L'affligeante complaisance de Henri Pena Ruiz et des élites vis-à-vis de l'offensive islamique (suite)

Monsieur Pena-Ruiz s’offusque d’être mis en cause selon lui « de façon inadmissible », parce que contredit publiquement dans nos colonnes par notre camarade Pascal Hilout (9 avril 2009), à partir de son intervention publique faite aux dernières Rencontres Laïques Internationales. « J’accepte évidemment le débat » dit-il « mais quand il est de bonne foi et respectueux des positions réellement défendues » accusant qu’on ait déformé ses propos pour mieux les disqualifier, ce qui n’est rien d’autre qu’une façon de refuser le débat en lui retirant toute sa sérénité.
Se posant en victime, s’il met d’emblée l’honnêteté intellectuelle de notre ami Pascal Hilout en cause, il n’y va pas par le détail concernant notre journal, qu’il accuse tout simplement de racisme à mots à peine couverts : « Riposte laïque ne combat pas seulement l’islamisme, mais aussi et surtout l’Islam, et dissimule très mal sa volonté de hiérarchiser les religions, mais aussi les différentes cultures. Elle reprend en fait à son compte la thèse du « choc des civilisations, de si triste mémoire. Je crains donc qu’avec elle la défense invoquée de la laïcité ne devienne la couverture d’un autre combat, qui n’est pas du tout le mien. » La malhonnêteté intellectuelle touche là à son comble, sans rien démontrer sur le fond on induit des suspicions qui posent les termes d’un véritable procès de Moscou.
En guise de victime, M. Pena-Ruiz participe en réalité d’un courant laïque qui ne cesse de nous attaquer, et même de tout faire pour « nous descendre » pour notre conception anti-langue de bois concernant les dangers que l’islam représente pour notre République, sans pour autant que nous oublions évidemment les autres religions, nos lecteurs ne manquent pas de l’avoir vérifié. Nous n’avons nous, rien à perdre, ni statut de personnalité publique ni mandat électifs à l’horizon de quelque calculs. On peut rassurer d’emblée à notre tour M. Pena-Ruiz, rien ni personne de nous empêchera de dire et d’écrire ce que nos pensons et qui n’a rien à voir avec ces accusations qui relèvent de la diffamation et d’une démesure dans la forme qui confine à la vanité.

C’est l’islam qu’il faut passer au crible de la critique dont l’islamisme est la partie émergée de l’iceberg

Prenons ces accusations au sérieux et voyons si elles résistent à la critique. Tout d’abord, il est vrai que nous combattons l’islam et pas seulement l’islamisme, et nous ne nous en cachons pas, nous n’avançons pas masqués à cet endroit derrière le combat pour la laïcité comme il le laisse entendre, parce que c’est l’islam « ordinaire » qui est à l’offensive et non quelques islamistes en France et dans le monde. Cette situation a à voir avec le fait que cette religion n’a pas connu dans son histoire celle de son aggiornamento, ce que les autres religions monothéistes ont été amené à faire bon gré mal gré, en étant repoussées dans la sphère privée.

Dans un contexte de crise liée à l’absence de projet politique proposant un autre horizon que ce capitalisme sans autre morale que l’argent-roi, on assiste d’autant plus à un retour du religieux. Et en toute cohérence dans ce contexte, c’est bien au retour à cet islam non émancipé de la plus mauvaise des traditions auquel nous avons affaire. Indéniablement, dans l’ordre des religions monothéistes, l’islam appartient à l’origine à une autre civilisation que la nôtre, et précisément cette dernière est marquée par une histoire bien différente.
Car, c’est bien en Occident et nulle part ailleurs qu’on a su imposer la démocratie, les libertés publiques et individuelles et en France tout particulièrement la laïcité, la prunelle de nos yeux. Différents aspects d’un modèle politique universaliste à disposition des peuples et des Etats dont certains s’en sont emparés. Notre République laïque et sociale a été le fruit des luttes du peuple, d’un combat pour l’égalité sociale qui a poussé à la conquête de l’égalité politique et a abouti à ce que l’Etat se laïcise jusqu’à faire division avec la religion, une spécificité toute française dans la continuité de 1789 qui a rompu le lien entre le trône et l’autel.
Y a-t-il dans ces affirmations, dans la défense de ces idées, rien qui soit de l’ordre d’une vision qui tende à faire une hiérarchisation des civilisations au sens de les juger ou de promouvoir un quelconque choc des civilisations ? Faire de l’histoire, c’est hiérarchiser, trier, classifier, non des civilisations mais les connaissances, c’est les rendre intelligentes en pensant le passé pour savoir d’où l’on vient afin d’envisager ensemble où aller et au mieux du progrès pour tous, ou l’histoire sinon ne sert à rien.
C’est ce progrès qui nous est cher qui est accusé par les pires dictatures, islam en tête, d’être responsable de la domination coloniale amalgamant la République avec les responsabilités d’un capitalisme qui a toujours su trouver des alibis humanistes à sa domination, en nous faisant marcher sur la tête, pour justifier leurs exactions. Oui il existe des sociétés qui maintiennent leurs peuples dans le sous-développement au nom de la religion confondue avec le pouvoir politique. Oui, il faut le dénoncer et que cela plaise ou non, et rompre avec le relativisme ambiant bien pensant. Il y a des cultures différentes sur notre planète et qui ne se s’équivalent pas, elles ont leurs spécificités, mais en ce qui concerne l’émancipation égalitaire des hommes et des femmes vis-à-vis de leurs droits, c’est bien d’universalités qu’il s’agit, et ce sur quoi il faut demeurer intransigeant, y compris vis-à-vis de l’islam.
M. Pena-Ruiz nous dit « qu’on ne peut s’acharner unilatéralement contre une figure théologico-politique particulière, celle de l’islamisme politique, évidemment distincte de l’Islam ». Mais qu’est-ce à dire, car pour tous les spécialistes de l’islam, cette religion est avant tout un mouvement politico-religieux depuis son origine, c’est sa définition même. S’il n’y a d’ailleurs pas d’institution religieuse centralisée dans la religion musulmane, c’est que le pouvoir religieux est entièrement dans la tradition entre les mains du pouvoir politique, du sultan. Il n’y a pas de dissociation du spirituel et du temporel, de la même façon dont l’islam est à la fois religieux et politique, avec comme forme régulière la république islamique. L’islamisme est inscrit dans l’islam comme la nuée fait l’orage.

En France et dans le monde, l’islam est un danger mortel pour l’idée de liberté

M. Pena-Ruiz nous dit qu’il faut rompre « aussi avec les illusions de perspective et avec les amnésies sélectives. Il ne faut pas que la géographie présente rende aveugle sur l’histoire passée. Chaque monothéisme a engendré ses formes d’oppression et de communautarisme, et nul ne peut donner la leçon à l’autre en la matière. C’est en Occident « chrétien » que furent inventées les croisades, les bûchers de l’Inquisition, l’« Index des livres interdits », les expéditions coloniales assorties d’ethnocides, les bombardements massifs de population civile et les camps d’extermination à caractère raciste. Joli bilan. » Mais précisément, voilà les contradictions qu’à su dépasser l’Occident, même s’il reste des archaïsmes comme le Pape Benoît XVI avec ses déclarations rétrogrades, alors que l’islam patauge dans des horreurs bien actuelles, et un fascisme politico-religieux que défend sans sourciller l’Organisation de la Conférence Islamique, autrement dit les pays musulmans, y compris ceux qui se réclament de la démocratie et devraient être dénoncés pour leur double jeu.
N’est-ce pas eux qui soutiennent par exemple Omar el-Béchir, ce criminel fasciste président de la république islamique du Soudan, poursuivi par la Cour pénale internationale pour crime contre l’humanité, qui chaque jour organise la suppression physique de milliers et de milliers d’êtres humains par l’arme terrible de la faim et du manque de soins, qui ont le seul tort de ne pas être arabo-musulmans, et qui continue de défier la communauté internationale. Une situation qui ne fait pas crier l’ONU ni ne gêne au passage le président Obama qui ne fait rien de concret en la matière, et entend même rétablir les meilleures relations avec l’Iran, un des pires exemples du monde vis-à-vis des droits de l’homme.
La législation de l’islam s’est élaborée peu à peu à partir du Coran considéré comme le texte de base intangible. La charia en fait partie qui comprend l’ordre de couper la main du voleur ou la lapidation des femmes pour adultère, pratiquée à différents degré dans de nombreux pays musulmans dont la Lybie, l’Iran ou l’Arabie Saoudite, le premier lieu saint de l’islam. Le fait de changer de religion en islam est un péché mortel, et vaut condamnation à mort.
Le châtiment suprême est réservé aussi aux homosexuels dont il n’est pas possible de protéger les droits dans les textes de l’ONU qui rencontrent dans ce domaine une opposition continue des pays musulmans sur quoi on cède et que la France valide jusqu’à sa signature comme cela a été le cas encore avec le texte issu de la conférence contre le racisme de Durban II. On retrouve dans ce texte « l’islamophobie » mise sur le même plan que le racisme ce qui est extrêmement dangereux pour le libre droit à la critique de l’islam mais l’homophobie elle est exclue et a de beaux jours devant elle en terre de cette religion. Au Sénégal en ce moment même les homosexuels sont persécutés au nom de l’islam et en Iran tout simplement pendus…
Mais surtout, aucune organisation musulmane en France ne se désolidarise de ces pays qui pratiquent la pire des politiques au nom de l’islam, et pour cause, parce qu’elles en épousent les principes qui dominent ces sociétés avec les risques que cela fait courir à nos libertés.

M. Pena-Ruiz confirme une complaisance bienséante vis-à-vis de l’islam

Effectivement, M. Pena-Ruiz est bien complaisant encore avec l’islam, à force de relativisme, lorsqu’il explique que « La domination masculine est le propre des sociétés marquées par les trois grands monothéismes. L’Ancien Testament fait dire à Dieu s’adressant à Ève : « Tes désirs te porteront vers ton mari, et lui dominera sur toi » (Genèse III, 15). À mettre en écho avec une prière juive traditionnelle du fidèle masculin: « Je remercie Dieu de na pas m’avoir fait naître femme ». Saint Paul, dans sa Lettre aux Éphésiens (V, 22), stipule : « Que les femmes soient soumises à leurs maris ». À mettre en écho avec la notion juridique de « chef de famille », présente dans les livrets de mariage occidentaux jusqu’à une époque récente. Et le Coran n’est pas en reste, qui précise : « Les femmes ont droit à l’équivalent de ce qui leur incombe selon les convenances. Les hommes ont toutefois sur elles préséance d’un degré ». (Sourate II, verset 228) »
Mais pourquoi ne cite-t-il pas ce qui est bien plus signifiant pour la religion musulmane dans le traitement qu’elle fait des femmes et qui décrit tout un état d’esprit, dans le passage suivant : « Les hommes sont supérieures aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci… Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises… Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l’inobéissance ; vous les reléguerez dans des lits à part, vous les battrez… (Sourate IV verset 38)» Certes, toutes les religions sont issues de sociétés patriarcales mais aucune ne présente un tel niveau de violence appliqué dans l’actualité contre les femmes.
En France même, la lapidation fait partie des références de l’UOIF, l’Union des Organisations Islamiques de France, qui figure dans le texte de son denier congrès comme un facteur de cohésion de la famille. Une association portée au nu par notre Président de la République qui domine le CFCM. Rappelons-nous quelle a été l’attitude du CFCM et de l’UOIF lors de l’affaire des caricatures de Mahomet, pour obtenir par voie de justice la limitation en France de la liberté d’expression en raison selon eux du caractère « blasphématoire » de celles-ci.
La délégation régionale à l’égalité d’Ile de France a mis l’accent sur la recrudescence de mariages forcés alertée par les associations qui accueillent les victimes en France de ce fléau qui gagne du terrain, et est directement lié à la pratique de l’islam et à l’immigration. Un phénomène qui accompagne souvent la recrudescence de la polygamie bien connue des services sociaux, alors que l’immigration d’origine du Mali essentiellement polygame représente 80% de l’immigration subsaharienne, et que cette population a été multipliée par dix en trente ans en région parisienne.
Il suffit de voir le film « La journée de la jupe » pour se rende compte des problèmes posés par l’immigration musulmane. Dans un débat, une mère d’élève de collège qui a scolarisé son fils dans le privé disait qu’après avoir vu le film « Entre les murs » elle était choqué par la façon dont celui-ci avait été primé alors qu’il faisait dans l’angélisme en matière d’intégration, et que personne ne voudrait voir son enfant dans une telle classe que celle décrite par le film, où les enfants de l’immigration maghrébine et africaine dominent.
L’immigration aussi est un de ces débats tabous que ce genre de bienpensance à la Pena-Ruiz nous empêche d’ouvrir en grand côté laïcité. Pourtant c’est la seule façon d’éviter qu’il ne soit vampirisé par l’extrême-droite qui en fait son fond de commerce en jouant sur le ressentiment plutôt que de faire réfléchir dans le sens de l’amélioration de notre vivre ensemble. Car la vraie question ici, c’est « moins d’immigration pour plus d’intégration », afin que chacun puisse trouver le chemin de sa place dans notre société française par l’égalité et non l’installation du communautarisme religieux façon islam, dans la suite logique d’une immigration sans précautions et sans équilibre qui a déjà eu lieu.

Une attaque continue de l’islam contre la République qu’oublie totalement M. Pena-Ruiz

Les Français de confession musulmane sont de plus en plus enclins à saisir la justice en faisant valoir qu’ils s’estiment discriminés en raison de leur pratique religieuse, alors qu’en réalité, il s’agit de l’affirmation d’une conception islamique du prosélytisme qu’encouragent systématiquement des associations comme l’UOIF, qui flirte avec Tarik Ramadan ou le sulfureux Dieudonné.
C’est dans cet état d’esprit que l’expansion du voile ne cesse de progresser avec en toile de fond la volonté des milieux islamiques d’obtenir en permanence des concessions de la république. Leur logique est simple, plus il y a de voiles plus il y a de conflits en justice et plus il y a de reculs des politiques à attendre qui tous se prêtent peu ou prou au clientélisme religieux.
En fait de discrimination ce qui est honteux dans un pays comme le nôtre, c’est de laisser des femmes porter ce voile qui est un symbole de soumission à un statut inférieur en regard des hommes, qui instaure une forme de domination de l’homme sur la femme, une pratique qui est en totale rupture avec la logique de nos lois, avec l’esprit et la lettre de notre république laïque et sociale, avec le sens de nos libertés fondamentales.
Mais comment en est-on arrivé à ce point de banalisation de cet état de fait, sinon par les renoncements de nos politiques et de trop de nos intellectuels version médiatico-officielle, à faire respecter les acquis démocratiques qui fondent le pacte républicain de progrès que notre pays doit à une histoire faite de révolutions contre plusieurs formes de dominations dont la domination religieuse, acquis démocratiques en tête desquels se trouve l’égalité homme-femme, bafouée par le voile islamique porte drapeau de l’islam tout court !

L’islam, un instrument au service de la domination capitaliste, n’en déplaise à notre instructeur à charge !

M. Pena-Ruiz nous parle du passé mais nous nous lui parlons du présent et là, c’est bien l’islam qui est le fer de lance des pires régressions de notre temps et y compris cheval de Troie du retour des autres religions dans le champ du politique en Europe et en France tout particulièrement. Et cela en revendiquant, effet pervers, dans le sillage des revendications communautaires des musulmans, plus de pouvoir d’influence sur le politique et qu’on leur accorde, sous prétexte d’égalité de traitement des religions, en toute cohérence avec son rôle d’opium des peuples.
Cette logique de l’islam colle merveilleusement bien à la stratégie de pérennisation et de domination capitaliste. En Turquie, un pays que l’on veut faire rentrer dans l’UE, l’exemple de l’islam est sans appel vis-à-vis des exigences de liberté qui sont les nôtres : Prière-bizness-prière pour un islam conservateur qui est merveilleusement bon pour le capitalisme et l’enrichissement personnel de quelques-uns. Le prêt à intérêt est théoriquement interdit par l’islam, bien que la pratique en ce domaine reste imprécise, mais en revanche, les dividendes sont admis en tant que participation aux bénéfices de sociétés dont les activités sont supposées légales.
L’AKP, le parti islamique au pouvoir dans ce prolongement offre une complicité politico-économico-religieuse formidable au système, sans compter avec l’islamisation rampante qui s’attaque aux droits des femmes et les fait taire tout en contribuant à leur exploitation. L’islam est une religion de restriction nous explique dans un reportage cette semaine un patron d’entreprise pratiquant là-bas, qui impose une modestie et qui interdit toute rébellion. Un modèle économique parfait qui doit faire rêver plus d’un nabab.
Voilà pourquoi les réactions vis-à-vis de cette religion de la part des élites politiques sont si molles, et la Turquie est invitée à entrer dans l’Union Européenne, car elle est utile dans la gouvernance de sociétés que l’on veut à genoux et sous le joug du clientélisme religieux, divisées en une juxtaposition de communautés concurrentes de droits et à un communautarisme qui tue jusqu’à l’idée même de peuple réduit ainsi à l’incapacité de se défendre. Encore une idée que ne connait ni de prêt ni de loin notre philosophe.

RL accusée d’une défense inconditionnelle d’Israël parce que nous dénonçons l’islamo-fascisme du Hamas !

Encore nous-dit-il, « La défense d’Israël par Riposte Laïque au moment où il bombardait les populations civiles de Gaza ne me semble pas précisément relever de l’esprit laïque. » Sauf qu’il n’y a rien de plus faux ! M. Pena-Ruiz comprend de travers ou fait encore une fois preuve de malhonnêteté intellectuelle en nous accusant d’avoir choisi une défense inconditionnelle d’Israël. On sait ce qu’il y a en arrière plan de cette accusation qui est devenue une tarte à la crème, l’idée que la mort de civils palestiniens relèverait du racisme et non de crimes de guerre liés à un conflit territorial.
Le fait de dire que la résolution de la question israélo-palestinienne ne peut se résoudre qu’en quittant le terrain religieux pour passer sur celui du politique, est-ce pro-israélien ? Dénoncer le Hamas comme une organisation qui ne cesse de justifier l’impossibilité du règlement de la question palestinienne et qu’il relève d’un fascisme politico-religieux, est-ce défendre Israël ? Si on veut soutenir le processus de paix il faut soutenir le processus laïque contre le Hamas en même temps que la fin de la colonisation des territoires palestiniens par les colons juifs, au lieu de renvoyer dos à dos Israël et le Hamas. Les propos de M. Pena-Ruiz à notre adresse qui convergent dans une victimisation à la mode justifient ainsi d’aller manifester au côté de ce mouvement qui prône la république islamique comme son modèle, au côté des femmes voilées au cri d’Alla est grand !
La désignation d’Israël comme l’ennemi à abattre est trop souvent un bouc-émissaire mis au service d’une cause qui est celle de la justification du crime contre les libertés érigée en statut du pouvoir des Etats opprimant au nom de l’islam leurs peuples, voilà ce que nous dénonçons aussi.

Les Lumières de l’islam auraient vu le jour avant celles de l’Europe : confusion, raccourci et relativisme

C’est un climat de repentance qui traverse cette idéologie qui est celle de M. Pena-Ruiz, comme lorsqu’il évoque Averroès, où il nous sert un discours des plus formaté dans le genre : « C’est en terre arabo-musulmane qu’a été sauvé l’immense héritage de la civilisation grecque, qu’on a inauguré une coexistence harmonieuse et un dialogue exigeant des grandes cultures, que s’est inventé le principe de lecture rationnelle des textes (avec Averroès) : les « Lumières » y ont devancé les Lumières européennes de plusieurs siècles. » Pourquoi exagérer les termes de l’histoire à ce point en affirmant des contrevérités de cet ordre, car parler des Lumières ici sans y mettre de contenu revient à une supercherie. Les apports d’Averroès n’ont rien à voir avec Les lumières du XVIIIe siècle qui ont préludées à la Révolution française.
La reconnaissance d’un rôle plus ou moins important de la culture arabo-musulmane dans le dialogue des civilisations à partir de cette mise en relation de l’œuvre d’Aristote et de l’islam est largement discutable. Tout d’abord parce que sur le fond elle n’a jamais été énoncée ainsi qu’aucun héritage de ce côté n’a existé en terre musulmane après. Cet aspect de l’apport d’Averroès est purement idéologique et n’a de toute façon pas eu la portée que M. Pena-Ruiz lui prête. Ce qu’appelle les Lumières musulmane M. Pena-Ruiz est resté lettre morte, alors que celles de l’Europe ont produit un modèle politique égalitaire universaliste fondé sur l’amélioration du sort commun et mettant à l’abri l’homme de la domination religieuse.
Se servir de la référence à Averroès pour induire à l’islam une valeur positive est un comble. Le travail intellectuel d’Averroès a été combattu dans le monde musulman où ses œuvres ont été brûlées et aussitôt oubliées après sa mort. Son ouverture d’esprit et sa modernité pour l’époque déplaisaient aux autorités musulmanes (XIIe siècle) qui l’on exilé comme hérétique. Il demeura profondément méconnu jusqu’au XIIIe siècle où son importance fut cependant minimisée. Ce n’est qu’actuellement que les historiens de la philosophie reconnaissent son importance, essentiellement en Occident d’ailleurs.
Averroès a cherché désespérément à lier Aristote et la religion d’Alla, sa réinterprétation de l’œuvre du philosophe à partir de différentes versions ayant pu lui suggérer d’opérer le même travail sur la religion tout en ne changeant rien à sa place au sommet du pouvoir du sultan. Mais c’était déjà un exploit dans ce contexte d’oser s’interroger sur les textes sacrés et une ouverture à confirmer, ce qui ne fut pas le cas.
Cette transmission de l’héritage aristotélicien au début du bas Moyen-âge est on le sait de nature polémique, car elle a surtout nourrit la métaphysique dont le christianisme pendant plusieurs siècles s’est paré et a façonné certains des siècles les plus sombre pour les libertés en Europe.
Il ne s’agit pas de minimiser le rôle des héritiers arabo-musulmans de la pensée aristotélicienne, mais enfin il ne faut pas exagérer par des propos mirifiques bien déplacés pour un scientifique.
On doit se réserver de voir en Averroès le passeur de la raison des Grecs vers l’Occident, car les humanistes iront chercher bien autre chose qu’Aristote chez les Grecs pour construire la pensée des lumières, du côté de cette liberté du politique qui les amena à l’invention de la citoyenneté et de la démocratie, du gouvernement des hommes par les hommes par-delà les dieux, et qui n’effleura pas Averroès.
Mais on pourrait s’aventurer à dire qu’Averroès est le rendez-vous manqué de l’islam avec l’initiation à la reformulation de cette religion à la lumière d’une pensée moins centrée sur elle-même et sa tradition. Il y a un très bon sujet de thèse ici mais qui ne peut voir le jour qu’en levant des tabous comme ceux que certains anti-laïques et laïques eux-mêmes nourrissent derrière un soutien idéologique inconditionnel à des images d’Epinal d’Averroès.

De Henri Pena-Ruiz à Marc Blondel, RL accusé de complot et mis en demeure de rentrer dans le rang, sans rire !

M. Pena-Ruiz conclut par une mise en garde de notre journal qui vaut son pesant : « L’heure n’est pas, ou ne devrait pas être, aux invectives contre des personnes qui entendent défendre la laïcité. Le débat oui, mais pas la déformation polémique. A moins que sous prétexte de laïcité on ne nourrisse un autre projet politique. » Ca y est, voilà convoquée la thèse du complot, ce vieux serpent de mer. M. Pena-Ruiz utilise un drôle d’argument pour faire rentrer les laïques de tous horizons dans le rang au nom de la grande cause et d’un savoir absolu dans le domaine qui nous préoccupe qui serait le sien et lui permettrait de lancer des menaces d’ostracisme tel le gardien du temple. Un argument qui a été usé jusqu’à la corde d’un autre temps et d’un autre lieu, celui du stalinisme.
On met en demeure d’unanimisme et on accuse d’imprécation avant de justifier l’exclusion, car il s’agit bien là de jeter sur nous l’opprobre, de nous faire porter la souillure et par là nous faire apparaitre comme un repoussoir, comme des gens infréquentables. Attention à la tentation de la pensée unique chez certains laïques sous prétexte de défendre la grande cause contre le grand Satan ! On peut croire pouvoir prononcer des fatwas contre notre journal, mais nos lecteurs n’appartiennent à personne et n’ont rien d’un troupeau qu’on mènerait à ce bâton de propagande de bas étage où on veut !
Suite à l’échange entre Henri Pena-Ruiz et notre journal sur l’orientation à donner au combat en faveur de la laïcité, Marc Blondel, Président de la Fédération Nationale de la Libre Pensée a cru bon de prendre publiquement position à propos de ce qu’il désigne comme des provocations internes au camp laïque, montrant implicitement du doigt notre journal.

Tout d’abord, son aversion pour les provocations aurait pu trouver à s’exprimer ailleurs pour défendre la liberté d’expression, tel que le refus de ceux qui ont organisé le second rendez-vous des Rencontres Laïques Internationales que notre livre, « Les dessous du voile », puisse y avoir une table et y être vendu. Ou encore, il aurait pu réagir au fait qu’on y soit attaqué par la tribune sans pouvoir répondre à ne pas y avoir été invité. Mais là, bizarrement, il n’y a rien, il n’est pas offusqué !
Il a cru bon aussi d’affirmer, en se faisant l’avocat des positions d’Henri Pena-Ruiz qui défend l’islam, que « les évènements nous conduisent à traiter les dangers les plus proches et force est de constater » qu’ils « viennent de l’Eglise catholique et romaine et de la perversité de notre gouvernement. » Le christianisme selon lui serait le principal danger, foutaises !
Mais peut-être n’est-ce pas si étonnant, car Marc Blondel est sur un positionnement qui entre dans l’ordre de ce que nous critiquons régulièrement, une mollesse du camp laïque face aux dangers d’un regain du religieux où l’islam de loin tient la tête. Pour rappel, il a conversé tranquillement à l’émission « Ce soir ou jamais » sur France 3 avec Tarik Ramadan en se montrant proprement incapable de répondre à ce triste sire, qui pourtant était facilement prenable, à condition d’avoir à l’esprit de quelle dangerosité il est le ressort, d’un islam politique qui est un fascisme, un danger mortel pour notre démocratie et notre république.
Oui l’islam, contrairement à ce que M. Blondel avance, est la religion qui aujourd’hui est la plus menaçante pour la République, parce qu’elle est porteuse de revendications communautaires qui entendent imposer à la société des reculs de droits inacceptables en ouvrant la voie aux autres religions pour lesquelles c’est une aubaine alors qu’elle ne cessent de connaitre une désaffection. D’ailleurs c’est bien ce qu’entend clairement le Pape Benoît XVI, qui lors de sa dernière visite en France a soutenu le concept controversé en France de « laïcité positive », prôné par le président français Nicolas Sarkozy pour faire toute sa place à l’islam, qui estime que « l’héritage et le rôle des religions dans la société doivent être pleinement assumés. »

La faiblesse des élites…

M. Pena-Ruiz fait partie de ces laïques qui, de par leur discours spécieux qui consiste à critiquer uniquement l’islamisme comme forme exacerbée de l’islam plutôt que de la prendre dans ses contradictions sur le fond, en viennent à mettre en accusation ceux qui osent en dénoncer les dangers. Ces laïques là flattent le concept d’”islamophobie” rendant ce service formidable aux ennemis de nos libertés, car participant au glissement de la lutte contre le racisme à des fins de propagande religieuse vers la diffamation des religions, autrement dit, le préalable à la justification de la pénalisation du blasphème. Il faudrait qu’ils en prennent conscience !
Il y a bien quelque chose d’affligeant dans votre démarche, M. Pena-Ruiz et dans celle de ceux qui vous ont sans doute soutenus dans cette démarche. Elle ressemble de trop près à celle de la direction de l’UFAL, organisatrice des Rencontres Laïques Internationales, qui fulmine devant les vérités que nous avons pas peur de défendre, rêvant de nous mettre en quarantaine du mouvement laïque.
Mais la symptomatique est de votre côté, celle de certaines élites qui cherchent à tous prix à rester compatibles avec le système politico-médiatique qui les entretient en ne franchissant jamais les lignes rouges de l’idéologie dominante, qui aujourd’hui fait de l’islam une victime pour mieux s’en servir comme instrument pour imposer une logique communautaire en France et un modèle anglo-saxon qui lui colle à la peau, et qu’affectionne tant notre président.

Epilogue pour une prise de conscience

Pour finir, rappelons à ces bons apôtres cette citation d’un laïque spécialiste de l’islam qui ne fait pas dans le genre compassionnelle de ceux-ci : A la question, « Pourquoi il y a-t-il si peu de démocraties dans les pays arabes ? » Abdennour Bidar, philosophe, membre du comité de rédaction de la revue « Esprit », répond d’une façon qui le ferait sans doute accusé des pires dérives islamophobiques par notre Henri Pena-Ruiz : « La démocratie comme culture se réfère à des valeurs telles que l’acceptation de la contestation, le pluralisme politique, l’égalité dont l’égalité des sexes, la tolérance vis-à-vis des autres visions du monde, la liberté de conscience, la liberté de pensée, la liberté d’association… Ce que l’on constate actuellement, c’est qu’il y a une crispation de l’islam, la réaffirmation d’un islam conservateur, une pulsion conservatrice, qui est en réaction totale vis-à-vis de ces valeurs. Un islam qui veut fabriquer du politique, du moral et du social uniquement à partir de la matrice religieuse. C’est la fameuse phrase que l’on entend chez beaucoup d’islamistes qui disent « le coran est notre constitution ». (…) Tant que l’on ne fera pas attention à ce cadavre qui est caché dans le placard, c’est-à-dire à cette crispation de l’islam, on ne touchera pas à une cause qui est un obstacle à la démocratie qui est vraiment interne aux pays musulmans. (…) Il faut tenir compte de la présence d’un islam qui est profondément théocratique et qui a une pulsion, un phantasme autoritariste extrêmement important. »…
Guylain Chevrier
historien

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