La crise grecque fait ressortir un inquiétant nationalisme allemand

angelamerkelComment dit-on « solidarité » dans le Saint-Empire très peu romain et beaucoup trop germanique ?
Les commentaires malfaisants des peuples du Nord – Allemagne en tête – et des politicards de l’UMP (je ne parviens vraiment pas à dire Les Républicains), quand on connaît la réalité de la misère qui règne en Grèce après cinq ans d’austérité, font mal au cœur.
Leurs mots ne sont jamais assez blessants sur les retraites des Grecs. Retraites dont les montants ont été amputés de 30 à 50% suivant les cas. Les seules pensions qui demeurent équivalentes à celles de l’Allemagne sont celles des Grecs ayant travaillé en… Allemagne.
Mais surtout elles permettent d’aider les enfants et les petits-enfants des retraités. Six jeunes de moins de 25 ans sur dix sont au chômage. Et 28% de la population cherchent désespérément un emploi. C’est le taux de chômage le plus élevé d’Europe.
Les chiffres sont tous désastreux. C’est pour cela que la dette grecque doit être apurée. Il est impossible que le peuple hellène la rembourse sans fin, que l’Union européenne prive les Grecs d’investir dans l’avenir, leur demande le sacrifice infini des générations.
Au passage, la crise grecque fait ressurgir à vitesse grand V le nationalisme allemand. Vous savez cette chose nauséabonde que la caste politico-médiatique abhorre, ce déclencheur de guerre dont l’Union doit nous préserver, cette bête immonde que les Allemands prétendent détester.
Mais avec les Grecs, pas d’hésitation. Deutschland über alles. Il faut les asphyxier, leur rendre la vie encore plus impossible qu’elle ne l’est déjà. En ce début juillet, le jeu consiste à les priver de touristes c’est-à-dire de 20% des revenus du pays.
Ils n’ont plus d’industrie, plus de services publics, mais ce n’est pas assez.
« Je pense que ceux qui pensent que l’on va stabiliser et discipliner la zone euro en expulsant un pays sont de dangereux apprentis sorciers », analyse Thomas Piketty, ajoutant : « Ce que disent Alain Juppé, Valéry Giscard d’Estaing et Nicolas Sarkozy est extrêmement dangereux. »
L’idée de base de la construction européenne est basée sur l’effacement de la dette, d’une dette, au départ, principalement allemande. Aujourd’hui que l’Allemagne a retrouvé sa vigueur de Saint-Empire très peu romain et beaucoup trop germanique, elle ne pense qu’à chasser l’Etat le plus faible de l’Union.
Aux Etats-Unis, les Etats les plus pauvres comme le Mississippi, le Nouveau Mexique, la Virginie-Occidentale ne sont pas écartés de l’Union. Ils comptent sur d’énormes transferts des taxes fédérales, transferts comparables en volume aux montants que l’Europe a accordés à la Grèce, et ce, tous les ans.
Donc, à situation comparable, les États-Unis et l’Union européenne, Allemagne en tête, n’ont pas la même manière de vivre avec des Etats pauvres. Contrairement à Bruxelles où la gouvernance européenne est essentiellement germanique, il apparaît impensable pour les États-Unis de se débarrasser des États très gourmands en aides.
Bien sûr, les Etats pauvres américains se serrent la ceinture – mais peut-on reprocher à la Grèce de ne pas le faire – mais ils sont assurés que Washington paiera les salaires des fonctionnaires, assurera la continuité des services publics.
Rien de tel en Europe. On vante la solidarité et on égorge monétairement l’Etat le plus faible.
Que les grandes gueules de la droite française se méfient.
Si l’épuration commence avec la Grèce, viendra tôt ou tard le tour de la France.
L’épuration continuera jusqu’à ce que ne demeure qu’une Europe sous euro Deutsche Mark entourée de pays satellites marchant sous la schlague germanique.
C’est pour cela qu’il faut se retirer en bon ordre de cette Union. Réactiver la Banque de France, mettre rapidement en route une nouvelle monnaie en francs. Rester maître de nos destins avant que les Juncker, Merkel, Draghi, ne coupent le fil de notre destin.
Marcus Graven
 

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