J'en ai marre de me faire traiter de facho par des minables

valls-en-campagne« Je ne nie pas l’histoire, mais je n’y étais. » faisait dire Alfred de Musset à l’un des personnages de sa pièce Lorenzaccio.
Que ce romantique au verbe si élevé me permette de dire à mon tour ceci : les électeurs « républicains » l’ont précisément niée… l’Histoire.
Accusé de tous les maux, le Front national, certes pas une oie blanche en politique, ne peut cependant pas se vanter d’un pedigree aussi « prestigieux » que ces partis de la vertu !
Je m’explique :
Gauche-Droite confondues, ils / elles croulent sous le poids des affaires et, au lieu de faire acte de contrition en disparaissant du paysage politique, ils / elles s’enracinent, osant nous parler de morale républicaine là où il s’agirait plutôt d’une nébuleuse mafieuse. Et ça ne date pas d’hier…
Il y a quelques mois, sortait au cinéma un film – La French, de Cédric Jimenez –  relatant le combat du juge Pierre Michel contre le grand banditisme à Marseille, alors plaque tournante du trafic d’héroïne, avant d’être abattu en pleine rue le 21 octobre 1981.
Librement inspiré de faits réels – comme stipulé –, le film de Jimenez n’en est pas moins intéressant du point de vue desdits faits, particulièrement lorsqu’il suggère des connivences entre le crime organisé et un certain Gaston Defferre, lequel, d’abord pressenti comme Premier ministre, deviendra, en 1981, ministre de l’Intérieur à sa demande[1] sous le gouvernement de Pierre Mauroy. Poste qu’il occupera aussi sous le gouvernement Fabius.
On pourrait mettre commodément ce crime sur le compte du banditisme, mais certaines épines restent désespérément plantées dans ce dossier. François Cecchi, le  tueur – en liberté conditionnelle depuis 2014 –, dans un entretien accordé au journal La Provence a déclaré en 2010 : « On m’a toujours interdit de parler aux journalistes. J’ai même dû signer un papier interdisant les interviews, si jamais un jour je retrouve la liberté. […] j’affirme qu’en ce jour d’octobre 1981, j’étais persuadé de participer à un simple règlement de comptes entre voyous. […] Beaucoup de gens dans ce dossier sont morts. […] »[2]
Parole de voyous me direz-vous, mais tout de même, il est vrai que beaucoup de cadavres jalonnent cette affaire.
Rappelons que Defferre avait été jadis un protégé des Guérini – des figures du Milieu –  avant leur chute. Une fois élu maire, il sut les remercier en leur assurant l’impunité dans leurs affaires, et les Guérini lui auraient rendu de « menus » services. Echanges de bons procédés !
Guérini, un nom prédestiné, même si Jean-Noël – élu et membre du Parti socialiste avant de le quitter en avril 2014 – se défend d’appartenir au clan susnommé, précisons-le. Pourtant, il tient depuis longtemps les Bouches-du-Rhône comme un parrain, notamment la presse, d’après un article paru dans L’Express en février dernier[3]. Jean-Noël collectionne les affaires, et pas des plus reluisantes. Mais qu’importe, il se maintient parce qu’il est démocrate !
Et comme il faut bien taper dans l’autre camp « républicain », Serge Dassault n’est pas en reste. Malgré sa fortune évaluée à 15,8 milliards de dollars américains, selon le magazine Forbes – le fric appelle le fric ! –, il est accusé notamment de blanchiment de fraude fiscale ;  d’achat de voix ;  condamné pour corruption en 1998. Ce qui ne l’empêche pas de trôner au palais du Luxembourg en qualité de sénateur, depuis 2004.
Patrick Balkany, proche de Nicolas Sarkozy, mérite lui aussi de figurer au panthéon de la camorra politique « républicaine ». Ne retenons, parmi ses casseroles, que le détournement de fonds publics dont on l’accuse. Parce que, si copieux soient-ils, ses émoluments d’élu lui permettent difficilement de mener le train de vie qu’on lui connaît. Mais il sourit si bien qu’on lui donnerait le diable – pardon : le Bon-Dieu ! – sans confession !
Je ne parle même pas des mœurs « légères » de Strauss-Kahn ou Alain Rist – décédé depuis – qui, en 2003, écopait de dix-huit mois de prison, dont trois ferme[4], suite à son goût prononcé pour les images pédopornographiques.
« Oui, mais Jean-Marie Le Pen a eu des amitiés avec d’anciens collabos ! » me répondront certains. Alors là, je conseillerais à chacun de s’écraser parce qu’en matière de copinage vichyste et ses produits dérivés tous ont mis le doigt dans le pot de confiture !
Toujours le deux poids, deux mesures : en 1996, Le Pen père, contre le blocus imposé à l’Irak, rendant visite à Saddam Hussein – dont on peut mesurer aujourd’hui tout le bien de sa chute ! – c’était abject. Mais fricoter avec les dictateurs rouges ou, plus près de nous, les théocrates fanatiques d’Arabie Saoudite et d’ailleurs,  c’est so chic !
Je sais, je remue la merde et ça ne sent pas bon ! C’est que je commence à ressentir une certaine lassitude à me faire traiter de facho au prétexte que je ne veux plus faire le jeu de ces gangs politiques qui se prétendent des remparts démocratiques. Depuis de trop nombreuses années, les eaux troubles de ces partis « démocratiques » empuantissent l’atmosphère nationale, toute honte bue. Que ceux qui votent pour eux sachent tout de même qu’à court terme ça revient à un suicide collectif !
Charles Demassieux
[1] A l’annonce de sa nomination, l’humoriste Thierry Le Luron aura cette phrase qui en dit long : « Pour s’occuper du grand banditisme, il valait mieux un spécialiste. »
[2] http://www.au-troisieme-oeil.com/index.php?page=actu&type=skr&news=33500
[3] http://www.lexpress.fr/actualite/politique/marseille-comment-jean-noel-guerini-tient-la-presse_1652061.html
[4] http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20031118.OBS9899/trois-mois-ferme-pour-un-ex-elu-vert.html
 

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