Juppé voulait interdire au peuple toute critique de la Justice

Publié le 9 mars 2017 - par - 2 commentaires - 535 vues
Share

Épilogue ? En tout cas, fin du premier acte, dimanche après-midi. François Fillon n’a pas capitulé. Victime choisie des putschistes macrono-juppeistes, il ne lâche pas prise.
Des « rats » quittent son navire, me direz-vous. Ils s’en vont courtiser, qui Macron, qui Juppé qui fait encore sa coquette – disposant d’un bon matelas de signatures de maires alors qu’il n’était pas officiellement candidat. Il sera intéressant de regarder les appartenances et les dates de ces parrainages non sollicités, si cela est légalement possible.

Depuis hier après-midi, Juppé s’est déclaré non-candidat : «  c’est trop tard »… Après ce non-cadeau de sa personne, Alain Juppé, – virant lui aussi à Machiavel-le petit -, y est allé de son coup de griffe, reprochant à François Fillon : d’avoir parlé « d’assassinat politique ».

Ce faisant, François Fillon tomberait, et c’est très mal et irresponsable selon lui, dans le « complotisme » ; parce que tout est normal dans ses malheurs judiciaires ; tout est normal, quand un procureur met en route une procédure contre un candidat qui est le candidat qui a toute chance d’être le nouveau président, le lendemain de la publication d’un article par un journal satirique, pour des faits prescrits.

Parce que c’est normal que la police descende, pour ces faits-là, perquisitionner l’appartement de ce candidat ; parce que c’est normal que l’homme donnant le grain à moudre au journal satirique soit un condisciple et un proche d’un autre candidat ayant lui les faveurs des médias et de plusieurs ministres du parti gouvernemental, et que la veille de sa venue chez le journal satirique ce délateur soit passé par l’Élysée ; parce que c’est tout à fait par hasard que le procureur, étonnamment réactif à une information parue la veille, soit par ailleurs le bénéficiaire d’une récente nomination par son ancien ministre devenu porte-parole d’un des candidats…

Parce que c’est normal que ce Coincoin, autoproclamé hebdomadaire satirique à prétentions investigatrices, ne soit pas encore allé investigué à Versailles, à la « Lanterne », une résidence présidentielle ou fiston Royal-Hollande invitait des potes autour de la piscine et à rester, en toute modestie, à dormir aux frais de la gueuse.

Bref, pour Alain Juppé, tout ceci n’est qu’accumulation types Prévert, – de pures coïncidences sans rapport entre elles -, et il faut avoir le cerveau dérangé d’un « complotiste » pour y trouver de curieuses et étranges relations et surtout, prendre l’initiative de critiquer l’institution de la justice, en s’interrogeant sur les motivations de ceux des magistrats (un procureur et un juge) qui selon François Fillon s’acharnent contre lui et son épouse.

Une observation au passage :
Le juge de l’affaire d’Outreau n’a pas été sommé de s’expliquer ?
N’est-il pas passé devant ses Pairs, pour répondre de décisions judiciaires qui ont brisé des dizaines de familles innocentes ?
S’interroger et marquer alors son désaccord avec ce juge débutant, était-ce être « complotiste » ?
Pour Alain Juppé oui.

Une observation ici : Ce reproche et cette soumission inconditionnelle au judiciaire ne doit-il pas nous mettre en garde contre sa conception de la démocratie ?
La séparation des pouvoirs, selon Montesquieu, ne signifie pas qu’un des pouvoirs, le judiciaire, soit placé au-dessus de la critique et de l’avis des citoyens qui – selon lui et, plus tard, les démocrates de 1792 – doivent rester souverains. Mais pour Alain Juppé, le pouvoir non-électif des juges doit toujours rester placé hors de portée de l’avis et de la critique populaire.

Etait-ce avoir l’esprit dérangé et mettre illégitimement en cause les institutions, – des institutions sacrées selon lui -, que de s’interroger dans cette affaire ?
Si nous suivons ici la critique féroce d’Alain Juppé : Clemenceau et ses amis n’étaient que des complotistes, ils refusaient le jugement rendu contre le capitaine Dreyfus… Ridicule, grotesque, lâche et irresponsable, la pitoyable argutie d’Alain Juppé.

Nous aurons encore des surprises

Le machiavélisme du putschiste en chef déroule les anneaux d’un jeu complexe, bien trop alambiqué pour que des comparses, juges ou journalistes ne se prennent pas les pieds :
l’indulgence judiciaire pour le couple Macron-Bayrou cessera-t-elle, et si oui, quand ?
Madame de Sarnez va-t-elle être appelée devant les juges pour répondre, elle aussi, pour son « attaché parlementaire européen » travaillant au siège parisien du Modem ? Apparemment pas, d’autant que la délatrice fait partie du staff de campagne Macron-Bayrou.

L’argent de poche, pour frais de bouche, finançant le mouvement du sieur Macron, des fonds du ministère des finances, ne donnera pas lieu à réprimandes publiques ?

Tout cela vire à la comédie sinistre

Personne n’est dupe, n’en déplaise aux bourreurs de crânes des médias publics et privés. De plus en plus de citoyens se rendent compte que les irréprochables assassins politiques de Fillon baignent eux-mêmes dans un jus saumâtre d’emplois fictifs, de sinécures et d’autres motifs à largesses publiques.

Refusant la candidature du « plan B », Alain Juppé donne à François Fillon un coup de pied de l’âne. Il fait sa modeste… pour camoufler sa piteuse capitulation devant un coup de force judiciaire contre les élections d’avril 2017 et contre l’alternance démocratique.
François Fillon n’a pas cédé. Marine Le Pen a envoyé paître les juges…
François Fillon a défié les irréprochables, des hommes et des femmes dont les juges refusent encore de regarder et examiner de près les turpitudes.

Une marée humaine de dizaines de milliers de gens simples est venue dire la réalité démocratique de la primaire de la droite, renvoyant Juppé-Sarkozy à leurs fourneaux ou à la rédaction de leurs mémoires. Ce qui ne les empêche pas de mitonner de petits plats épicés pour confisquer et éliminer les effets de la souveraineté populaire déclinée dans les quatre millions de voix de la primaire investissant François Fillon. Au demeurant, ils sont fidèles à eux-mêmes, agissant ici comme après le refus massif et majoritaire du traité constitutionnel européen.

Les putschistes macrono-juppeistes veulent passer par-dessus la volonté populaire, au moyen de la judiciarisation des élections

Répétons-le : Ils veulent passer par-dessus les primaires qu’ils ont organisées, comme ils ont fait avec le référendum et le vote contre le traité constitutionnel européen, besognant comme s’il n’avait pas eu lieu, puis comme si le Brexit lui aussi n’avait pas eu lieu.

Des démocrates, je vous dis, mais ce sont des démocrates qui donnent au mot démocratie un sens absolument opposé à celui que les Grecs lui ont donné. On comprend au passage l’intérêt politique qu’il y a à ne plus enseigner le grec au lycée…

Si les élections d’avril devaient consacrer le succès des putschistes, éliminant par une machination journalistico-judiciaire la majorité politique existant dans le peuple depuis la seconde année de l’actuelle présidence, nul doute que la France serait grosse de quelque chose ressemblant, dans ses fondements, au 21 août 1792. Il ne s’agira pas là du petit jeu de collégiens et d’étudiants gauchistes harcelant la police, le jeu politique appelé « provocation-mobilisation… ». Là, il s’agira du Peuple lui-même, du Peuple souverain, du Peuple redressé et s’avançant de manière irrésistible. Il ne s’agira pas d’une « révolution arabe » à Paris, mais d’un second juin-juillet 2013 égyptien, dans toute la France.

À jouer avec le feu, on se brûle
Peut-être que parmi les slogans populaires on entendra alors : « à la lanterne !».

Szyja Waldman

Print Friendly, PDF & Email
Share
Notifiez de
Andrej

S’en suit la constatation suivante : les citoyens ne sont pas si aveugle que certains le prétendent. Ils ont vu, en juppé, l’individu plutôt néfaste et donc 33% à la primaire. Aussi, 33%, encore, de miros dans la population. Tout n’est pas perdu néanmoins.
Cordialement.

patrice kalicki

pas mal ? un repris de justice qui veut ce blanchir ?ordure de politiquart pourrie /tu na pas assez vole les francais/