Jean-Pierre Jouyet : un ectoplasme européiste de l’UMPS

Publié le 12 novembre 2014 - par - 1 004 vues
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JouyetJean-Pierre Jouyet est au cœur d’une tempête politicienne, et sa démission de secrétaire général de l’Elysée est demandée. Il aurait confié à deux journalistes du Monde, auteurs de « Sarkozy s’est tuer », que François Fillon (dont il fut le secrétaire d’Etat en 2007) lui aurait demandé d’accélérer les démarches judiciaires contre Sarkozy, pour empêcher l’ancien président de la République de revenir au premier plan.

Peu importe que cela soit vrai ou faux, même si j’aurais tendance à croire logique que Fillon, dans un monde politique où la fin justifie les moyens, et donc où les coups tordus succèdent aux trahisons, ait eu effectivement intérêt à tout faire pour empêcher Sarkozy de revenir. C’est vrai qu’ensuite, un face-à-face Fillon-Juppé aurait fait vibrer les Français !

Ce qui est étonnant, c’est que personne n’insiste beaucoup sur la personnalité de Jean-Pierre Jouyet. Il a fait l’ENA en même temps qu’Hollande et Ségolène Royal. Il est considéré comme un ami intime du couple. Il a fait toute sa carrière dans les cabinets ministériels, à Paris ou à Bruxelles, où il sera directeur de cabinet de Jacques Delors en personne.

Il a naturellement été très actif dans l’entrée de la France dans la zone euro… avec le résultat que chacun constate, ce jour.

En 2007, lors de la candidature de Ségolène Royal, il lance l’appel des Gracques, appelant ouvertement à une alliance PS-UDF. Il est récompensé par Sarkozy en personne, qui le nomme, dans son premier gouvernement, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, sans doute pour mieux préparer la signature du traité de Lisbonne, et la signature, main dans la main UMP-PS, et donc la trahison du vote de 2005.

Curieusement, alors que tout le PS se déchaîne contre Besson, Kouchner ou Fadela Amara, Jouyet est totalement épargné par les critiques. On ne peut que s’interroger sur une chose : un homme aussi proche de Hollande était-il un secrétaire d’Etat loyal, où une taupe que Sarkozy a été assez stupide pour introduire dans son gouvernement ?

Il poursuit une brillante carrière à la tête de l’Autorité des Marchés Financiers, en 2008. En 2012, voulant se mettre en avant, il annonce la nomination d’Ayrault à Matignon avant que cela ne soit officiel. Pas rancunier, son copain Hollande le fait nommer directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations, avant de devenir, en avril 2014, secrétaire général de la Présidence de la République.

Il se distingue également, à l’époque, en qualifiant le mythique centre sidérurgique de Florange de « canard boiteux », obligeant là encore Hollande à voler à son secours.

Ajoutons que ce vaillant socialiste est l’époux de Brigitte Taittinger, dont la fortune le met à l’abri du besoin.

Voilà donc qui est l’ectoplasme par qui le scandale est arrivé, la plus parfaite caricature de l’énarque technocrate européiste, qui aurait aussi bien pu se retrouver à l’UMP s’il n’avait été l’ami intime de Hollande !

A part cela, qu’il soit viré ou pas, on ne s’inquiète pas trop pour son avenir. Chez ces gens-là, on ne subit jamais les conséquences des politiques qu’on mène, cela, c’est bien bon pour ces idiots de sans-dents.

Lucette Jeanpierre

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