement du mal à le supporter et, sauf à penser qu’il s’agirait d’une stratégie habilement concertée avec sa fille, montre aujourd’hui sa fatigue plus que sa colère en tentant de prouver à ceux qui, même au sein de sa famille politique, en douteraient que le vieux lion peut encore mordre et qu’il ne veut pas mourir.
Le Front National se trouve donc aujourd’hui à un tournant de son histoire. La situation de la France est gravissime, notre pays est au bord du gouffre et seule une formation politique identitaire, patriote et bien décidée à employer tous les moyens légaux pour le redressement de la Nation peut nous sortir du piège infernal où nous ont précipité l’Europe atlantiste et les partis à sa botte. Il doit donc prendre la bonne décision, même s’il doit du passé faire en quelque sorte « table rase ».
Bernard Campan

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