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La der d’Hidalgo : des tours penchées de 180 mètres dans le 13e !

Après l’expérience pompidolienne des tours Montparnasse, des tours HLM du XIIIe arrondissement, on s’était heureusement dit que Paris la flamboyante n’était décidément pas faite pour supporter autant de laideur, autant d’ordinaire et de banalité architecturale aux côtés de Notre-Dame, du Panthéon, du Louvre ou des Invalides. Et c’est pourquoi les constructions de plus de huit étages avaient été bannies dans Paris intra-muros.

Mais ça, c’était avant. Avant les socialistes, avant Anne Hidalgo et sa clique à la mairie de Paris. On pouvait s’y attendre, car avec les socialistes, nous avons invariablement droit à une constante : ils font toujours la promotion de tout ce qui est moche, sale, inefficace, qui ne marche pas, espérant sans doute obtenir une réhabilitation de ce que la majorité a en horreur. Une tournure d’esprit particulière, qui engendre le plus souvent des catastrophes en tous genres. À ce jeu-là, c’était fatal, nous n’avons pu échapper au retour des tours dans Paris centre. Cela faisait des années que j’entendais cette petite musique « pourquoi se priver des tours dans Paris intra-muros, ils en font bien à Londres et à Berlin ? » Sauf que le centre-ville de ces deux capitales n’a pas la majesté de la nôtre ; et que les tours de la City de Londres, avec le fameux « cornichon géant » au beau milieu, sont loin de figurer parmi les Sept Merveilles du monde… Mais puisque c’est laid, il nous en faut : en 2017, madame Hidalgo inaugurait, pelle à la main, le chantier des tours Duo du XIIIe arrondissement.

Pas de doute, avec ces bâtiments, Paris rejoint Londres… au palmarès de la laideur ! Biscornues, foutraques, sinistres, les deux tours sont une insulte à la beauté, aux monuments de Paris, une insulte aussi à la tour de Pise à laquelle certains de la municipalité ont eu l’audace de les comparer. Car ces tours sont penchées : non pas naturellement, par un phénomène de mouvement de sol comme dans la cité toscane, mais dessinées ainsi, avec au sommet de l’une d’elle un angle qui la fait se redresser au niveau des derniers étages. Absolument affreux, bizarroïde, tordu, rien à voir avec l’élégance naturelle et classieuse de la tour de Pise. Rien à voir non plus avec la tour Saint-Jacques du Châtelet : à l’époque, le socialisme n’existait pas, alors on cherchait à faire du beau, pas à se démarquer des conventions à tout prix, quitte à enlaidir le paysage et le quotidien des gens qui y vivent.

Depuis quelques années, entre la saleté qui progresse dans tous les quartiers, le plan de circulation totalement farfelu, la prolifération des rats et des immondices, les bidonvilles de migrants qui s’incrustent en plusieurs endroits, Paris n’est plus tout à fait Paris. Et je ne parle même pas de la violence qui frappe de plein fouet partout, même dans les arrondissements les plus chics. Cela n’a pas empêché la réélection triomphale de madame Hidalgo : il suffit de remplir Paris de la clientèle assistée du PS, sous couvert de mixité sociale, et le tour est joué. À ce jeu-là, on se demande ce qui nous restera dans quelques années de la fierté d’être parisien ; Paris, plus belle ville du monde… mais ça c’était avant !

Olivier Piacentini