L'affichage de l'islam est un trouble à l'ordre public

Chers éditeurs de Riposte Laïque,
J’ai envoyé une lettre d’encouragement aux députés qui soutiennent la proposition de Monsieur Gérin, d’instaurer une commission sur le port de la burqa en France. Cet accoutrement n’étant que la partie visible de l’iceberg, je me garderai bien de faire preuve d’un optimisme exagéré quant à l’issue de cette proposition, quand bien même aboutirait-elle à frapper d’illégalité cette négation même de la femme (c’est carrémént le voile islamique qu’il faut proscrire du champ public, et la pratique même de l’islam sur le territoire de la République, avec laquelle cette théocratie est incompatible).
Mais le fait que des députés se décident à briser le silence consensuel sur ces pratiques avilissantes me réjouit, et j’ai eu envie de les remercier. Je vous transmets une copie de mon message :


« Monsieur le Député, Madame la Députée,
Bravo.
Vous soutenez une proposition de résolution pour une commission d’enquête sur le port de la burqa. Votre position est le signe encourageant qu’il existe en France, par-delà les clivages politiques, des hommes et des femmes soucieux de laïcité, d’égalité des sexes et d’universalité des droits humains. Et je me réjouis de votre engagement pour la défense de ces valeurs.
Il est vrai que les atteintes répétées à la laïcité à travers les déclarations du Président de la République, depuis le discours de Latran jusqu’à ses récentes digressions sur « le droit » d’arborer le voile islamique, finissaient par nous faire douter de l’avenir de la République et de ses principes.
Dans le même temps, la multiplication des tenues islamistes, notamment en région parisienne, transforme l’espace public en un paysage sinistre qui rappelle étrangement des images d’Afghanistan… où nous envoyons des soldats tenter de ramener une paix que nous laissons sans sourciller s’effriter ici.
En tant que femme, je tiens pour injurieuses et dégradantes ces provocations quotidiennes qui visent à nous signifier que la laïcité est fragile, et que les notions d' »égalité » entre les sexes sont… « relatives » d’une culture à une autre, et sans cesse remises en cause.
En tant que citoyenne, je les ressens comme agressives et méprisantes vis-à-vis de la démocratie : je cite l’auteur Fethi Benslama, musulman démocrate (*) : «L’oppression des femmes ne dégrade pas seulement la femme mais organise dans l’ensemble de la société, l’inégalité, la haine de l’altérité, la violence, ordonnées par le pouvoir mâle».
J’habite une République dont je demande que les valeurs s’imposent à tous ceux qui y vivent sans distinction : j’affirme que ces valeurs marquent le degré le plus avancé de la civilisation, en ce qu’elle permettent à tous les citoyens de vivre dans l’égalité des droits et donc dans la paix sociale.
A l’inverse, les marques d’appartenances communautaires divisent fortement les Français, et sont génératrices de ressentiment et de défiance. L’affichage ostensible d’adhésion à l’islam politique, en particulier, est facteur de trouble à l’ordre public : or ne pas réagir publiquement à ces pratiques avilissantes d’enferment sexiste est une forme de non-assistance à personne en danger. Nul ne peut feindre de ne pas se sentir concerné.
Vous l’avez parfaitement compris, votre résolution l’a parfaitement exprimé.
Je souhaite fermement que la loi vienne rappeler sans ambiguïté les valeurs auxquelles chacun est censé se plier sur le sol français.
La laïcité est née d’un combat, et pour survivre elle doit rester combattive.
Je vous remercie et vous félicite sincèrement pour votre engagement : j’ai confiance que les valeurs universelles incarnées par la République française sont défendues et pourront progresser à travers votre action.
Sylvie Valois
(*) Fethi Benslama : porte-parole du mouvement des musulmans démocrates, psychanalyste et Professeur à l’Université de Paris VII, auteur notamment de « Déclaration d’Insoumission : A l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas ».

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