La dernière de Fourest : je ne suis pas raciste puisque je distingue toujours islam et islamisme…

Caroline Fourest s’écrie outragée : « Comment peut-on m’accuser de racisme alors que je distingue toujours islam et islamisme ? »

Mais justement… pour cela : parce que son distingo est fauteur de musulmanophobie, pour ne pas dire de « racisme anti-musulman» – expression fausse mais je rappelle parce qu’elle l’a employée dans ses accusations abusives contre des critiques de l’islam.

Caroline n’est pas raciste, lui décerner le prix « Y’a bon Award » est injustifié – d’ailleurs je réprouve tous ces « prix négatifs », ces piloris médiatiques pour leur aspect punitif.

Caroline est juste incapable de comprendre la portée très grave, insupportable, de ses propos pour les personnes sous loi musulmane.

Que dit Caroline depuis son livre « Tirs Croisés en 2003 », avec Fiammetta Venner, elle explique à la fois :

–  qu’il n’y aucun problème particulier dans les textes fondamentaux de l’islam…

– mais que par contre l’intégrisme musulman est plus fort que les autres :  « « Si l’islam n’a pas le monopole de la violence, il est le seul à disposer d’un stock de bombes humaines »…

–  Si les textes de l’islam ne posent pas de problème particulier, pourquoi l’interprétation qu’en font les musulmans est-elle plus fréquemment violente ?

La raison, si elle n’est pas dans les textes, ne peut provenir que de caractéristiques internes, intrinsèques aux populations « musulmanes ».  Ces populations souffriraient donc d’une propension particulière à avoir des textes une lecture prônant la violence, une propension particulière à accepter d’appliquer les normes violentes que leur imagination particulière leur ferait trouver dans ces textes.  

D’où viendrait cette propension :  d’un « tempérament » particulière, de caractéristiques neurologiques, de leurs gènes, d’une méchanceté d’origine… ? On ne sait. On voit que cette propension est si forte et si folle, qu’ils en viennent à comporter « un stock de bombes humaines ».

Que peut comprendre le public de base quand il écoute le mantra répété par Caroline, disant que le coran n’est pas plus violent que les autres textes religieux :  je rapporte par exemple ce que j’ai pu entendre  d’un africain noir immigré parlant des musulmans : « ils ont ça dans le sang ».

Caroline veut sans aucun doute convaincre les gens que de telles idées sur  « les musulmans » sont fausses. Mais elle est incapable de voir que c’est son propre discours qui y mène.

Aurais-je moi-même une vision pessimiste ou déformée des effets de ses propos ?  Mon avis est partagé au moins par un des principaux concernés, un auteur musulman  (Sadri Khiari).

La critique des textes fondamentaux de l’islam est, répétons le, utile, bénéfique pour tous et toutes, pour les personnes sous loi musulmanes comprises. Nous devons tous et toutes, connaitre le contenu, le sens de ces textes, et prendre conscience de la nécessité de cesser de les prendre comme « référence ».

La critique de ces textes, est la seule voie pacifique pour échapper à la guerre initiée il y a quatorze siècles par Mahomet et toujours prescrite par ces textes.

Nier que ces textes sont condamnables, nier que la barbarie n’est pas une « dérive », une lecture fausse de ces textes mais bien leur sens, clair, corroborées par leurs différents éléments, n’est pas aider les musulmans.

Nier  la malfaisance de ces textes, c’est abandonner toutes les personnes qui vivent sous loi musulmanes et qui ne sont pas libres de dire leur vision critique de ces textes. C’est trahir ces personnes en fourbissant à leurs bourreaux un argument supplémentaire pour les condamner et les  persécuter.

Le distingo islam-islamisme est faux concernant les textes de l’islam,  car leur corpus est reconnu par toutes les tendances de l’islam,  et les normes violentes contraires à la démocratie et aux droits humains  se trouvent dans ce corpus, commun, sacré.

Ce distingo a par contre une pertinence si on l’applique aux « mouvements islamiques », aux groupes militants de l’islam. Car il existe effectivement parmi les militants de l’islam, des personnes choisissant de prôner différents éléments de ces textes .Certains mouvements prônent l’application de l’ensemble des normes, d’autres font l’impasse sur les normes violentes.

Un musulman connaissant ces textes et prônant pour sa part uniquement des normes tout à fait compatibles avec les droits humains, m’a confié : « Pour certains textes du coran, je m’arrange avec ma conscience » …

Voilà qui est bel et bon, mais un tel arrangement est impossible pour le musulman croyant, soumis à la terreur de l’enfer, or cette terreur n’est pas, comme un public européen pourrait le croire, le fait de « déments arriérés » mais le fait de nombre de musulmans, et est très présente dans l’enseignement de l’islam.

La sincérité des musulmans souhaitant une lecture plus « libérale » des textes est incontestable, puisque certains en viennent à sacrifier leur vie pour cette cause, mais leur lecture n’est pas logiquement solide.

Beaucoup de « musulmans » vivant ici dans la démocratie et nos libertés se contentent de croire que des musulmans plus savants qu’eux parviendront à trouver une lecture libérale. Mais beaucoup de ces « musulmans » là , ne sont pas en fait très croyants. Ceux qui le sont, ceux qui croient, qui cherchent dieu et sa vérité, finissent en général, au bout de parcours plus ou moins longs,  à conclure que la réforme de ces textes est impossible, et ils abandonnent l’islam.

Un tel parcours a été celui du journaliste italien Magdi Allam  devenu catholique, de la psychaiatre syrienne Wafa Sultan, devenue agnostique, de l’universitaire de la plus grande faculté islamique, Al-Azhar. Ou encore de Mark Gabriel : Docteur en Histoire et Culture de l’Islam de l’Université Al-Azhar du Caire (classé 2nd sur 6000 pour l’obtention de la Licence), Assistant d’université à l’Université Al-Azhar après obtention de la Maîtrise, Assistant itinérant mandaté par l’Université Al-Azhar pour enseigner l’Histoire de l’Islam. Et finalement converti au christianisme, torturé par les autorités égyptiennes, il est aujourd’hui exilé aux USA ….

Mais certainement Caroline sait tout mieux que les oulémas d’Al-Azhar réunis et elle saura expliquer à Mark Gabriel qu’il a mal compris ce brave islam innocent, qu’il ne faut pas essentialiser.

Elisseievna

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