L’Europe face aux réveil des peuples exaspérés

Publié le 27 septembre 2010 - par - 411 vues
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Entendez-vous ? Le Peuple gronde. Aux Etats-Unis, la droite est débordée par les Tea Party, cette fronde contre les partis accusés d’avoir floué leurs électeurs. En Europe ; le vote populiste fait tache d’huile ; en réaction aux tensions identitaires et religieuses qu’a fait naître le multiculturalisme imposé par l’Union européenne. Le week-end dernier, l’extrême-droite s’est même invitée au Parlement suédois (5,7 % des voix) en bousculant la tempérance de cette ex-symbole de la social-démocratie. Cependant, l’erreur serait de se contenter de dénigrer ces phénomènes en les étiquetant racistes ou xénophobes. Leur généralisation, qui n’épargne pas la France , oblige à en comprendre la cause. Elle est très simple.

Ces démocraties vertueuses ont oublié les gens qui la composent. Dans un accable l’Union européenne et sa « tentation totalitaire » (L’Europe et le Spectre du califat) l’historienne Bat Ye’or l’accuse même ; preuves à l’appui d’administrer les populations des pays membres par des directives largement inspirées par des puissants réseaux liés à des organisations internationales comme l’Organisation de la Conférence islamique » qui regroupe cinquante sept pays musulmans. « L’Europe est une alliée idéale qui sert les ambitions expansionnistes de l’Oumma, la musulmane communauté musulmane universelle » dit-elle Puisse sa thèse ne pas recueillir la censure du silence.

En fait, un authentique scandale est train d’émerger : celui d’une constante indifférence portée aux peuples par les élites européennes fascinées par le mondialisme et le dialogue des cultures, cet attrape-nigaud qui invite le Vieux C à multiplier d’unilatérales concessions à l’immigration de peuplement et à la « diversité », au détriment d’une exigence d’intégration. C’est contre ce mépris que s’élèvent, dans un même sursaut, des citoyens disparates exclus de leur destinées. En France, une identique stupéfaction gagne ceux qui, confrontées à la montée des communautarismes ,auront cru les experts qui assuraient « La France n’est pas un pays d’immigration massive » ( Ined, 2005).

Les revendications conservatrices ne font que commencer. D’autant que trop de dirigeants européens ,mobilisés par l’immédiateté, ne veulent toujours pas voir le danger futur que représentent des incompatibilités culturelles qu’ils croyaient pouvoir résoudre en tentant de vider chaque nation de ses substances, à commencer par les traditions et le patriotisme. C’est pourquoi, s’empresser de classer ces rebellions sous la seule infamie de la haine de l’autre, comme le fait le discours unique en instrumentalisant la Shoah, revient à délégitimer des revendications souvent compréhensibles. Le respect du peuple n’est-il pas un droit de l’homme ?

Sentiment d’abandon

La trahison du peuple, y compris par la majorité des intellectuels, est indéfendable. C’est lui qui mériterait de porter plainte pour discrimination, votre négation de sa propre existence, quand les beaux esprits expliquent que, ça y est ! rien n’arrêtera plus la substitution de population décidée il y a quarante ans par une oligarchie habitée par la haine de soi. L’Europe angélique mais autoritaire, qui s’indigne du sort réservé aux Roms quand ils sont pourtant dans l’illégalité, mais qui reste muette devant l’islamo-fascisme qui brandit maintenant ses menaces terroristes en France, devrait s’inquiéter de l’image qu’elle donne en se révélant incapable d’offrir des résistances aux plus vindicatifs et d’apporter d’élémentaires protections.

C’est ce traumatisme, dû au choc migratoire et à l’implantation de l’Islam radical, qui s’exprime partout. Il oblige les gouvernements à prendre en compte ces plaintes, trop semblables pour ne pas représenter un fait politique. D’autant que les extrêmes désireux d’en découdre, sont prêts à accueillir ces citoyens sans parti fixe (SPF). Quand la « conscience » du Nouvel Observateur, Jean Daniel, estime récemment, parlant du respect de la diversité que « l’exercice ne saurait se traduire au détriment des français de souche », il pointe avec justesse un sentiment d’abandon chez ces Français- français qui peuvent se sentir exclus par le vide culturel de l’apologie du métissage. Celle-ci, dans les programmes d’éducation civique de 5è 5( Demain citoyens Nathan 2010) ne met plus en avant « Liberté, Egalité, Fraternité » mais « Egalité, Diversité, Solidarité ».

Hortefeux ouvre la voie

La droite de l’Europe accompagne le réveil des peuples exaspérés par cette Tyrannie de la faiblesse (Paul-François Paoli,Ed. François Bourin) qui affecte aussi l’Eglise ( voir mon blog) . En France, gageons que la campagne de 2012 saura rendre que aux citoyens l’hommage auquel ils n’ont pas eu droit quand le Parlement, à l’initiative de Nicolas Sarkozy, est revenu sur leur choix de rejeter la Constitution européenne en 2005. En tout cas, le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux , a choisi d’ouvrir la voie : depuis peu, il décline tous azimuts cette référence au peuple oublié, en épousant ses révoltes et en prônant, dans le Figaro Mag zine, des jurys populaires en correctionnelle, l’élection des juges de l’application des peines, voire celle des présidents de tribunal correctionnel. Hortefeux, futur premier ministre d’un gouvernement ouvert à la France silencieuse ?.

Référendums

Pas de meilleure solution pour écouter le peuple que de lui donner la parole. Pourquoi pas un référendum sur les retraites. Et à quand une consultation populaire sur l’immigration qui se poursuit ?

Ivan Rioufol

Paru dans Le Figaro du samedi 25 septembre

Tapé et envoyé par un lecteur, Jean-Luc

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