L'UOIF affiche sa baïonnette

Recep Tayyip Erdogan, actuel Premier ministre turc, avait annoncé la couleur de son islam conquérant en 1997 alors qu’il était maire d’Istambul : « les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les croyants nos soldats. » Cette envolée lyrique lui valu quatre mois de prison et la perte de ses droits politiques.
Côté « soldats » de l’islam politique, l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) n’a rien à lui envier. En effet, cette organisation islamiste qui contrôle désormais de nombreux CRCM et qui pilote la plupart des projets de mosquées-cathédrales en France, est issus de l’organisation égyptienne des Frères Musulmans. Elle partage d’ailleurs avec sa maison-mère les mêmes mentors idéologues, dont le fameux prêcheur Youssef al-Qaradhawi, directeur spirituel des écoles de formation de l’UOIF.

L’UOIF publie régulièrement dans ses brochures les thèses de Qaradhawi, ainsi que celles d’Hassan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans, et Sayyid Qotb, théoricien du jihad. Youssef al-Qaradhawi intervient régulièrement aux congrès annuels de l’UOIF au Bourget.
Certes, l’UOIF se défend d’appeler explicitement au jihad pour éviter les foudres de la justice. Mais sa maison-mère, les Frères Musulmans, ne cache pas ses intentions hégémoniques et guerrières, résumées dans la devise de l’organisation : « « Allah est notre objectif. Le prophète Mahomet est notre chef. Le Coran est notre loi. Le djihad est notre voie. Mourir dans les voies d’Allah est notre plus grand espoir. »
On comprend mieux pourquoi l’UOIF fait pression, partout en France, pour l’édification de mosquées gigantesques et disproportionnées ; sans aucune mesure avec les besoins de la communauté musulmane qui, dans sa très grande majorité, ne se reconnaît pas dans l’UOIF et ses thèses.
Et une preuve supplémentaire de cette volonté d’un islam ostentatoire se trouve dans l’affiche du prochain congrès de l’UOIF au Bourget :

Au milieu d’une ville futuriste, on aperçoit un minaret qui émerge, ainsi que le clocher d’une église. Mais le minaret, nouveau dans ce paysage moderne, est volontairement dessiné plus haut que le clocher traditionnel :

Voilà sans doute le type de « spécificités » arrogantes que voudra « assumer » l’UOIF dans nos « sociétés modernes » : après le voilage des soldates de l’islam et les mosquées-madrassas pour endoctriner les fidèles, les minarets-baïonnettes d’où, demain, résonneront les appels à prière cinq fois par jour.
Evidemment, les responsables de projets de mosquées de l’UOIF disent qu’il n’y a aucun appel public à la prière musulmane sur notre territoire. Pour le moment. Mais hier, ils nous juraient que le voile islamique était tout à fait marginal et qu’il ne posait aucun problème. On connaît la suite !
Comme exemple de ce double discours qui grignote à petit pas le territoire républicain et laïque, citons Tarek Oubrou, imam UOIF de Bordeaux, qui prétend prôner un islam modéré, mais qui tient un tout autre discours quand il s’adresse à des musulmans dans ses conférences sur… Hassan al-Banna, fondateur des Frères Musulmans : « Le Califat qui est le symbole de la réunion et de l’union de toute la communauté, c’est le symbole de la force des musulmans. Un 2 mars 1925 le Califat est déclaré abolit par Mustapha Kemal connu sous le nom de Atatürk, c’est-à-dire le père des turcs, qui est un juif d’origine et qui s’est déguisé en musulman. La oumma se trouve alors dans une situation illégale […] car le Califat est une obligation, et la réunion des musulmans, l’union autour de ce Calife est une obligation. » (1)
Pour reprendre le slogan de son affiche, s’agit-il là d’une « spécificité à assumer » pour l’UOIF, ou d’une « valeur à partager », et à partager avec qui ? Peut-être avec Nicolas Sarkozy, qui a introduit le loup de l’UOIF dans la bergerie de la République française, mais pas avec les Français.
Martine Chapouton
(1) http://www.islamisation.fr/archive/2008/02/04/la-prochaine-grande-mosquee-de-bordeaux.html

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