Jean Robin : un prétendu patriote qui tire sur les résistants

Publié le 21 juin 2014 - par - 1 927 vues
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Ri7RobinJean Robin s’est fait connaitre (relativement) du grand public en dénonçant de manière tonitruante un plagiat de Thierry Ardisson en 2005. Mais c’est avec son site d’investigation et de conférences Enquête et Débat fondé en 2010 que Jean Robin se fera vraiment connaitre comme journaliste et éditeur (sa maison d’édition Tatamis voit ses livres régulièrement promus par le site). Enquête et Débat se veut un média indépendant qui souhaite faire triompher la pluralité des points de vue, la promotion des personnalités méconnues, l’anticonformisme et la liberté d’expression totale. Voyons comment il considère et traite les vrais patriotes ainsi que les personnalités réellement anticonformistes.

Il s’était déjà tristement distingué en descendant Richard Millet à l’occasion de la polémique qui avait suivi la sortie de son essai Langue fantôme, suivi de Éloge littéraire d’Anders Breivik. Mais au moins, à cette occasion, il s’était borné à une critique de l’ouvrage, certes subjective, mais réglementaire. Cette fois, sa nouvelle cible est Laurent Obertone dont l’essai La France Orange mécanique sorti en 2013 est en passe de devenir un best-seller et dresse un état des lieux de la criminalité violente en France. Après un relatif silence lors de sa sortie, les médias ont donné le ton pour charger Obertone : Aymeric Caron dans l’émission de Laurent Ruquier, Médiapart, le MRAP, tous se sont donné le mot pour l’abattre, le salir, le couvrir d’anathème fascisant. Cela était attendu et est presque normal. Dans le même temps, une polémique dans la polémique naissait avec la possibilité qu’Obertone soit l’auteur d’un blog jugé racialiste Le pélicastre jouisseur. Et que fit Jean Robin dans cette affaire ? Allait-il, conformément à son engagement patriotique (car le propos d’Obertone va dans le sens d’une défense de la France quoi qu’on en pense) et anticonformiste (puisque la majorité médiatique est contre lui) le défendre ? Du tout, au contraire, Jean Robin des bois allait hurler avec les loups, participer à la polémique vaseuse du pélicastre (sans même avoir le courage de prendre position sur le fond), défendre les thèse du système en place sur le niveau de l’insécurité (en citant un sociologue de sa connaissance qu’il ne nomme pas, tant pis si des criminologues réputés comme Xavier Raufer et François Haut disent le contraire, chiffres à l’appui) et, pire que tout, refuse de se prononcer sur le livre lui-même qu’il n’a pas lu. Pour la déontologie journalistique et le courage, on repassera !

Il est vrai que Jean Robin avait refusé de publier un précédent essai d’Obertone dans sa maison d‘édition (un essai parait-il très racialiste et nauséabond selon Robin, admirez le vocabulaire de novlangue du système !). Et qu’aucun des livres de Robin en tant qu’auteur n’ont eu un grand succès. Doit-on en déduire une crise aigue de jalousie et de frustration ? Je n’oserai franchir un tel pas et préfère garder une prudente réserve à ce sujet. En fait, cet évènement ne fait que révéler la fumisterie du positionnement de Jean Robin qui se plait beaucoup (et ne fait même que ça la plupart du temps) à dénoncer les gens et organismes du système (un terme décidément beaucoup employé à tort et à travers par la réacosphère y compris par votre serviteur, mais là dans un but de boutade) alors que lui-même répète très souvent l’idéologie officielle (oserai-je dire la propagande) du système (soit ceux qui sont au pouvoir) : il est contre tout débat sur les races et antiraciste au sens idéologique des associations SOS racisme et MRAP (qu’il récuse mais uniquement parce qu’elles sont de gauche et non pour leur positionnement de fond), il est pacifiste et anti-guerre (je n’ai pas vraiment conscience d’une forte incitation à la guerre dans les médias dominants), il est violemment antichrétien et ce pour des raisons plus que douteuses (vous savez, toujours l’histoire d’un prêtre pédophile impossible à vérifier et puis il parait que les catholiques font du bourrage de crâne perpétuel, Jean Robin semble très doué pour dire à la place des gens comment ils vivent), il est bien sûr favorable au multiculturalisme et au vivre ensemble (là, je crois que ça se passe de commentaire). Bref, dans le fond, et aussi très largement sur la forme, Jean Robin est de gauche, d’ailleurs, c’est de là qu’il vient politiquement puisqu’il fut chez les Verts.

Certes, il s’oppose à la gauche sur les domaines socio-économiques (qui sont certes importants mais largement insuffisants pour une société), mais il s’y rallie sans problème sur l’ensemble des domaines sociétaux et éthiques. Et manifestement, les personnalités engagées en politique ne changent pas réellement ni fondamentalement (sauf quelques ovnis exceptionnels comme Guillaume Faye ou feu Louis Pauwels). De même que Soral le marxiste et tiermondiste est resté de gauche, de même Jean Robin le libertaire et anarchiste (il faut appeler un chat un chat) est resté de gauche.

Enfin, signalons que même sur son sujet fétiche de la liberté d’expression, Jean Robin est très aléatoire. En effet, il y a pour lui des sujets à éviter (les races humaines et le racialisme dans un sens critique de la définition officielle), des personnalités à ne pas interviewer (tous ceux qu’il n’aime pas à commencer par, sans trop se mouiller, Laurent Obertone) et, surtout, des choses à ne pas vraiment dire à son sujet comme des critiques ou l’énoncé de défauts. Pire que cela, Jean Robin vient d’être pris la main dans le sac  en flagrant délit de contradiction : lui qui n’a cessé de dénoncer la propension des personnalités publiques à intenter des procès à autrui pour des raisons futiles, voilà que lui-même vient de céder à cette mode apparemment plutôt séduisante et de déposer plainte à l’encontre de Christine Tasin pour menace de mort… qui n’en est pas une. L’objet du délit serait un article de Riposte Laïque mettant en cause les faux patriotes (Jean Robin s’y est manifestement reconnu) et parlant de douze balles dans la peau à infliger aux traîtres à la libération de la France. Un propos évidemment malhabile, exagérément guerrier et d’ailleurs nuancé aussitôt après par une réprobation de ce type de méthode, mais qu’importe, cela a vexé Jean Robin et Jean Robin a décidé de sévir par voie de justice interposé.

Je rappelle que Jean Robin s’est déjà dit à plusieurs reprises favorable à une liberté d’expression totale y compris en cas de menace de mort et hostile à la judiciarisation du débat. Bref, faites ce que je dis, pas ce que je fais. De plus, rappelons que Riposte Laïque n’est pas vraiment un organisme gavé de subventions et est sous le coup d’une condamnation de la justice. Donc, en plus, il s’attaque à des faibles. Très classe ! Déjà, l’année dernière, son application i-phone « Observer la loi » avait porté un sacré coup de canif dans l’image du brave reporter anti-système (en plus d’être une incitation à la dénonciation policière et idéologique à l’Etat digne de l’Union soviétique). En bref, Jean Robin a parfaitement démontré qu’il était quelqu’un de faux, démagogue, opportuniste et lâche. Quant à Enquête et débat, qui était relativement impertinent et équilibré à ses débuts, il tend de plus en plus à être un nouveau Mediapart ou Nouvels Obs. Il est donc évident de conclure que Jean Robin n’est pas un patriote, ni un anticonformiste anti-système, ni même un défenseur impartial en matière de liberté d’expression.

Ce texte était autant un cri du cœur qu’un constat lucide et réaliste sur l’état du petit monde de la réacosphère, toujours prompt à se dresser contre le reste du monde, mais pas suffisamment à faire le ménage en son sein. Si nous voulons réellement changer le monde dans notre optique et faire la différence par rapport à nos adversaires, il est important de déceler les faux-amis qui nous nuisent profondément et souvent nous décrédibilisent, quitte pour cela à nous couper de gens en qui nous avions placé certains espoirs. Surtout, il importe de garder un sens critique aiguisé, y compris vis-à-vis de nos alliés, réels ou supposés, et aussi vis-à-vis de nous-mêmes.

François Préval

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