La CEDH valide la loi sur le voile intégral : les limites d’une victoire

Publié le 2 juillet 2014 - par - 1 127 vues
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Nogentburqa2Le 1er juillet 2014, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a validé l’interdiction du port du voile intégral dans l’espace public français.

A première vue, c’est une victoire qui conforte la loi de 1905 sur la laïcité.  Mais à y regarder de plus près, il n’en est rien.

Selon la loi du 20 octobre 2010 interdisant le port du voile intégral,  entrée en vigueur le 11 avril 2011,

« Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage ».

Qu’entend-on par espace public ? Les voies publiques, les transports en commun, les commerces et centres commerciaux, les établissements scolaires, les administrations etc.

Une fois de plus, la France a accouché d’une loi hypocrite, car, comme celle de 2004 sur le voile à l’école, elle esquive le fond du problème.

D’ailleurs, personne ne s’avise sérieusement de faire  respecter l’interdiction du voile intégral.

Les voies publiques ?  Allez faire un tour à Marseille; à Roubaix, à Nantes, à Saint-Denis ou sur des marchés en région parisienne :  on y croise des bâchées que pas un policier ne s’aviserait d’aborder poliment pour les rappeler à la loi.  Le souvenir est trop vif des émeutes provoquées par ce genre d’intervention policière.

Les transports en commun ?  Si vous êtes parisien et que vous empruntez la ligne 13, vous vous trouverez un jour ou l’autre dans un wagon où une femme (?) , fantôme entièrement vêtu de noir, dissimule son visage sous un voile épais, sans parler de ses mains dûment gantées.  Sur cette ligne 13, très surveillée, que font les brigades estampillées RATP  Sécurité?  Rien ! Ou plutôt si : elles sont là  pour préserver la paix sociale, selon la formule consacrée.

Commerces et centres commerciaux  n’échappent pas à la règle : nulle contravention dressée pour non-respect de la loi. Les Belphégor investissent à leur gré les grandes surfaces et sont souvent défendues par les vigiles à qui l’on fait remarquer l’infraction.

Et que penser des déclarations de policiers qui déclarent obéir aux ordres en laissant faire ?

Il faut avoir le courage de le dire : la loi de 2004 sur le voile à l’école, comme celle de 2010 sur le voile intégral sont de mauvaises lois qui consistent à soigner une gangrène au lieu d’amputer le membre.  Car enfin, de quoi s’agit-il ?  De combattre un islam qui met à mal le vivre-ensemble si cher à nos politiques, en usant de signes religieux ostentatoires dont il n’est à plus à démontrer qu’ils marquent la soumission de la femme, mais aussi – et c’ est tout aussi grave pour notre « devenir ensemble » – le fait que la femme musulmane est destinée à un musulman ou à un mécréant qui, par amour, accepterait de se convertir. Après cela, on ose venir nous parler d’un inéluctable « métissage » !

Pour préserver la paix sociale, il aurait fallu combattre le voile – du foulard jusqu’au voile intégral – en l’interdisant sur tout le territoire de la République. La lâcheté et la compromission de nos élus – mais aussi la bêtise de nombre d’enseignants et de gens de gauche comme droite « au nom de la démocratie, de nos valeurs etc. »,  nous ont conduits là où nous sommes : dans un pays en voie de colonisation religieuse. Tout cela par manque de courage et parce que personne n’a osé appeler un chat un chat, et l’islam l’islam.

Alors, faut-il se réjouir de la décision de la CEDH ?  Tant que la France n’aura pas le courage de trancher une fois pour toutes la question du voile quelle que soit sa forme, les ardents défenseurs de la laïcité ne remporteront, au mieux, que des victoires à la Pyrrhus.

« Si tu veux la paix, prépare la guerre ».  Nous avons perdu les deux premières batailles contre le  foulard et le voile, en prétendant les avoir gagnées.  Certaines écoles bafouent la loi de 2005 et acceptent des élèves enfoulardées.

Le 1er juillet 2014, La France n’a remporté qu’une semi-victoire.

La grande bataille du voile va continuer, en espérant que nous la gagnerons avant qu’il ne soit trop tard.  Trop tard, c’est bientôt !  Michel Onfray n’a-t-il pas déclaré que dans cinquante ans la France serait musulmane ?  Il a sans doute péché par optimisme : trente ans, c’est plus réaliste.  Qui a envie de voir cela ?

Eve Sauvagère

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