Joué-Dijon-Nantes : Surtout pas d’amalgames…

Publié le 27 décembre 2014 - par - 1 958 vues
Share

bilalEn quelques jours, l’actualité vient d’être jalonnée de faits divers sanglants voire mortels n’ayant, selon Manuel Valls, aucun lien entre eux.

A Joué-lès-Tours, quand un converti à l’islam pénètre avec un couteau dans un commissariat pour y agresser trois policiers ; à Dijon, quand un Français de père marocain et d’une mère algérienne fonce sur des piétons en criant Allahou Akbar : selon Marie-Christine Tatareau, le forcené aurait prononcé ses mots, « comme pour se donner le courage d’agir», annonce cette procureur ! D’ailleurs, il souffre d’une « pathologie ancienne et lourde.  » Ca explique tout, on se sent mieux. Quand à Nantes, une camionnette, encore une, fonce sur le Marché de Noël faisant plusieurs blessés graves et un mort provoqué par un homme de 37 ans, non connu des services psychiatriques, aurait crié Allah Akbar mais… nan-nan, la religion musulmane n’est pas le point commun.

Dans les romans ou films policiers, quand plusieurs meurtres sont commis à intervalles réguliers, les enquêteurs s’attachent à déterminer les liens entre eux, à mettre en lumière les coïncidences, à rassembler les indices convergents, à comparer, à mettre en rapport, à établir le mode opératoire, bref, à faire des amalgames, en quelque sorte. C’est vraiment du grand n’importe quoi.

Dans la vie quotidienne, quand une série de cambriolages a lieu dans un quartier, les habitants vont remarquer les horaires, le type d’infraction, la nature des vols et s’organiser en fonction tout en rapportant scrupuleusement aux autorités concernées les faits observés. Complètement paranos, les voisins.

Les yeux de votre adolescent sont  rouges comme ceux d’un lapin atteint de myxomatose, ses pupilles sont grosses comme des soucoupes, il écoute du métal à longueur de temps, il se désinvestit de tout sauf de lui-même, et par dessus le marché il pue l’herbe grillée, alors vous pensez à la fumette  ?  Pasdamalgames. Vous voyez le mal partout, il faut lui faire confiance, diantre !

Exactement comme pour les élus politiques. Coïncidences, mode opératoire, recoupements, relation de cause à effet, tout cela, c’est, en somme, réactionnaire. Le progressisme, faire montre d’ouverture d’esprit, c’est ne pas faire d’amalgames. Point barre.

Ainsi pour Manuel Valls, il n’y a « pas de lien » entre les événements tragiques de Joué-lès-Tours, Dijon et Nantes. Mieux : « Nous n’offrirons pas la victoire de la peur à ceux qui veulent fragiliser notre démocratie. » Parce que des individus fonçant délibérément sur des piétons la renforcent, peut-être ?

Le républicain Valls ne s’arrête d’ailleurs pas en si bon chemin qu’il appelle au « sang-froid » en continuant « de vivre tranquillement, avec bien sûr, la vigilance. » De deux choses l’une : ou on sait pouvoir vivre tranquillement et nul besoin d’être vigilant, ou il faut être vigilant, c’est-à dire particulièrement attentif, et on ne vit déjà plus tranquillement. Car est-ce-à dire que les piétons fauchés gravement blessés ou morts auraient échappé à leur sort s’ils avaient été vigilants ?  C’est de leur faute, c’est ça ?  Z’avaient qu’à faire attention, les piétons ?

Enfin, n’est-ce-pas une attitude infernale à tenir quand en même temps, les élus nous parlent du « vivre ensemble », de ne pas avoir peur,  ne pas être tentés par  » le repli sur soi »  ?  » Ne parlons même pas de François Hollande, qui, depuis St Pierre et Miquelon, en ces funestes occasions, exhorte  » le pays à se rassembler ?  » Un conseil lumineux comme le coucher de soleil sur la banquise.  Se rassembler ? Qui ? Quand ? Comment ? Combien ? Où ? Pourquoi ? Pour faire quoi ?

Si c’est pour empêcher d’autres « cas isolés » de chercher à nous tuer en criant Allahou Akbar, on est preneur de bons conseils, on fera même tout bien comme il faut comme vous nous direz, monsieur Hollande.  Allez, dites-le nous, ne nous faites pas languir, le suspense est insoutenable  : « Allez, comment c’est y qu’on peut s’rassembler, m’sieur l’Président ?  »

Notez au passage l’ajout « ou » à Allah.  » Allahou «  : c’est mimi comme tout, ça rime avec  » à la mi -a-oût », ou simplement avec  » Hé, hou- hou, où es- tu ? « et même avec Saminou, le chien Sam :  il est content, le toutou, et nous itou, allahou !

D’ailleurs, pour ceux qui souhaiteraient en savoir davantage sur ce suffixe désopilant, Libération propose un cours de grammaire arabe qui pourrait bien, qui sait, se révéler très utile, un jour :

http://www.liberation.fr/societe/2014/12/22/faut-il-ecrire-allah-akbar-ou-allahou-akbar_1168707

Mais Manuel Valls ne croit pas si bien dire et peut-être, on ne sait jamais, a-t-il même écouté et lu ce qui suit puisqu’il nous incite gentiment à la vigilance :

http://www.fdesouche.com/547177-il-y-armes-il-y-voitures :

« Si vous ne pouvez pas trouver d’engin explosif ou de munition, alors

isolez l’Américain infidèle, le Français infidèle, ou n’importe lequel

de ses alliés. Ecrasez-lui la tête à coup de pierre, tuez-le avec un

couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide,

étouffez-le ou empoisonnez-le. »

Autrement dit :

Le  passant déséquilibré et isolé  que l’on croise peut cacher un couteau dans sa poche, ou la poubelle dans la rue abriter un explosif ; il y a de quoi jeter un regard suspicieux sur le moindre gros caillou ou sur le pavé descellé quand une djellaba ou un barbu marche à proximité ; il y a de quoi également ne plus oser se promener le long d’une falaise, et à la terrasse d’un café ne plus quitter des yeux une seconde son verre ou son petit noir. Si c’est cela « vivre tranquillement », on a connu mieux.

Nous ne saurions trop conseiller à Manuel Valls de visionner aussi ceci, quand il aura un peu de temps, entre deux visites aux victimes des déséquilibrés ou de chômeurs dépressifs criant Allahou Akbar :

 http://www.fdesouche.com/547049-journaliste-en-immersion-letat-islamique-allons-conquerir-leurope-jour-notre-expansion-sera-perpetuelle

« Nous allons conquérir l’Europe et nous tuerons 500 millions de personnes. »

Avec 742 millions d’habitants en Europe en 2013, il ne restera plus beaucoup d’Européens… Mais c’est Hollande qui le dit, il ne faut pas  » céder à la panique « . Quant au porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, il a posté un tweet brillant de clarté :  » On ne nie pas la menace terroriste, on est dans le combat contre le terrorisme. »

L’usage d’une formule négative ne viserait-il pas à ne pas nommer explicitement la menace ? Mais alors, comment combattre une menace terroriste si sa cause est passée sous silence ? Et qu’est-ce-qui peut bien être combattu si l’islam – donc la religion musulmane, il nous semble bien que c’est elle et non la catholique  – n’est pas la cause du terrorisme ?

Alors, entendre Manuel Valls vanter notre « grande démocratie » (nous l’avons constaté lors du référendum sur l’Europe, en 2005, et lors de l’absence de référendum, pour le mariage homosexuel, mais aussi pour n’avoir jamais été concertés sur l’immigration), et parler de nous comme d' »un peuple qui est mûr  » – mûr pour quoi, on se le demande  -,  et qui doit  » continuer à vivre tranquillement  » est une étrange formulation qui tendrait – peut-être très justement – à nous rendre nécessairement vigilants…en effet.

Caroline Corbières

http://www.letelegramme.fr/france/nantes-effroi-au-marche-de-noel-23-12-2014-10471970.php

 

 

 

 

 

 

 

 

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.