La condamnation à mort d’Asia Bibi, cela n’a rien à voir avec l’islam, madame Bouzar ?

Ce matin, (11 mars 2012) l’émission islam nous a distrait, au sens qu’elle visait à détourner notre attention et à nous rassurer. de Fatima Mernissi, à Dounia Bouzar, en passant par Olfa Youssef , nous eûmes droit à un discours lénifiant. Madame Mernissi résumait cette « qayd » visant le public non-musulman, en ces termes, parlant d’Huntington : « je me suis dit, son islam, ce qu’il décrit, ce n’est pas mon islam, la femme battue (…) ».

L’universitaire se serait angoissé. Il aurait angoissé la planète, avec un objet qui n’existerait pas.

Dounia Bouzar complètera le propos, en accusant : le « climat pesant (en France), où l’islam est devenu un objet politique pris en otage(…).

Si l’on devait suivre le raisonnement de ces dames, le Soudan et ses cinquante années de djihad, avec ses millions de victimes civiles chrétiennes et presqu’autant de personnes chassées de leurs villages, le Darfour « pas assez musulman » qui subit un djihad qui a déjà plus de dix ans, le Nigeria qui subit chaque semaine (celle-ci encore) les attaques et les incendies d’églises, les voitures piégées et tous les moyens de tuerie possibles contre les chrétiens, le Pakistan où une travailleuse agricole chrétienne (Asia Bibi) et sa famille luttent contre une condamnation à mort pour « blasphème », le Pakistan encore où des dizaines de Pakistanais attendent leur mise à mort pour le même motif, le Pakistan toujours où un gouverneur de région, un musulman, a été assassiné pour avoir osé préconiser l’abandon ou la modification de la loi contre la blasphème, sont-ce des régions du monde, sont-ce des pays se trouvant sur une autre planète ?

L’islam qui y sévit, un islam qui concerne et conditionne le quotidien de centaines de millions d’êtres humains, ce ne serait pas l’islam de mesdames Mernissi/Bouziar ? Alors Mesdames, qu’attendez-vous pour en condamner les crimes et vous y opposer ?

Cet islam soudanais, nigérian, pakistanais, somalien ne serait-il que la projection inventée des angoisses d’Huntington ?

Ou peut-être que des athées ont pris le pouvoir dans ces pays, en se grimant en imam, en se déguisant en ayatollah, en se réunissant pour se faire passer pour des tribunaux islamiques somaliens, en s’engageant dans le djihad en tant qu’Émir, pour donner une longue théorie d’images meurtrières de la « tradition prophétique », afin de la déconsidérer?

Une jeune femme, moderne d’allure, Olfa Youssef, tunisienne, conclura l’émission en nous disant que « l’islam est un hymne à la vie ». Un hymne à la vie ? Ne faudrait-il pas poser la question aux non-musulmans nigérians, qui doivent subir les attaques régulières de Boko haram. Un hymne à la vie ? Mais en son nom on a condamné à mort Asia Bibi. Elle a été condamnée pour avoir « blasphémé l’islam et son prophète ».

Olfa Youssef nous dira « qu’il est un hymne à la joie », l’islam.

A-t-il été pendant cinquante ans un hymne à la joie et à la vie, pour les chrétiens du Soudan ?

L’est-il aujourd’hui pour les somaliens assiégés par les milices armées des « tribunaux islamiques » ?

Cette chère Olfa Youssef nous donnera une sorte de réponse : « Le problème n’est pas dans l’islam, mais dans l’usage ».

Devons-nous le croire ou n’est-on pas devant une ruse visant l’auditoire non-musulman ?

N’est-on pas devant une autre déclinaison de la « qayd », une facette de la ruse et de la taqqiyya?

Quelques questions à mesdames Mernissi-Bouzar-Youssef :

–         le droit d’héritage inégal entre les filles et les garçons, « usage » ou doctrine ?

–         la définition répétée de la vertu masculine, se déclinant lorsque l’homme se contente de « ses épouses (polygamie), de ses esclaves et de ses captives », « usage » ou doctrine ?

Réponses- questions :

Si mes deux questions précédentes sont le fruit d’usages, donnant une mauvaise image du « message prophétique », cela veut dire :

–         que la femme étant donc, en doctrine, l’égale à l’homme dans l’islam, elle peut avoir plusieurs époux.

–         cela signifie aussi qu’elle peut posséder des « captifs et des esclaves » et qu’elle est comme l’homme en droit de les consommer, sur le plan amoureux

–         cela signifie qu’elle peut obtenir une part égale en matière d’héritage, et que les « savants de l’islam » lui donneront à tout coup raison, si ses oncles, frères et cousins, lui opposent « l’usage »?

 La vie est terrible. Elle aime semer la confusion

Depuis quatorze siècle, un immense malentendu s’est abattu sur une partie importante du monde, sur celle conquise par une doctrine d’égalité homme-femme, dont « l’usage » a produit l’exact contraire.

Fort heureusement, mesdames Mernissi, Bouzar, Youssef, et d’autres, sont venues.

Elles vont expliquer aux salafistes, devenus majoritaires en Tunisie : eh les gars, halte-là ! ce n’est pas l’islam que vous voulez imposez, mais c’est un usage patriarcal anté-islamique !

Elles vont expliquer tout cela aussi aux tribunaux islamiques somaliens, saoudiens, yéménites, pakistanais, aux polices religieuses, à Boko haram… Saluons-les.

 Chapeau les filles ! Vous avez du boulot devant vous

Et la condamnation à mort d’Asia Bibi, c’est quoi au fait?

Est-ce encore une autre déclinaison d’un « usage » ? Un usage qui n’existe plus nulle part que là où règnent, en despotes, ces « usages » se cachant vicieusement sous le prétexte d’une idéologie que les hommes les soutenant, appellent par anti-phrase : « islam » ; qu’ils appellent à contre-sens, sourates et versets du coran ; qu’ils appellent, pour les mêmes raisons, sunna ou « hadiths » ?

Alon Gilad

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