Kinésithérapeute violeur, Ibrahim Abdul Aziz s’enfuit lors de son procès à Châteauroux !

Publié le 18 octobre 2013 - par - 2 108 vues
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Du 8 au 10 septembre dernier, a eu lieu le procès aux Assises de l’Indre, d’un kinésithérapeute de La Châtre : Ibrahim Abdul Aziz.

Celui-ci était accusé de viols et agressions sexuelles ayant eu lieu à son cabinet pendant une dizaine d’années. Faits aggravés dans la mesure où ils étaient accomplis par une personne ayant autorité.

Il est âgé de 65 ans, grand, sec, gris, froid, d’une obséquiosité rare.

Ses remarques ont été nombreuses et toujours dans le sens d’accuser tout le monde : le gendarme qui a mené l’enquête avec sérieux soupçonné de zèle, les victimes traitées de menteuses car elles auraient mal interprété ses gestes, la justice qui ne se montrait qu’à charge etc.

En résumé, il oubliait qu’il était dans le box des accusés et que l’accusé c’était lui.

Il y a eu des moments difficiles à soutenir du fait de cette inversion des rôles lors du témoignage du gendarme et des victimes, car en plus, l’avocat de l’accusé y allait de ses banderilles pour essayer de déstabiliser et amener les témoignages à être confus, en n’intervenant que sur des détails inutiles martelés à dessein d’affoler : à quelle heure, quel jour, la main là ou là un doigt ou 2 doigts, sur le ventre ou sur le dos… Tout ça pour voir si les malheureuses victimes allaient se contredire par rapport à ce qu’elles avaient dit il y a 3 ans, au début de l’instruction.

Une attitude qui montrait, on peut le comprendre, qu’il lui fallait vraiment chercher des poux dans la paille pour la défense.

Seulement, la thèse du complot proposé le premier jour d’audience n’a pas tenu le coup longtemps. Le troisième jour, l’accusé avait perdu de sa superbe mais il continuait cependant à humilier celles qui parlaient enfin de façon digne et sans haine.

Alors se rendant sûrement compte du poids des éléments à charge concordant parfaitement, le monsieur très sûr de lui, soucieux de donner une bonne image de  respectabilité grâce à la notoriété acquise dans son métier, a montré qu’il n’était qu’un lâche en choisissant la fuite au moment d’une interruption de séance. Son orgueil ne lui permettait pas de supporter un verdict qui risquait d’entacher son statut d’homme qui se voulait digne,malgré ses faiblesses honteuses.

Devant cette absence inattendue (en interview, le Procureur de la République a dit qu’en 30 ans de métier, il n’avait jamais vu ça), l’avocat de l’accusé a demandé le renvoi du procès ; ce qui n’a pas été accepté par la Cour.

Les débats ont donc continué.

L’avocate de la partie  civile dira que l’accusé « a menti à tout le monde », que « sa tentative d’évasion est une réponse à sa peur de se voir dévoilé ».

Le Procureur constatera, quant à lui, qu’il n’y a pas eu d’acharnement judiciaire, de policiers, de femmes , « l’accusé, c’est bien Monsieur Aziz ! » Il soulignera le courage des victimes, »il fallait qu’il y en ait une qui y aille pour que les autres se manifestent ». Devant la gravité des faits, il demandera 10 ans d’emprisonnement à l’encontre de l’accusé.

L’avocat de l’accusé ne voudra pas plaider, s’épargnant ainsi une lourde tâche, car tout accablait son client arrogant et manipulateur.

Après délibération de la Cour et des jurés, la sentence tombera,10 ans de prison, comme le demandait le procureur.

Ce verdict a satisfait les victimes présentes qui demandaient surtout qu’on reconnaisse leur bonne foi face à un personnage indigne dans son acharnement à nier l’évidence, indigne jusqu’à fuir par lâcheté devant des  femmes courageuses, humiliées jusque dans le prétoire, indigne jusqu’à chercher par tous les moyens à rejeter sa culpabilité sur les autres en attaquant tous les maillons de l’instruction, indigne en alléguant des scénarios fallacieux dénués de toute réalité. L’un de ces scénarios s’est même retourné contre lui : en voulant porter plainte contre le mari d’une victime qui aurait voulu le faire chanter, il est apparu aux enquêteurs que c’est lui qui avait proposé d’acheter le silence de la victime !

Actuellement, le fuyard n’a toujours pas été repris. Les victimes qui pensaient en avoir terminé après trois longues années d’instruction ne sont pas au bout de leur peine puisque le procès devra être repris, car il apparaît qu’on ne peut juger aux Assises un individu en son absence… Donc la peine de 10 ans décidée s’avère caduque du fait de l’évasion de l’accusé au cours de son procès.

Cette situation ubuesque prouve une fois encore la fragilité de notre système judiciaire. Comment concevoir qu’un accusé traduit en Cour d’Assises ait pu,voyant que trop de preuves s’accumulaient contre lui, avoir eu la possibilité d’échapper à la sentence qui l’attendait en filant tout simplement !

Tout l’important travail de l’instruction, dont le coût réel pour les contribuables est loin d’être négligeable se trouve réduit à néant parce qu’on a fait confiance à un individu  qui ne le méritait pas mais qui présentait bien ,qui parlait bien… individu qui aura finalement abusé et « niqué » tout le monde y compris la Justice qui aurait dû s’assurer que l’accusé durant les 3 jours qu’il comparaissait aux Assises ne puisse pas s’envoler, comme cela pourrait être le cas, à l’étranger, puisqu’il est d’origine syrienne.

Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui. La belle affaire quand on sait qu’on peut entrer en France comme on veut (et même y rester), il n’y a donc pas lieu d’avoir trop de difficultés à en sortir également !

On peut aussi envisager que les précautions nécessaires n’ont peut-être pas été prises suite à des conclusions d’experts psychiatres qui auront estimé qu’on pouvait faire confiance à ce personnage qui en imposait.

Ce ne serait pas la première fois que des psychiatres commettraient des erreurs de jugement. On a tous en mémoire des cas d’assassins, jugés incapables de récidive par ces spécialistes et donc relâchés dans la nature où ils repassent à l’acte…

En tout cas, Madame Taubira peut se montrer satisfaite de l’évasion de l’accusé, elle qui cherche à tout prix à désengorger les prisons : Abdul Aziz a trouvé un moyen comme un autre d’aller dans son sens en s’évadant avant de passer par la case prison !

Pas très sérieux, pas très rassurant si l’on juge sur cet exemple le fonctionnement de nos institutions.

Françoise  Lerat

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