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Jonathan Destin : innocente victime de sous-éduqués

Le samedi 12 Octobre dernier, un jeune homme de 18 ans, Jonathan Destin, est venu présenter son livre dans l’émission Salut les Terriens. Titre de l’ouvrage : « Condamné à me tuer » (éditions XO ).

Son histoire est tragique : Il y a 2 ans, il a voulu s’immoler par le feu car il ne supportait plus le harcèlement de « camarades » de classe.

Son calvaire a commencé dès le CM2 par des insultes, des coups, et tout a continué au collège, où là s’est rajouté le racket .

Son visage porte maintenant les stigmates de son geste ultime, désespéré, après un calvaire qui a duré 6 ans, une éternité quand on n’a que 18 ans ! Et pendant 6 ans de supplices, il s’est tu !

Honte à ces jeunes barbares, honte à ceux qui ont vu et qui n’ont rien dit !

Honte à ces enseignants qui ont minimisé ou n’ont pas voulu voir!

Les victimes indisposent toujours car elles renvoient une image peu flatteuse de notre société qui par ailleurs, pour cacher ses faiblesses, s’engage à grand renfort de publicité ou plutôt de tapage dans de grands projets aux 4 coins du monde, au nom de la fraternité universelle.

Mais la fraternité au sens propre du terme ça commence dans la famille, entre frères et soeurs sous l’égide des parents ! C’est aux parents qu’il appartient d’inculquer aux rejetons les bases d’un savoir-vivre ensemble !

Honte donc en priorité à ces parents qui n’assument pas leur devoir en matière éducative et qui attendent tout de la société  !

Aldo Naouri, dans un livre paru en 2008  « Eduquer ses enfants -L’urgence d’aujourd’hui  » nous indique que les conditions sociales n’expliquent pas tout …que l’amour ne suffit pas …et que ces enfants difficiles à problèmes sont des enfants mal élevés …

Il craint que devenus adultes, ces mêmes enfants, pour lesquels les parents ont failli à leur tâche, nous amènent une société qui « risque de devenir ingouvernable « .

Le mal est déjà bien avancé si l’on en juge par les chiffres suivants :

-14 % des enfants ne se sentent pas en sécurité au collège.

-10 % sont victimes de harcèlement et certains finissent par en mourir .

L’école est un lieu où tous les jeunes devraient se rendre avec plaisir, sans craindre pour leur sécurité pour profiter au mieux de l’enseignement dispensé. C’est loin d’être évident. Et le cas de Jonathan Destin, bien sûr extrême, n’est pas un cas isolé. Chaque jour, nous découvrons avec horreur des faits terribles de violences perpétrés par des jeunes sur d’autres jeunes.

Une solution, comme on l’entend seriner depuis quelques années, serait déjà de rétablir l’enseignement de la morale dès l’école primaire. Pourquoi pas, même si certains taxent cette intention de désuète et on peut les comprendre. Mais à elle seule, une telle mesurette ne saurait résoudre un problème de violence aussi grave.

Il serait plus logique et plus important de prendre le mal à la racine, c’est à dire au sein de la famille, et chercher des mesures efficaces à mettre en oeuvre pour que les parents se réapproprient l’autorité auprès de leurs enfants pour ne pas en faire des sous-éduqués, avec toutes les conséquences déplorables voire dramatiques qui peuvent en découler pour les autres et pour eux-mêmes…

Bien sûr, j’entends déjà le slogan à la mode : »il ne faut pas stigmatiser « … Alors, comme à chaque fois que l’on entend ce refrain mis à toutes les sauces, il n’y aura pas de suite à espérer…

Pas fous les politiques, il ne faut pas mécontenter les parents : ce sont des électeurs !

Et puis les persécutés étant moins nombreux que les persécuteurs, on aura bonne conscience de ne rien faire…

Je vais acheter le livre de Jonathan par solidarité mais je ne le lirai pas : les marques de la souffrance sur son visage  m’ont suffi, et le malaise ressenti n’a pas besoin d’être revivifié pour que son histoire me touche plus profondément. Hélas, combien faudra-t-il encore de martyrs pour que les choses changent. Il est tellement plus facile de détourner les yeux que de voir et d’agir !

Françoise Lerat