La circoncision n’est pas comparable à l’excision

En tant que féministe je récuse l’analyse assimilant circoncision à excision et acte de barbarie.  Cette question concerne les hommes entre eux avant tout, pères et fils, mais la comparaison de cet acte avec l’excision ne peut pas rester sans réponse.

Quel homme juif s’est jamais plaint de sa circoncision, quel homme a allégué que sa vie sexuelle aurait été altérée ?… A ma connaissance, personne. Par contre il arrive que des hommes juifs regrettent la « coupure » avec leur judéité du fait que leurs parents ne les ont pas circoncis.

Comparer la circoncision à l’excision est faux, aussi faux que de qualifier également de « viol », le viol proprement dit et la sodomie. L’excision a pour but d’empêcher désir et surtout plaisir féminin, elle aboutit dans certains cas, et risque toujours de causer des douleurs permanentes pour les femmes qui la subissent, ou la mort.  Ces conséquences n’existent pas pour la circoncision. L’excision  est bien un acte de barbarie, mais pas la circoncision.

Ce qui est en cause dans cette comparaison c’est une négation de la gravité particulière des atteintes « traditionnelles » aux droits et au corps des femmes  …

De même, dans le cas du viol définit aujourd’hui comme « toute pénétration », il y a une négation de la gravité toute particulière du viol, du viol vaginal des femmes. Le viol signifie pour une femme la destruction de toute sa vie sexuelle, car l’image du viol risque de s’interposer pour le restant de ses jours, alors qu’un homme la plupart du temps ne vit pas sa vie sexuelle par la sodomie. Le viol signifie  pour une femme, le risque de grossesse, c’est-à-dire de grossesse – avec tous ses risques vitaux –  et de mettre au monde un enfant non désiré d’un homme non désiré ou être obligée d’avorter pour l’éviter, c’est-à-dire l’horreur déshumanisante dans tous les cas, avec de grands risques pour l’enfant né dans ces conditions d’en souffrir toute sa vie …

Nier les différences anatomiques et leurs conséquences est grave, car c’est nier nombre de destructions et les souffrances particulières qu’elles engendrent, les occulter en les réduisant à des situations où ces destructions là ne se produisent pas.

Le droit des enfants est en cause : oui, bien sûr, mais pour s’affoler de la gravité de cette atteinte, il faut se demander ce que ressentent les intéressés, subjectivement, c’est bien là le principal, car un enfant a aussi le droit d’être uni à ses parents. C’est entre ces deux droits qu’il faut arbitrer, et non pas au titre et au vu d’un seul.  L’immixtion de la société dans les rapports entre parents et enfants ne doit se faire qu’avec la plus grande prudence, sous peine de violer le droit des enfants et des parents de vivre leur relation d’amour familial.  

Voilà pourquoi avant d’exiger des juifs qu’ils renoncent à un acte qui unit les pères à leurs fils, ce qui certainement pour certains une souffrance, je demande que l’on interroge d’abord les hommes juifs au sujet de ce qu’ils ressentent. La seule chose dont des garçons se soient plaints c’est qu’on a pu les repérer comme juifs lors des persécutions, mais aujourd’hui … on peut se demander si ce n’est pas ce qui pourrait sauver la vie de certains vu les nouvelles circonstances ( !).

Le seul point certain aujourd’hui pour des laiques laicards, c’est que la sécu n’a pas à financer les lubies des sculpteurs de corps en tout genre :  piercings, tatoueurs et autres rabbins chirurgicaux …  

Elisseievna

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