J’étais à la manifestation pour les chrétiens d’Irak au Trocadéro

Publié le 27 juillet 2014 - par - 4 597 vues
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La mobilisation n’était pas spectaculaire, mais les manifestants présents montraient une motivation revigorante.

Il devait y avoir un petit millier de personnes, chrétiennes ou non, ce samedi sur le parvis du Trocadéro, des manifestants sincèrement touchés par le sort des chrétiens d’Irak persécutés et déportés par les islamistes irakiens qui y font régner la terreur.

Nombreux étaient ceux qui arboraient le fameux signe « noun » en signe de solidarité avec les familles chrétiennes dépossédées de leurs maisons en raison de leurs croyances, chassées, menacées de mort si elles ne se convertissent pas ou ne paient pas l’impôt compensatoire, ainsi que le leur ordonne le coran.

Certains chrétiens avaient refusé de venir soutenir leurs frères en raison de la présence de Français un peu trop patriotes à leur goût, puisque le patriotisme, celui pour lequel sont morts leurs grands-pères, leur est désormais devenu odieux et éminemment condamnable. Bien entendu, ces condamnations consciencieuses ne valent que pour les Français, le patriotisme des peuples étrangers étant lui vivement encouragé et applaudi.

Trois ou quatre voilées ont immédiatement attiré mon regard indigné, lorsque quelqu’un est venu m’expliquer qu’elles avaient à cœur de soutenir les chrétiens… Pourquoi pas…

Bien entendu, les journalistes n’avaient pas jugé utile de venir, si ce n’est TV-Libertés, toujours consciencieux et fiables, les autres médias méprisant ostensiblement le sort réservés à la communauté religieuse la plus persécutée au monde. 105 000 morts pour la seule année 2012 reconductibles pour 2013, puis 2014… ce n’est pas avec cela que les médias vont faire grimper les audiences publicitaires de leur journal télévisé. Les massacres de chrétiens, cela ne fait pas vendre, cela ne vaut rien.

Yako Elish, chrétien franco-irakien et co-fondateur de l’association d’Entraide aux Minorités d’Orient, était présent pour gérer les troupes. Quelques chants chrétiens en français se sont élevés, en signe de recueillement, puis d’autres chants, dont une jeune femme maronite d’origine libanaise, debout devant moi, a expliqué qu’il s’agissait d’araméen syriaque, l’une des plus anciennes langues du monde, un patrimoine inestimable.

C’est alors que des Mauritaniens sur le trottoir en contrebas ont commencé à perturber notre manifestation. Le service d’ordre très efficace a rapidement réagi afin de protéger la foule. Ces Mauritaniens étaient là pour réclamer de leur propre ambassade qu’elle assure un recensement qu’ils estiment actuellement inapproprié, faute de quoi ils menacent « le Ministère de l’Intérieur de risques de désordres publics » à Paris. Décidément, la France a une fâcheuse tendance à importer des problèmes qui ne la concernent en rien… Notre recueillement s’en est donc trouvé phagocyté et leur drapeau vert orné d’un croissant et d’une étoile a pris le pas sur l’étendard des chrétiens d’Orient, génocidés dans un silence de plomb.

Les policiers présents, au lieu de les embarquer pour absence de papiers légaux ou même simplement pour troubles à l’ordre public, ont préféré nous demander à nous de nous écarter. La tension et l’agressivité envers nous commençaient à monter, l’affrontement était imminent. Tandis que je filmais la scène, un policier très agacé m’a demandé de m’éloigner parce qu’en filmant je risquais de les énerver. « Madame, vous le faites exprès, éloignez-vous, ce n’est pas la peine de les provoquer ». Un comble ! C’était notre manif, c’est eux qui étaient venus la perturber et c’était à nous de nous éloigner, de reculer, de leur laisser la place et de ne surtout pas les provoquer parce que manifestement ils risquaient de devenir agressifs… comme là-bas quoi ! Le service d’ordre a fait un cordon de protection pour garantir notre sécurité, la police tentant de calmer le petit groupe, tandis qu’un drapeau palestinien se mettait à flotter au vent.

Le meneur mauritanien ne trouvait rien mieux à scander que « non au racisme en Mauritanie ! » et « je suis noir ! Je suis noir ! », un mantra répété durant de longues minutes, devant nos haussements d’épaules incrédules et nos répliques affligées : « mais on s’en fout que tu sois noir ! ».

Passablement agacés par cet empêchement notoire de manifester en paix et par ce drapeau mahométan qui nous narguait, les cris ont fusé « islam assassin ! », « nous sommes tous des chrétiens d’Orient » suivis par des « Hollande assassin ! » et « Fabius assassin ! », qui, à eux seuls ont suffi à ragaillardir ceux qui se désolaient que davantage de chrétiens n’aient pas jugé indispensable de venir soutenir leurs frères chrétiens d’Orient persécutés.

Caroline Alamachère

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Au-Trocadero

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