Jeannette, j’en ai marre que tu me prennes pour une hystérique !

Publié le 15 août 2018 - par - 12 commentaires - 1 410 vues
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Grouille-toi Jeannette, ta maison brûle.
Parfois je me joue un film dans la tête, j’imagine que tu es en vacances, seulement partie faire des courses, en train de jouer au tennis ou simplement de faire la sieste. Tes enfants sont seuls à la maison.

Je pense – non ? – que tu laisserais choir ton sac de courses, ta raquette, ou que tu te réveillerais en sursaut pour venir les secourir. J’ai tort ?
Eh bien, ce n’est pas seulement ta maison qui s’embrase, mais aussi celle du voisin, et l’épicerie du coin. Et même celle du marchand de journaux, une maison encore plus loin. Ouh la la, mais c’est tout le quartier qui flambe, j’ai même entendu dire que la ville prenait feu de toute part…
Je prends mon téléphone et je t’appelle pour te prévenir. Tu bondis dans le premier taxi venu, les enfants sont sauvés. Alors, tu me remercies, je suis devenue ta meilleure alliée, ta confidente, ton amie de cœur. J’ai raison ?

Mais voilà, ce n’était qu’une anecdote récréative. Un conte de fées. Un feuilleton à l’eau de rose. Une fiction de charme. Une chansonnette de Sœur Sourire. Un badinage futile. Un roman de gare. En réalité, il n’y a pas que la ville qui brûle, c’est le pays tout entier. Et même le voisin de gauche, celui de droite, celui du Nord (au Sud, c’est la Méditerranée. Elle ne brûle pas, mais là, c’est encore pire). Plus personne pour venir éteindre, ça crame partout. Les flammes dévorent des paysages entiers, bientôt réduits en cendres. Je t’appelle, je hurle, je fais des grands gestes, j’utilise un sifflet, un porte-voix et toi, tu ne viens pas. Tu poursuis ton match, ramasses tes balles sereinement. Au supermarché, tu continues de choisir soigneusement tes fruits et tes légumes, à réfléchir si, ce soir, ce sera du poulet ou des pâtes, et si tu faisais la sieste, mon appel ne t’impressionne pas le moins de monde, tu te retournes et te rendors.
Est-ce que tu comprends ce que je veux te dire ?
En 1939, les lanceurs d’alerte, on les arrêtait. En 1945, on les a tous décorés.

Je veux une médaille ! Une promotion et les félicitations du gouvernement !

Et je ne veux plus avoir peur de recevoir une baffe dans le bus si je demande à une moukère de braire moins fort dans son smartphone dernier cri. Une baffe ou pire encore.
Comment faire pour que tu comprennes ? Pour que tu arrêtes de faire comme si rien ne se passait ?
Et surtout, que tu arrêtes de me prendre pour une hystérique et d’espacer de plus en plus nos rencontres, de ne plus répondre à mes messages houatezappes. C’est vrai, tu préfères la péroreuse qui, l’autre soir à table, en foutait plein la gueule à une pauvre fille en vantant ses croisières aussi luxueuses que merdiques et que je considère comme une authentique salope. Tu préfères boire le thé avec elle plutôt qu’avec moi qui suis tout de même plus marrante. Pourquoi ? Parce qu’elle se tait ? Qu’elle fait semblant, comme toi et tous vos amis, avec qui vous partez en week-end et discutez des scores du dernier round of golf ? (J’oubliais : et des résultats scolaires mirifiques de vos enfants respectifs ?)
Mais ça crame ! Bientôt, vous pourrez lâcher vos clubs, ils serviront à nos invités forcés quand ils n’auront plus ni couteaux, ni bombes, ni véhicules fous. Le Callaway Big Bertha (*) est parfait pour vous démolir un ennemi d’Allah !

(*) Je n’y connais rien, j’ai cherché sur Internet.

Suis-je naïve ? Ou idiote ? Quand, sur mon écran plat (aussi plat que les conneries qu’on y débite), je vois des gens qui s’entretiennent avec passion de sujets tels que la culture du rutabaga à col rouge ou le sauvetage du cloporte commun, je me demande si, eux aussi, ils savent que ça crame. Ils n’ont peut-être pas d’amie pour les prévenir ou pas de téléphone ? S’ils savaient, ils en parleraient et remettraient ces sujets à une date ultérieure ! Je me trompe ?
Il sera toujours temps de reprendre la discussion quand tous les crampons auront enfin quitté le pays. Mais aujourd’hui ? Si on parlait de ce qui se passe VRAI – MENT ?

Anne Schubert

P.S. : je profite de cet article pour répondre à une lectrice de conviction coranique que je n’arrive plus à retrouver dans la foule des commentaires qui me sont adressés. Elle me reproche de traiter ses coreligionnaires de « fatmas ». C’est très simple, madame, si vous vous déguisez en fée clochette, je vous appelle clochette et si vous vous déguisez en pingouin, eh bien, je vous appelle fatma. OK ?

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Notifiez de
Jacques Barrio

Anne Schubert, vous avez choisi de vous battre contre l’envahisseur, comme l’ont fait les premiers résistants en 1940. Vous avez choisi d’etre une guerrière au lieu de vous soumettre. Votre arme, pour le moment du moins, est la plume, et vous la maniez très bien. Quand on se bat, on donne des coups, mais on en prend aussi. Vous allez être attaquées sans répit, de tous cotés.Considérez cela comme un honneur. Des gens, des anonymes lecteurs comme moi vous soutiennent. Vive la Résistance !

Drake

« je vois des gens qui s’entretiennent avec passion de sujets tels que la culture du rutabaga à col rouge ou le sauvetage du cloporte commun, je me demande si, eux aussi, ils savent que ça crame »… Paraît que dans l’temps, à Constantinople, avant que ça tombe aux mains des musulmans, y discutaient du sexe des Anges… à ce qu’y paraît…

J-J Tatie

Bonjour Anne, votre P.S. est vraiment désobligeant pour les pingouins ! De plus je porte, souvent, un costume et, pour aller avec, un noeud pap’.

josiane Filio

Bravo Anne,
Gardons précieusement ce genre de témoignage, qui vaudra preuve en or, lorsque sera venu le temps des règlements de comptes… qui tarde peut-être à venir, mais qui viendra, j’en suis persuadée.
Preuve que sur RL et particulièrement dans cet époustouflant texte, nous ne cessons d’alerter ceux qui persistent à jouer les autruches malgré nos hurlements incessants.
En plus, c’est dit avec tellement d’humour… Je partage.

topinembourg

Nous , les lucides de la famille patriote , en faisons tous l’expérience parmi notre entourage (famille, amis, collègues, voisins) : nous sommes entourés de somnambules qui planent en apesanteur au dessus du Réel , nous crions dans le désert , nous époumonnons en vain .Sans les sites de réinformation tels que RL ,FdeSouche, BV, TV Liberté(de grâce qu’on ne me censure pas pour avoir cité la « concurrence »), où je constate que je ne suis pas seul, je croirais que je suis fou.

Joël(1)

(Bisous Anne) Permettez… Il est des moments ou je palpe très réellement la réalité sociologique de la situation économico-politique en France! Les villes deviennent des bouges où il ne fait pas bon rentrer en transport en commun, fusse la journée! Même dans les villes moyennes l’infection muzz se décode! Les visages tourmentés aux comportements en permanence excentrique se pérennisent nécessitant une attention de tous les instants! Ils sont là!! Primaires, incultes, sans lois!

Jacques Barrio

Joel je suis d’accord, mais à la fin vous dites que nos envahisseurs sont « sans lois ». En fait ils ont une loi, c’est celle du Coran, la Charia. Un de leurs slogans dans les manifs est  » L’Islam est notre loi, le Coran notre constitution ». Un des chefs des Frères Musulmans, aussi star de la Télé en Arabie Saoudite, Al Qaradawi, a dit :  » Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons; avec nos lois coraniques,nous vous dominerons ».

BERNARD

Janette ou Mariane ? Celle-ci aussi est aveugle.. un peu comme la justice.

Plutôt qu’un driver « big bertha » tes feraient mieux d’acheter un big beretta..

Clotilde prouvot

Quand la gentille boulangère se fait agresser un après-midi par un petit jeune … Et que peu de temps après. .. elle ferme boutique… que
dire ? Je pense à son gentil sourire timide.
Son pain était si bon que des clients venaient de quartiers lointains.
Deux petits cafés sans façon avec terrasses sur le trottoir bordées par des jardinières ont été remplacés -et le fleuriste aussi -par des immeubles en béton.
Ma France…

Виктор Владфмирович (Viktor Vladimirovich)

« Tout va très bien Madame la Marquise, pourtant il faut que l’on vous dise, on déplore un tout petit rien, la mort de votre jument grise. Elle a péri dans l’incendie qui détruisit vos écuries. Si l’écurie brûla c’est que le chateau était en flammes. Mais à part ça, tout va très bien. » C’est du moins ce que l’on entend quotidiennement sur nos merdias, quand il n’y a pas un pont qui s’écroule, une canicule, une coupe du monde, etc…, pour faire le buzz, en boucle. Elle est pas belle la vie !

Markorix

Ça incite, ça incite, bien joué. Avant j’avais peur qu’on me traite d’ « obsédé », maintenant non, je hurle ma dose d’alerte tous les jours!

Jacques Barrio

Moi aussi, Markorix, mais peu de gens nous écoutent. Ils préfèrent, comme on dit,  » les mensonges qui rassurent à la vérité qui dérange ». Mais je continue, avec obstination, en espérant que nos concitoyens se réveillent un jour.