La débâcle de l’armée afghane est un modèle mondial

REUTERS/Stringer/File Photo

Les autorités gouvernementales du monde entier ont prétendu avoir été surprises par la débâcle, survenue en Afghanistan, de l’armée régulière formée sur place par les troupes américaines suite à leur retrait. Mais nous autres, islamolucides, pouvions parfaitement prévoir ce scénario.

Certes, la thèse que nous allons développer ici est de surcroît appuyée par deux autres cofacteurs, eux aussi prévisibles, qui n’ont fait qu’amplifier le phénomène.

Tout d’abord, cette armée était constituée d’un personnel plus animé par le besoin de trouver un emploi que par la flamme patriotique ou antiterroriste, et nombre de ses soldats pouvaient très bien avoir des relations, éventuellement même familiales, parmi les talibans. Il n’y a pas de fracture nette entre les rigoristes et les pratiquants plus pragmatiques, c’est un continuum où on peut très souvent mettre en évidence des chaînes humaines de connaissances reliant à un bout un quasi apostat et à l’autre une bombe humaine qui attend son heure. Et elles ne sont pas forcément très longues. Dans ce contexte, difficile de s’entretuer entre « cousins ».

D’autre part, on rapporte que les soldats ont reçu l’ordre, par leurs supérieurs, de ne pas se battre. Et il n’y a à cela rien d’étonnant. Comme on l’apprend sur la chaîne internet d’informations alternatives Carrefours du Monde (ou même sur d’autres), qui est une mine d’informations géopolitiques extrêmement instructive et pointue, la Chine est derrière les talibans depuis les années 70, à l’époque où ils étaient en conflit avec l’URSS. On comprend ainsi mieux leur invincibilité et combien la guerre sino-mondiale ne fait qu’arriver à maturité après des décennies d’incubation. Le Parti communiste chinois, qui corrompt allègrement tout ce qui dirige ou gouverne en ce bas monde, avait certainement le contrôle de certains rouages du pouvoir afghan depuis longtemps. Aujourd’hui, il incite probablement l’état-major taliban à penser à long terme dans sa tactique rhétorique.

Mais quelle que soit l’importance de ces deux éléments d’influence sur la précipitation des événements, eux aussi transposables à l’échelle mondiale, le principal mécanisme qui aurait de toute façon conduit au même résultat, peut-être juste un peu plus étalé dans le temps, relève plus de l’explication fondamentale sur les ressorts de l’islam.

Cette déligion a initialement été conçue comme un outil de conquête.

Suite à une collaboration infructueuse entre des tribus syriennes avec une secte judéo-nazaréenne (donc chrétienne) fondée sur des espoirs messianistes via la reconstruction du Temple de Jérusalem, les premières ont compris l’importance de la foi dans la mobilisation des foules.

Elles ont donc bâti un dogme élaboré par l’amendement d’un lectionnaire fourni par la seconde faisant une sorte de synthèse des deux testaments bibliques. En deux siècles d’amendements, corrections et interprétations, ce lectionnaire fut transformé en Coran par les différents règnes califaux, qui pouvaient ainsi consolider fortune et pouvoir de l’assujettissement des masses et par la soumission de toujours plus de territoires, désormais explicitement recommandée par le texte lui-même.

Étant ainsi à l’origine créatrice de la déligion islamique, la conquête en est en réalité le pilier central, puisque le fondement même de son apparition. Et qu’elle soit envisagée de manière belliqueuse ou sous des atours démographiens, le principe de l’invasion de nouveaux territoires est son principal moteur. À l’époque du proto-islam, les musulmans se faisaient d’ailleurs appeler les « émigrants ». Il y a certaines constantes qui ne relèvent pas que de la physique. Mais nul doute que ceux qui pratiquent la deuxième méthode ont un infini respect pour les premiers. Ou ceux qui s’accommodent d’un islam plus détendu, moins tatillon, qui ne surveillent pas la conformité de chaque geste du quotidien aux règles strictes dictées par la sîra, la sunna ou la charia s’accordent à penser que ceux qui s’y soumettent sont les meilleurs musulmans.

La terminologie consacrant le terme « interprétations de l’islam » pour en qualifier différents niveaux d’application fait partie de la novlangue servant à dissoudre notre clairvoyance à en percer l’ineptie et la nocivité. C’est une taqîya. Le fait est que c’est horriblement compliqué de mener une vie de fondamentaliste islamique à tel point c’est absurde, chronophage et inadapté au développement économique. Mais c’est l’état suprême d’islamité. Il est fou d’imaginer que des individus se sachant piètres musulmans soient prêts à en découdre avec des musulmans de qualité, si proches des bonnes grâces d’Allah et de ses canons, avec jeu de mot. Évidemment, c’est pécher. Là comme ailleurs dans le monde, on ne peut pas attendre de musulmans inscrits dans la normalité économique qu’ils s’opposent à l’œuvre, la plus hautement islamique, de ceux qui se consacrent à la conquête, surtout dans la « noblesse » du combat armé.

Enfin je voudrais terminer par une observation parabolique concernant la condamnation de la proie face à son prédateur lorsque la lutte semble incertaine car les protagonistes ont l’air de force égale. Typiquement, un lion face à un buffle africain mâle adulte ou un bison confronté à un loup canadien en solo. Ces scènes ont été filmées. Eh bien malgré le fait que l’ongulé soit capable de terrasser à plusieurs reprises son adversaire, parfois groggy par de multiples coups de cornes ou par une tonne de chair qui lui a roulé dessus, le fauve finit toujours par l’emporter car même lorsqu’il est à terre et doit récupérer de l’épreuve avant de pouvoir se relever, sa victime semble attendre patiemment la suite des événements, totalement passive, avec un air de dire : « c’est bon t’as eu ton compte ou il t’en faut encore ? » Et bien sûr, tôt ou tard, le carnassier parvient à trouver une ouverture ; et lui ne s’arrêtera plus tant qu’il n’aura pas achevé sa proie, qui aurait pu si facilement garder sa vie si elle avait seulement eu l’instinct de danser la rumba sur les côtes ou la trachée de son bourreau, ou d’y piquer une tête, quand elle en avait l’occasion. Mais non, ce n’est pas dans ses gènes de tuer. Et ça lui est fatal.

Tirez-en toutes les conclusions qui s’imposent ; les talibans ont un proverbe : les Américains ont les montres, nous avons le temps.

Herbert Clamp

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13 Commentaires

  1. les afghans sont habituellement plutôt des combattants rustiques, s’ils n’ont pas combattu les talibans c’est qu’ils partagent les mêmes idées

  2. « avec une secte judéo-nazaréenne (donc chrétienne) fondée sur des espoirs messianistes via la reconstruction du Temple de Jérusalem, les premières ont compris l’importance de la foi dans la mobilisation des foules. » non vous faites erreur, ce n’était pas des chrétiens, c’était des juifs chassés de Jérusalem par les pharisiens car ils admettaient Jésus comme un prophète ! thèse du Père Marie-Edouard Gallez soutenue à Strasbourg en 2000 ! et pourquoi ces juifs ont inventé une religion aux bédouins ::car ils se convertissaient au christianisme qui a pour fondement que Jésus est le fils de Dieu !! une abomination pour les juifs et c’est toujours le cas aujourd’hui !! voir les travaux du géopoliticien Pierre Hillard !!!

    • charles, merci pour cette précision, mais pour moi, des gens qui admettent Jésus pour prophète sont des chrétiens, au sens de « adeptes de Jésus ». Je ne sais pas d’ailleurs quel groupe de chrétiens prenaient à l’époque la filiation divine de Jésus au pied de la lettre plutôt que dans un sens spirituel, il y en avait sans doute mais ils s’étaient alors déjà égarés de la spiritualité pour entrer dans le spiritisme, du mysticisme pour se soumettre à la mystification. La thèse du Père EMG, et non pas MEG, a été reprise et développée par Odon Lafontaine qui voit pour principale motivation dans leur association de faire reconstruire le temple, en plus de retourner à Jérusalem, pas de s’opposer à une christianisation. S’ils avaient été christianisés jamais ils n’auraient pu inventer l’islam, incoh

  3. « ce lectionnaire fut transformé en Coran par les différents règnes califaux »
    Il n’y a jamais eu de prophète inspiré, ni même de faux prophète, vu que Mahomet n’a jamais existé.
    L’islam en lui-même est déjà une imposture !

  4. Il est réconfortant de constater que la remarquable thèse sur l’origine de l’Islam du Père E.M. Gallez (Le Messie et son prophète) perce enfin dans les media. Ce qui devrait être enseigné dans nos écoles est hélas soigneusement ignoré par les autorisés de parole. Il faut dire que proclamer que l’islam est né dans les cervelles enfiévrées de quelques fanatiques juifs enrôlant pour leur cause des tribus arabes syriennes, et que ces arabes reprenant ensuite à leur compte le délire messianique juif, et les écrits qui allaient avec, ont fabriqué la plus grande forgerie de l’Histoire, le Coran éternel et divin, en réalité le plus foutraque des textes religieux pondu par l’humanité, n’est pas dans l’air du temps.

  5. Excellent texte qui vaut plus que tous les discours vaniteux de ces « experts » qui lavent les cerveaux à longueurs de journées dans les médias.
    J’ajoute que l’une des « forces » des combattants de l’islam depuis sa création est la cruauté. Pas de pitié pour les mécréants !
    Ecarteler des hommes, lapider des femmes, énucleer etc….
    Cette engeance ne respecte aucune règle et n’a aucune morale.
    Derrière chaque islamiste se tiennent 10 musulmans modérés. N’oublions pas que les tueurs qui ont sévi au Bataclan ou ailleurs n’ont jamais été bannis de leur pseudo religion.

    • Et rappelons qu’ARTE propose de nous instruire avec son documentaire sur « ce pays libre et tolérant ».
      Des experts comme ça, on en redemande …..Un tel optimisme et une telle méconnaissance du sujet est prodigieuse !

  6. « tout d’abord, cette armée était constituée d’un personnel plus animé par le besoin de trouver un emploi » meme chose pour ceux qui ont aides les Americains, et Francais etc .. et que l’on va accueillir en France payes a ne rien faire.. car il n’y a pas de boulot

    • Nicolas, très juste, alors que je ne suis même pas sûr qu’on ait pu rapatrier tous les français qui dépensait l’argent du contribuable sur place pour créer un pays ex-nihilo et dans une vanité absolue qui vient de se révéler au grand jour.

    • nous pouvons compter sur les médias et le cinéma pour découvrir en leur sein de nouvelles pépites. Alléchant ! le premier afghan (mieux la première) au cinéma ! qui dès un peu de fric ramassé ira aux states pour moins se faire tondre. ça devient d’un commun…

  7. Bien aimé votre métaphore du dernier paragraphe.
    C’est exactement cela; avec les musulmans, c’est soit eux, soit nous !

    Quant au proverbe des talibans, vous pouvez aussi l’étendre à tous les muzzs de la Terre face à l’Occident. Ils ont le temps en plus de l’effectrif perpétuellement renouvelable car formaté à la conquête islamique universelle !

    • Henri, merci pour votre sympathique appréciation. Et je suis bien d’accord avec vous, le proverbe taliban est très extensible, d’où le choix de mon titre.

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