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La démocratie en panne : le taux d’abstention

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Le principe de la démocratie repose sur le pouvoir donné au peuple. Dans ce cadre, le peuple d’un pays est défini comme les citoyens majeurs de ce pays. Chaque citoyen a le droit de vote de sa majorité jusqu’à sa mort sauf exception. Chaque citoyen est libre de se présenter aux élections dans le cadre du Code électoral. La démocratie moderne repose principalement sur le principe d’élections régulières.

Les démocraties se sont instaurées en Occident entre le XVIIe et XIXe siècle et malgré quelques ruptures se sont finalement maintenues. C’est devenu le système dominant.

Quelques années et siècles après, quel est l’état des lieux ?

Nous constatons que le taux d’abstention ne cesse de grandir. En France si le taux de participation aux élections présidentielles reste élevé (et pourtant il est faible par rapport à il y a 30 ans), celui des autres élections ne cesse de baisser (42 % lors des dernières législatives).

Aux États-Unis, le taux de participation aux présidentielles tourne généralement autour de 50 % (un peu plus en 2016 grâce au phénomène Trump).

Nous pourrions penser que ce n’est qu’un problème d’enfants gâtés qui se sont lassés d’un jouet trop beau pour eux. Mais ce n’est pas le cas.

Au Chili lors du référendum révocatoire de Pinochet en 1988, le taux de participation fût de 98 % avec 92 % des citoyens chiliens s’étant inscrits volontairement sur les listes électorales. Aujourd’hui ce taux au Chili est faible (46 % lors des législatives de 2017 et 47 % pour les présidentielles). Donc même dans un pays qui a été privé de droit de vote pendant quinze ans, qui a subi trois coups d’État (1924, 1932, 1973), les citoyens libres, ne vont plus voter à 50 % et plus.

Pourquoi ? (souvent c’est la question la plus intéressante). La principale raison est la perte de la foi en la capacité du politique à gouverner. Entendons-nous bien, je n’attends pas des miracles des politiques, qu’ils me trouvent une femme, un poste bien payé et un logement gratuit mais qu’ils résolvent les problèmes qui leur tombent dessus et qu’individuellement personne ne peut résoudre. Or nous constatons que nous sommes gouvernés par des caciques qui ne pensent qu’à leur place. Même LREM, qui avait suscité un espoir, s’est révélé un prolongement en pire de l’UMP et du PS et non un mouvement de citoyens.

Ces partis par ailleurs s’opposent avec ardeur à la démocratie participative qui fonctionne pourtant très bien en Californie et en Suisse. L’idée du RIC leur fait horreur ou plutôt les terrorise. Depuis la défaite du pouvoir lors du référendum en 2005 (dont le résultat a été considéré comme nul et non avenu par Sarkozy qui a avalisé un texte européen reprenant l’essentiel du texte rejeté), le pouvoir politique français n’envisage plus du tout la tenue d’un tel scrutin.

Le haut taux d’abstention semble donc être une donnée constante pour une démocratie qui existe depuis longtemps. Notons que cela ne semble poser aucun problème à nos dirigeants qui ne trouveraient rien à redire s’ils étaient élus avec 2 % de participation.

Quelle solution à cela ? La suite de l’analyse au prochain épisode.

Platon du Vercors