Jean Raspail et les censeurs

Publié le 19 décembre 2011 - par - 1 077 vues
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A la suite de la énième réédition début 2011 du roman « Le Camp des Saints », paru initialement en 1973, son auteur Jean Raspail a fait l’objet ces derniers mois d’un véritable lynchage médiatique par la horde veule des journalistes, sociologues et artistes politiquement corrects; au prétexte que ce livre serait raciste. On aimerait voir les intellectuels français oser s’en prendre aux véritables ordures racistes: par exemple le régime islamiste soudanais, génocidaire des tribus noires du Darfour. Mais, outre que nombre de nos intellectuels ont toujours été fascinés par les totalitarismes -quand ils n’ont pas collaboré avec le nazisme, ils furent les compagnons de route du communisme- lesdits intellectuels se sont toujours caractérisés par leur lâcheté: Desproges ironisait sur ces artistes « engagés » qui osent « critiquer le Chili à moins de 10000 kms de Pinochet »… Aujourd’hui ce sont les islamo-fascistes qui bénéficient de la complaisance servile de nos maîtres du prêt-à-penser. Aussi, il est bien plus facile et bien moins risqué de jouer les héros et redresseurs de torts en attaquant un inoffensif et très courtois écrivain de 86 ans, amoureux de la langue française et chantre des peuples disparus.
Feignant de dénoncer une extrême-droite imaginaire en la personne de Jean Raspail, les commissaires politiques de la vertu antiraciste recyclent les méthodes et les arguments de la véritable extrême-droite: le procès d’intention systématique, la délation à la mode vichyste, la pulsion de censure et le désir irrépressible d’autodafé. La bien-pensance pseudo-antiraciste est véritablement devenue le fascisme du XXIème siècle. Ceux qui le diffament n’ont rien compris ou rien voulu comprendre à Jean Raspail. Sans doute ne l’ont-ils même pas lu et se contentent-ils de hurler avec les chacals. En effet, dans le « Camp des Saints », Raspail ne prétend en aucune façon à une quelconque supériorité de la civilisation européenne sur les autres civilisations du globe (ce qui serait indéniablement raciste); au contraire, il décrit la disparition de cette civilisation européenne face à un envahissement pacifique en provenance d’un Tiers-Monde juvénile et démographiquement conquérant.
Raspail, grand voyageur, infatigable explorateur et ethnologue avant d’être écrivain, a bâti toute son œuvre comme un plaidoyer pour la survie des ethnies et des cultures menacées de disparition. Par exemple, dans le poignant « Qui se souvient des hommes? », où l’anthropologie le dispute à une poésie crépusculaire, Raspail pleure l’anéantissement du peuple des Alakalufs, dernière civilisation amérindienne de Patagonie, inexorablement envoyée aux oubliettes de l’Histoire par l’expansion coloniale occidentale.
A cet égard, le « Camp des Saints » est dans la même veine: celle de la narration d’une civilisation qui meurt. Sauf que cette fois il s’agit du récit de NOTRE civilisation qui disparaît, davantage par un suicide culturel et démographique que par une invasion guerrière.
C’est pourquoi il est urgent de lire (ou de relire) le « Camp des Saints »: à l’heure où les révoltes des peuples arabo-musulmans contre leurs tyrans corrompus et sanguinaires portent au pouvoir des fondamentalistes musulmans et jettent des millions de réfugiés sur les chemins de l’exil, ce livre, qui fut un livre d’anticipation, devient le roman ou plutôt la chronique de l’actualité. A la fin du livre de Raspail, alors que l’Europe sombre, la radio diffuse le « Requiem » de Mozart… Le « Camp des Saints » est le requiem de la civilisation européenne, donc de la civilisation occidentale. Comme tout requiem, il est beau et triste à la fois. Comme tout requiem, il incite au respect et au recueillement. Comme tout requiem, il est conchié par la fanfare des cuistres et les incultes.

Marc Nièvre

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