L’habit ne fait pas le moine, le voile ne fait pas la musulmane

Publié le 28 septembre 2007 - par - 1 302 vues
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Jusqu’à la fin des années 80, voire jusqu’au début des années 90, les musulmanes installées en France et dans d’autres pays occidentaux se promenaient sans voile sur la tête.
Etaient-elles de mauvaises musulmanes ? Etaient-elles athées, mécréantes, agnostiques ? Etaient-elles des infidèles, des impies ?
Je ne le crois pas.

Le dicton « l’habit ne fait pas le moine » peut s’appliquer aux musulmanes, aux musulmans et à n’importe quel autre individu dans n’importe quelle circonstance.
La foi est une expérience vécue intimement. Nul signe extérieur ne peut la prouver incontestablement. Nulle pression extérieure ne peut l’invalider.
Une musulmane est-elle plus croyante aujourd’hui qu’il y a quinze ans seulement parce qu’elle porte un tchador, une burka, un hijâb, un niquâb ou bien un simple foulard ?
Je ne le crois pas.

Un musulman est-il plus croyant aujourd’hui qu’il y a quinze ans seulement parce qu’il porte la barbe, le chèche ou la gandoura blanche ?
Je ne le crois pas.

Un chrétien est-il plus croyant qu’un autre s’il met autour du cou une croix très visible ?
Je ne le pense pas.

Un homme est-il intègre, honnête et droit seulement parce qu’il porte un costume et une cravate ?
Je n’en suis pas convaincue.

Alors pourquoi y a-t-il de plus en plus de femmes voilées dans les villes de France ?
Pourquoi y a-t-il de plus en plus d’agressions dans les hôpitaux lorsqu’un médecin homme ose ausculter ou accoucher une musulmane ?
Pourquoi y a-t-il de plus en plus de piscines dont certains créneaux horaires sont réservés exclusivement aux musulmanes ?
Bref, pourquoi y a-t-il de plus en plus de repli identitaire, de communautarisme, d’auto-ségrégation ?

La barbe, le chèche, la gandoura, le qamîss (habit de certains intégristes) sont des signes distinctifs. Ils indiquent l’adhésion à une certaine idée de la femme, de l’homme et de la hiérarchie sociale, la volonté de se défaire de ce qui est contraignant dans le contrat des sociétés occidentales tout en profitant de leurs bienfaits. Ceux qui prétendent rejeter les sociétés occidentales y sont scolarisés, y poursuivent des études supérieures, y trouvent un emploi, y sont soignés.

Il faut noter que la barbe n’interdit pas à son porteur de s’accoupler avec toute femme qu’il désire ; le voile, par contre, marque le territoire de chasse gardée pour les musulmans.
Le foulard ou le niquâb sont le symbole le plus visible et le plus frappant de l’isolement, de l’endogamie, de l’auto-exclusion, de l’auto-ségrégation et de l’exclusion de l’Autre.

Des fillettes voilées, est-ce démocratique ?

Le voile est un écran mettant une distance entre la femme et le monde extérieur. Il l’enferme et l’emprisonne, de même que certains membres de la communauté à laquelle elle appartient cherchent à isoler leur groupe en revendiquant des traitements différents de ceux porposés à tous les autres individus de la société française, laïque et républicaine.

De plus en plus de fillettes sont obligées de porter le voile. Elles n’ont pas le choix. On ne demande pas leur avis. De plus en plus d’adolescentes et de femmes subissent la pression de leur entourage et sont menacées, insultées et agressées si elles ne portent pas le voile. Est-ce démocratique ?

Elles n’ont pas le courage de se révolter car elles ont peur des représailles. Elles subissent l’autorité et la tyrannie des grands frères, mais aussi des grands-mères, des tantes et du qu’en dira-t-on, qui n’a même pas besoin de hausser le ton pour être entendu. Elles se sentent humiliées parce qu’elles sont différentes des autres jeunes filles et des autres femmes, n’ayant pas leur liberté et ne partageant pas leurs expériences enrichissantes et stimulantes.

Elles savent que le voile est un signe distinctif, une sorte de stigmate ou de carte de visite.
En apercevant une femme voilée, c’est avant tout une musulmane qu’on voit, ce n’est pas une femme, une personne, un être humain, une citoyenne.
Bien sûr il existe des musulmanes qui affirment que le port du voile est un choix personnel mûrement réfléchi et dicté par des motifs divers.
Elles affirment que c’est une prescription religieuse, une instruction divine, une pratique religieuse.
Il n’en est rien.

L’un des compagnons de Mahomet aurait conseillé à ce dernier de voiler ses épouses pour les protéger de la convoitise des hommes, qui les auraient agressés car ils étaient incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles.
Elles déclarent qu’en portant le voile et des vêtements amples cachant leurs formes, elles se démarquent de la jeunesse soi-disant débauchée, qui fait étalage de sa chair favorisant ainsi le dévergondage.
Savent-elles qu’il y a sûrement plus de viols en Iran et en Afghanistan qu’en France et en Europe ?

Savent-elles que les victimes de viols sont lapidées dans ces pays-là ?
Savent-elles que les jeunes et les petites filles sont mariées de force dans ces pays-là, que leur vie maritale est un calvaire et que parfois elles se suicident pour se soustraire à ce fléau ?
On cache un objet précieux quand on a peur qu’on nous le vole. Une femme n’est pas un objet. Une femme est un être humain. Par conséquent une femme ne doit pas se cacher derrière un voile, un tchador ou une burka.

On cache un objet ou un être humain quand on en a honte. Une femme ne doit pas avoir honte de son visage, de ses yeux, de ses cheveux. D’ailleurs les musulmanes ne croient-elles pas que la vie, et par conséquent leur corps, sont un don de Dieu ? Pourquoi auraient-elles honte de ce don ?
Les expressions du visage et des yeux, un sourire, la moue manifestent les sentiments d’un être humain.

Alors il ne faut pas cacher son visage derrière un morceau de tissu. Cela revient à renoncer à son identité. Cela revient à être déshumanisée.
De plus en plus de français sont choqués par la prolifération des voiles, anti-esthétiques, voire plus laids qu’un uniforme militaire.
De plus en plus de français sont choqués par la prolifération de ce symbole de l’oppression et de la soumission de la femme.
Les femmes occidentales ont lutté pendant des décennies pour s’émanciper et obtenir les mêmes droits que les hommes, pour obtenir le droit de vote, le droit au divorce, à la contraception, à l’avortement.

Elles se sont battues pour obtenir l’égalité avec les hommes.
Or certains individus voudraient aujourd’hui enfermer les femmes dans des prisons en coton, les isoler des hommes dans les piscines, leur réserver un traitement différent dans les hôpitaux et ailleurs.
On ne peut et on ne doit pas revenir en arrière.

L’habit que nous portons est peut-être conçu par un styliste qui représente la société de consommation que certains individus rejettent, mais nous le choisissons et le portons avec plaisir en toute liberté.
Une femme est un être humain digne et responsable qui doit avoir le droit de choisir sa tenue vestimentaire sans craindre les représailles.
Nombreux sont les témoignages concernant les jeunes musulmanes qui changent de tenue et se maquillent dans les toilettes des trains de banlieue pour aller travailler ou lorsqu’elles participent à des sorties organisées par leur commune. Elles se rechangent et se démaquillent avant de rentrer.

Sont-elles moins croyantes lorsqu’elles sont loin des yeux de leurs grands frères ?
Je ne le crois pas.
Le voile ne fait pas la musulmane !

Rosa Valentini

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