Jours fériés, laïcité et Islam

Publié le 17 septembre 2014 - par - 2 013 vues
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CalendrierPCAIl y a quelques jours, le patron du MEDEF avait émis l’idée qu’il fallait qu’on supprime certains jours fériés pour que les entreprises françaises retrouvent leur compétivité. Immédiatement, les syndicats, les salariés, les hommes politiques et les dirigeants de tous bords clamèrent leur désapprobation devant un raisonnement aussi incongru et, bien entendu, électoralement peu porteur.

Pas si incongru que cela, ce serait même le moment de situer les jours fériés dans leur contexte actuel, et notamment celui de la laïcité.

Les jours fériés religieux

Les jours fériés religieux ont été accordés au bon peuple pour que justement il puisse excercer sa pratique religieuse en dehors des contraintes du travail. Or, à l’heure actuelle et selon l’IFOP, 58 % des Français se déclarent catholiques. Parmi ces derniers, ils ne sont plus que 4% à fréquenter régulièrement une église. Ce ne sont donc qu’environ 2 % des Français, toutes catégories confondues, qui pratiquent le culte chrétien et donc vont à la messe un jour férié religieux. On offre donc à 98 % des Français une journée de grasse matinée, de farniente ou de bricolage alors qu’il n’ont rien à cirer – et bien souvent les méconnaissent – de Dieu, du Christ, de la nativité, de la ressurrection, etc, etc. Si cette superbe largesse n’est pas une vaste hypocrisie morale et institutionnelle, je veux bien m’appeler François.

Mais voilà que ça se corse. D’ici deux ou trois décennies, avec l’immigration que nous subissons, les musulmans de France seront à égalité avec les Français non musulmans. Ils produiront alors des chiffres de fréquentation de leur culte qui seront dix fois supérieurs à ceux des catholiques et autres chrétiens pratiquants. Du coup, ils seront en droit de revendiquer autant de jours fériés que ceux accordés jusqu’à présent pour les chrétiens. Le gouvernement en place n’aura alors d’autre alternative que :

– Soit il déclare que les musulmans n’ont aucune prétention à avoir car les tribunaux avaient condamné l’Islam pour crimes contre l’humanité, atteinte à la liberté individuelle, pratique de la haine envers les non musulmans, discrimination organisée entre les hommes et les femmes, pratique de l’esclavage, etc. C’est le scénario le moins crédible, même un équivalent du Front national n’oserait s’y risquer, les élections n’étant jamais loin. Quant aux juges, n’en parlons même pas..

– Soit il accorde les jours fériés musulmans à tous les Français (réciprocité oblige), ce qui fera que nos entreprises seront encore moins productives et le pays courra à la ruine.

– Soit il sucre les jours fériés chrétiens pour les transformer en jours fériés musulmans, les chrétiens ne pouvant s’y opposer étant alors devenus trop peu nombreux pour défendre leur cause et leur religion.

Jours fériés civils

Les jours fériés que j’appellerai « patriotiques » sont eux aussi devenus obsolètes dans leur sens premier. Ils avaient été créés pour commémorer une fête nationale, des fins de massacres, de dictatures et de guerres. Commémorer veut aussi dire se rendre aux cérémonies, aux monuments aux morts, et non seulement regarder le documentaire cent fois exhumé par les chaînes de télé à cette occasion. A part quelques rares anciens combattants et quelques « autorités » civiles et militaires, qui voyons-nous ? Encore moins que ceux qui vont à la messe le dimanche. Conclusion, tout le monde s’en fout, pourvu que le jour férié soit une journée payée où on ne bosse pas.

Solution :

Une solution serait de remplacer les jours fériés religieux et patriotiques par un certain nombre de jours non travaillés mobiles rénumérés. Il suffirait de décréter que le nombre annuel de journées de travail serait de tant, le nombre de jours de congé tant, de jours de repos tant, de jours non travaillés mobiles rémunérés de tant …   Je ne garantis pas que les entreprises y gagneraient beaucoup, mais avec 50 % d’employés en moins (Noël pour les chrétiens, fin de ramadan pour les musulmans, etc.) pendant certains jours, elles pourraient toujours fonctionner alors qu’avec les jours fériés actuels, c’est l’arrêt total.  Ce serait un peu plus compliqué pour l’enseignement, mais rien n’est insoluble.

Du coup, on supprimerait cette grande hypocrisie que sont devenus les jours fériés, on couperait l’herbe sous les pieds des prétentions de l’Islam et on remettrait un grand coup de laïcité bien ordonnée dans notre république.

Jean-Louis Burtscher

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