Justice, islam : les « grandes » féministes ne s’arrangent pas …

Publié le 7 janvier 2017 - par - 14 commentaires - 1 366 vues
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En 2014, j’avais écrit le texte qui suit, sur des militantes célèbres plus ou moins, qui m’ont beaucoup déçues.

Que cela soit clair : le militantisme féministes et pour la défense des lesbiennes est d’une importance capitale.

Pour moi par exemple, l’affaire Jacqueline Sauvage a manifestement montré que les analyses féministes de la situation des femmes et des mères maltraitées n’est toujours pas comprise par l’opinion publique. Pourquoi une femme ne part pas, pourquoi une mère hésite, ne sait pas ou ne peut pas protéger ses enfants, pourquoi devant la violence les événements peuvent s’enchaîner en tragédie sans que la femme, qui sera cible de tous les reproches, la mère, ait jamais su comment tenter de protéger sans créer encore plus de désastres…

Je sais que l’opinion s’est emballée et j’ai écrit ailleurs que je condamnais cet emballement de militant-e-s ou d’un public qui ignore tout du dossier.

Mais je tiens à dire que les féministes ont eu raison, à propos de cette affaire, de rappeler les difficultés réelles et souvent insurmontables d’échapper aux violences masculines. Car il est manifeste, au vu des articles sur cette affaire, que cette réalité n’est pas comprise et connue à sa juste mesure.

Et je tiens enfin à demander, à propos de cette affaire, que l’on cesse enfin de refaire et refaire encore le procès de Jacqueline Sauvage. Quelle que soit la peine qu’elle méritait ou ne méritait pas, le code pénal n’a jamais prévu de peine de lynchage public à perpétuité sous forme de procès ad vitam aeternam.

Que cela soit clair : je m’inscris en faux contre les thèses des femmes anti-féministes qui au fond reprochent aux féministes de n’avoir pas trouvé la formule magique permettant d’être partout en même temps et de développer tous ses talents tout en profitant de la sécurité maximale.

Non nous n’avons pas trouvé cette formule. Effectivement il est dur de gagner son indépendance sur le marché du travail et de « vivre ». Mais les hommes non plus ne l’ont pas trouvée… même si leur force leur donne des avantages, ils sont souvent écartelés entre des impératifs et contraintes professionnelles très fortes, et « la vie »….

Que cela soit clair encore : nous ne sommes pas si isolées, dans le mouvement féministe, à être clairvoyantes sur l’islam. Mais les unes ont peur de se priver d’appuis de gauche, et d’autres ont peur tout court.

Seulement, malheureusement, ce que j’écris dans ce texte sur mon blog est toujours d’actualité et la plupart des féministes que je mentionne, vexées sans doute par cet article, n’ont réagi qu’en se vengeant depuis dans des circonstances que je n’exposerai pas, et aucunement en tenant compte de mes remarques sur leur approche. Aucune n’a commencé à aborder sérieusement les questions de l’islam. Que de mépris envers la pensée des populations sous lois musulmanes, que de mépris … méprisable.

J’expliquais donc ceci :

 REPONSES AUX FEMINISTES QUI M’ACCUSENT DE XENOPHOBIE

Parce que je pense de l’idéologie de l’islam ce qu’en pense la féministe Ayaan Hirsi Ali, les apostates de l’islam Wafa Sultan, Nonie Darwish, Sabatina James et d’autres qui ne sont pas connues, certaines féministes me trouvent xénophobe  ou pire, moi et d’autres féministes ayant la même opinion sur cette idéologie …  

J’estime,  moi, que ces accusatrices, sans bien sûr le vouloir ni s’en rendre compte, tout en croyant combattre l’enseignement du mépris, tiennent, elles un discours qui favorise le racisme et l’attitude colonialiste.

Il faut expliquer ici mon emploi du mot racisme : je donne ici ma définition d’un aspect du racisme, je ne veux pas du tout dire que les écrits de mes accusatrices tomberaient sous le coup de la loi « antiraciste » et encore moins qu’elles auraient été condamnées sur la base de ces lois. Par contre je leur fais un procès moral, car je trouve leur démarche immorale : je pense qu’elles tiennent des propos très nocifs, dangereux pour la paix civile, et qu’elles seraient parfaitement en mesure de mener une réflexion plus approfondie pour s’en apercevoir. Je rappelle à tous ceux qui n’ont pas lu les lois antiracistes, que la loi ne donne aucune définition du racisme et n’en fait pas un délit en soi : ce qu’elle interdit est d’inciter à la haine, de discriminer, d’insulter en raison de l’appartenance à tel ou tel groupe racial, c’est-à-dire certaines actions dont on peut estimer qu’elles sont basées sur des idées racistes, et non pas le racisme en général. Ni le racisme ni la haine ne sont définis et incriminés en soi : ce qui pose quantité de problèmes ….

Ceci étant clarifié, voici les écrits plusieurs féministes ayant participé au mouvement féministe des années 70 et devenues ensuite universitaires. 

Dans l’Humanité dimanche le 9 mars 2011, Françoise Picq écrit :  

« Je suis indignée de la régression de la situation des femmes dans certains quartiers et du procès en racisme fait à ceux qui le dénoncent. (…) Je suis indignée quand la laïcité est tirée vers une conception essentialiste et xénophobe. (…)  Je suis indignée quand l’engagement féministe est mêlée à un combat douteux contre l’islamisation de l’Europe »  

Personnellement je suis outrée par ce discours lamentable qui assimile critique des normes sexistes de l’islam à du racisme sous le nom d’essentialisme et de xénophobie, qui nie que la « régression de la situation des femmes » est précisément le fait de l’ « islamisation » dans le sens du développement de l’application de loi islamique à l’encontre de ces femmes.

Je suis outrée par le refus de prendre connaissance des normes islamiques qui est à la source de ce raisonnement. Je porte le jugement le plus sévère qui soit sur les textes de l’islam, mais je ne me permets d’en parler que parce que je les ai étudiés comme si j’étais une musulmane ignorante qui souhaite connaitre sa propre religion, jamais je ne me serais permis ce mépris profond que représente le refus de connaitre la pensée islamique.

Je suis outrée et j’accuse, moi, de racisme les occidentaux qui refusent d’étudier l’islam tout en se permettant d’affirmer qu’il est une norme valable moralement, et par là de contribuer à son maintien. 

Ce refus est du racisme car ces occidentaux assimilent islam à une identité essentielle des populations aujourd’hui sous loi musulmanes, et ce,  malgré les atrocités commises au nom de la loi islamique. Pour ces occidentaux-là, les « arabes » au fond sont une race faite pour ces atrocités. 

Ils font cet aveu lorsqu’ils affirment que les musulmans ne peuvent changer leur foi : d’où leur vient une telle certitude absurde, ce déni fait des capacités essentielles de tout humain que sont la raison, réflexion et la conscience, l’aptitude à remettre en cause ses représentations et convictions, sinon d’un racisme profond ?

Dans un article de 2004 critiquant la loi française sur le voile, une autre théoricienne féministe ayant participé au mouvement des années 70, Christine Delphy expliquait que cette loi est une « guerre préventive » déclenchée en France au nom de la défense contre le « danger islamiste » — dont personne ne peut prouver l’existence dans ce pays ». 


Elle affirmait son désir d’une conciliation du féminisme et de l’islam et demandait de l’aide pour y parvenir … sans songer une seconde à s’atteler à se mettre elle-même au travail d’étude de l’islam, mais en accusant d’ « arrogance colonialiste et racistes » celles qui estiment cette conciliation impossible : 

« Essayons de voir le positif : le lien est désormais fait entre les féministes et les jeunes femmes voilées, dont beaucoup développent un féminisme non pas contre mais avec l’islam. Et pourquoi pas ? Il y a longtemps que nous dialoguons avec celles qui sont catholiques et féministes, protestantes et féministes, juives et féministes. Et si je termine par cette lueur rose dans un ciel plombé, c’est que hier, dans une réunion de « progressistes », j’ai vu et entendu l’arrogance coloniale et raciste la plus éhontée s’exprimer ; et que j’en ai conçu un grand découragement. Si j’essaie ce soir de vous convaincre que d’un mal peut sortir un bien, c’est que j’essaie d’abord de me convaincre moi-même ; et j’espère que vous m’y aiderez. »

Je suis outrée par cette volonté impudente de jouir à la fois d’une représentation imaginaire « rose » d’un islam qui serait « féministe » et de la fustigation, de l’insulte, envers ceux qui parlent de la réalité, en omettant totalement d’envisager le moindre effort personnel pour se coltiner à une démarche minimale de travail intellectuel.

Dans la revue de Fiammetta Venner et Caroline Fourest, Prochoix, trois féministes, dont deux ayant elles aussi participé au mouvement des années 70, elles aussi devenus universitaires, s’en prennent à Anne Zelensky, devenue elle, critique de l’islam. 

Jacqueline Feldman écrit : «  Ce n’est pas l’islam qui va nous islamiser, ce sont nos valeurs qui vont atteindre peu à peu les femmes portant le voile ». D’où lui vient cette conviction ? Des « démographes » qui « montrent qu’il faut environ deux générations pour que les immigrés qui viennent de culture où il est bon d’avoir autant d’enfants que possible adoptent le contrôle des naissances de nos sociétés modernes. Je pense qu’il va en être de même des mentalités musulmanes pour que soit acceptée la séparation de la religion et de l’Etat, et que la religion soit avant une démarche privée, avec le droit également de ne pas avoir de religion ».  Et d’accuser Anne Zélensky, à propos des Assises de l’islamisation de 2010  : « Vos actions spectaculaires sont pure provocation, méchantes, racistes ».

Régine Dhoquois-Cohen écrit : 

«  Les Assises contre l’islamisation : le titre ronflant est nauséabond. Il s’agit d’une forme de délire qui en rappelle d’autres sur la domination du monde par les Juifs. Le bouc émissaire a changé. Ce sont les musulmans et non plus les juifs. Mais le langage haineux est le même.  Le titre de ton discours : « le féminisme contre la charia » est emblématique des amalgames communs à tous les racismes. Nous sommes en France et à ma connaissance la loi islamique (…) n’est pas à l’ordre du jour en Europe et tend à disparaître dans la loi et même dans les pratiques (…) de plusieurs pays musulmans. »

Plus  loin elle ajoute : « As-tu écouté ceux qui te disent que comme toute religion, l’islam évolue ? » et : « pour moi le féminisme était un mouvement. Pour toi il semble être une idéologie fermée et sectaire. En son nom tu condamnes une religion, une civilisation, des millions d’êtres humains ».

Il est intéressant de noter que Régime Dhoquois est juriste … pour autant elle ne semble même pas savoir que le droit musulman existe.

Enfin, Claudie Lesselier tranche, parlant des Assises de l’islamisation : «  Vision essentialiste et xénophobe de l’Islam, glissement d’une laïcité universaliste à une laïcité identitaire. » « Point de vue essentialiste qui occulte la réalité diverse de l’islam, qui confond islam et islamisme, qui nie toute évolution possible d’une religion, et qui ne peut (…) sauf à expulser tous les musulmans, déboucher sur aucune solution. »

Pas un mot sur la loi islamique : elles ne savent rien. Rien …

Pas un mot sur les personnes des pays sous loi musulmane ou de familles musulmanes qui critiquent l’islam. Comme s’ils n’existaient pas. 

Christine Delphy s’insurge contre l’ « arrogance colonialiste » qui consisterait selon elle à s’opposer à ce que les femmes musulmanes prennent leur destin en main … en conciliant islam et féminisme. Mais les femmes savantes en islam qui le critiquent, elle les ignore : il y a là pire que de l’arrogance, le mépris total de l’ignorance et du déni de l’existence d’autrui.

Je suis accablée de honte devant tant d’ignorance et de profération imbécillités résultant de cette ignorance volontaire.

J’ai déjà répondu dans un article sur la notion d’ « essentialisation » appliquée à l’islam. Le charabia sur la laïcité « identitaire » à ne pas confondre avec la laïcité « universaliste » repose sur l’acharnement délirant et obscurantisme à vouloir croire que toutes les religions auraient au fond une idéologie semblable.  Sombre imbécillité que de nier l’absence de notion de laïcité dans certaines religions, dont l’islam. Non, l’universalisme ne consiste pas dire qu’il ne faut faire aucune différence parce que tout est pareil, l’universalisme consiste au contraire à dire que tous les êtres humains sont doués de raison et aptes au discernement, (aptitude à faire des distinctions) et à la réflexion critique.

Enfin, à quoi bon répondre à l’infini à une litanie de propos déconnectés de la moindre connaissance du sujet en cause ? Une intelligence dénuée de courage d’affronter la réalité sombre dans l’absurde.

Elisseievna

Notes :

http://oumma.com/article.php3?id_article=943  La loi anti-voile : un aveuglement collectif  Par Christine Delphy  lundi 9 février 2004 

 http://lmsi.net/spip.php?article826 Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme,Annonce d’un débat avec Christine Delphy 2009

L’humanité Dimanche 3 mars 2011  Françoise Picq

http://laconnectrice.wordpress.com/2014/09/09/feminisme-et-islamisation-debat/

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14 réponses à “Justice, islam : les « grandes » féministes ne s’arrangent pas …”

  1. butterworth dit :

    video CARTOON REAL MUSLIM FEMINIST ET FEMINISTS LOVE ISLAMISTS WORLD FEMINIST AGAINST ISLAM

  2. Genevieve dit :

    Tiens, où est passé mon commentaire?

  3. Genevieve dit :

    tiens où est passé mon commentaire?

  4. reuri dit :

    Pourquoi aucune « féministe » n’est allée aux maoquinades de cologne de décembre dernier ? Elles auraient du y aller sans protection policières et dépoitraillées, avec les femen pour montrer leur disponibilité aux illégaux qui ne demandent que cela, seraient elles d’affreuses racistes ?

  5. Genevieve dit :

    Ces femmes dont vous parlez doivent avoir dans les 70 ans. Elles n’ ont jamais pu se dé-formater de la pensée marxiste qu’elles se trimballent depuis mai 68.

  6. mb77 dit :

    En vérité vous faites preuve de beaucoup de mansuétude vis à vis de vos consœurs de gauche qui sont particulièrement intolérantes à votre égard.
    Le féminisme a toujours été un combat dérangeant, courageux et exigeant tout le contraire de ces femmes de gauche embourgeoisées. Elles sont accrochées à leurs certitudes et engoncées dans la discipline des partis de gauche qui sont dans une logique électoraliste et démagogique qui interdit toute critique de la religion d’électeurs potentiels.
    Elles sont de parfaites collaboratrices pour ceux qui voudrait imposer la charia.
    Vous êtes féministe jusqu’au bout et vous prenez des risques en critiquant le statut de la femme dans l’islam.
    Elles utilisent les mêmes arguments que les frères musulmans de la confusion race religion.

  7. Pascal Olivier dit :

    Derrière la discrimination positive de ces « féministes » au bénéfice de la misogynie mahométane n’y aurait-il pas tout simplement une soumission à la raison du plus fort, du plus violent ? Elles sonnent l’hallali contre DSK (juif accusé d’avoir abusé d’une mahométane) mais cherchent à relativiser les viols de Cologne.

    Il en va de même pour la pédophilie. On s’attaque aux prêtres pédophiles parce que l’Eglise de plus en plus contestée n’a plus le pouvoir d’antan. L’Eglise condamne la pédophilie mais c’est à elle qu’on s’en prend tout en ne trouvant rien à redire à la pédophilie islamique pourtant codifiée, organisée et même célébrée !

  8. Canis Majoris dit :

    De toute façon « du mal peut sortir un bien », si les textes fondateurs sont remis en cause, mais l’exégèse est interdite, donc le mal reviendra toujours… dès qu’un gogol appliquera les textes à la lettre, la misogynie reprendra le dessus.
    C’est tout le problème de l’islam, au delà de sa misogynie…. quand on lit les sources, vu qu’elles sont pour la guerre totale déclarée aux femmes, aux homos, aux non musulmans, le mal surgit et resurgit… sans possibilité de s’en défaire. À partir d’un caca on ne fait pas un fraisier, si j’ose dire.

    • Périgourdosavoyard dit :

      « À partir d’un caca, on ne fait pas un fraisier ». Excellent !
      Mais un fraisier peut y pousser… Ou un roncier, une friche impénétrable…

  9. Paskal dit :

    « Les féministes gauchiasses… méritent également de se faire « enrichir » à la première occasion »
    Un peu limite quand même !

  10. Catherine Ségurane dit :

    Beaucoup de bla-bla pour pas grand chose… L’Islam est une idéologie conquérante et mortifère pour la civilisation occidentale à éradiquer d’urgence de la surface de la terre, point barre !
    Les féministes à la sauce grand’maman qui ne conservent comme ennemi de classe que les mâles blancs hétérosexuels occidentaux sont des connes irrécupérables !
    Les féministes gauchiasses qui défilent aux côtés des crasseux qui nous envahissent méritent également de se faire « enrichir » à la première occasion et qu’elles ne viennent pas pleurer, le bureau des plaintes est fermé !

    • Paskal dit :

      « Les féministes gauchiasses… méritent également de se faire « enrichir » à la première occasion »
      Un peu limite quand même !

  11. Périgourdosavoyard dit :

    Pour Christine Delphy, son parcours me laisse pantois : passer du féminisme-marxisme des années 60-70, se revendiquer pro-lesbienne et enfin défendre le communautarisme musulman, c’est réaliser un sacré grand-écart idéologique.
    Quel serait le sort d’une communiste homosexuelle en Arabie saoudite ? Ou en Iran ?
    Est-ce du masochisme, de l’opportunisme; la haine de soi, le syndrome de Stockholm ?
    Et pourtant, ce sont des sommités intellectuelles nous affirme-t-on… Courage aux féministes sincères !

    • Sophie Nach dit :

      C’est de l’idéologie butée qui l’empêche de voir la réalité, qui la travestit, comme l’a fait le communisme, le nazisme, et maintenant l’islamisme.
      Les Communistes de France faisaient des voyages d’études en ex URSS mais cela ne leur faisait pas remettre en cause l’idéologie communiste soviétique : jusque dans les années 80, très peu de voitures, rien dans les magasins, des queues monstres pour acquérir le peu qu’il y avait de disponible, les rares étrangers harcelés pour acheter au marché noir leurs blue jeans, l’absence de liberté, l’endoctrinement avec Lénine le Dieu même dans les écoles, ….