La cuvée Méric : politiques, magistrats, médias dans la même bouteille contre la démocratie

Publié le 30 juin 2013 - par - 1 590 vues
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http://www.reseau-identites.org/communique-du-cepe-video-la-verite-sur-clement-meric/

« Il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ».

Montesquieu n’a jamais été aussi jeune.

Ni autant piétiné.

Des trois pouvoirs initiaux – législatif, exécutif, et juridictionnel – auxquels d’aucuns, à tort ou raison, ajoutent le pouvoir médiatique, est née cette créature fragile, improbable, qui s’appelle Démocratie.

A laquelle paraît-il nous tenons tous.

« Paraît-il ».

L’actuelle et furieuse confusion des genres, et pour une fois pas sexuels, pourrait nous amener à penser le contraire, notamment au travers de l’affaire Meric.

Nos institutions funambules, dont l’instabilité par définition chronique ne doit encore un semblant de verticalité que par un savant dosage de logique et de raison, bruissent comme les branches de Sassafras.

Notre vulnérabilité est le meilleur garant de notre liberté. Sauf que l’idéologue retors cherchera toujours le maillon faible.

Résultat : Les mouvements en hommage à Clément Méric.

Meric : un pauvre abruti, téléguidé comme un jouet d’enfant, se la jouant Stallone avec le physique de Debbouze, brutalement sorti de ses fantasmes d’invincibilité en 3D par un seul coup bien réel et dont la mort, certes regrettable, a été magnifiquement commercialisée par l’habituelle cohorte des charognards patentés. En premier lieu desquels les politiques. Mélenchon et ses sbires du FDG, par l’odeur du sang alléchés, furent les premiers à dépecer le corps encore chaud. L’aubaine !

Roi des ondes, l’incurable Jean-Michel Apathie inventa quelques vêtements et accessoires divers dont le tueur, pas vraiment présumé en l’occurrence, se serait paré.

Pour aller crescendo : Une minute de silence est décrétée à l’Assemblée Nationale en la mémoire de Méric. Vu ce que l’on sait maintenant quant aux circonstances de sa mort, nos députés devront la jouer bénédictins à chaque décès accidentel. Va pas rester grand chose pour voter des lois dont tout le monde se fout, vu que tout se joue à Bruxelles.

Mais le meilleur du pire : le Syndicat de la Magistrature (le Mur des Cons, ça vous parle?) s’invite à la destroy-manif’ en hommage à Meric. Hurluberlus pas trop mal payés pour appliquer l’ordre républicain défilant aux cotés de drapeaux noirs, symboles de l’anarchie. Contradictoire simplement en apparence. Sympa, en tout cas.

Politiques, magistrats, medias, de concert à la curée. L’unisson à son stade ultime.

Montesquieu n’y avait pas pensé. Plutôt que de séparer les pouvoirs, vous les mettez tous dans la même bouteille, vous secouez, vous servez chaud, et vous baptisez le cocktail « Cuvée Méric ».

Décidément, rien ne nous sera épargné.

Jacques Vinent

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